Centre-ville de Saint-Denis :

La guerre aux affichages sauvages est déclarée


Publié / Actualisé
La Ville de Saint-Denis vient de déclarer la guerre aux affichages sauvages des publicités. C'est l'annonce faite par Nalini Véloupoulé, adjointe au maire du chef-lieu en charge du centre-ville ce lundi 27 juin 2011. Dans les prochaines semaines, les policiers municipaux pourront verbaliser tout affichage sauvage constaté dans le centre-ville de Saint-Denis. En attendant la mise en place effective du dispositif, la municipalité souhaite faire de la "prévention".
La Ville de Saint-Denis vient de déclarer la guerre aux affichages sauvages des publicités. C'est l'annonce faite par Nalini Véloupoulé, adjointe au maire du chef-lieu en charge du centre-ville ce lundi 27 juin 2011. Dans les prochaines semaines, les policiers municipaux pourront verbaliser tout affichage sauvage constaté dans le centre-ville de Saint-Denis. En attendant la mise en place effective du dispositif, la municipalité souhaite faire de la "prévention".
1500 euros d'amende par affiche, une astreinte de 200 euros par jour et par affiche si elle n'est pas retirée dans un délai de 15 jours, c'est la contravention encourue en cas d'affichage sauvage de publicité dans les rues du centre-ville de Saint-Denis.

Cette décision a été prise par la municipalité pour faire face à la "prolifération des affiches sauvages". "Mobiliers urbains, murs des magasins, panneaux de signalisation, bâtiments publics, il y'en a partout", constate Nalini Véloupoulé qui dénonce une "véritable pollution visuelle".

Jusqu'à aujourd'hui, aucun moyen de répression n'existait pour contraindre les afficheurs à coller leurs publicités sur l'un des 6 panneaux dédiés à cet effet en centre-ville. Et ce, malgré l'existence depuis la fin des années 90 d'un "règlement du plan local de publicité" qui interdit l'affichage sauvage. "Dans le cadre du plan propreté, nous avons décidé de prendre ce problème à bras le corps", lance Nalini Véloupoulé.

Concrètement, les agents de la police municipale seront chargés de verbaliser les nouvelles affiches qui seront apposées sur les lieux non destinés à cet effet. Pour ce faire, ils bénéficieront de l'aide de la brigade anti tag ainsi que des ambassadeurs éco-dionysiens qui leur feront "remonter les informations sur l'existence d'une affiche sauvage".

Le premier procès verbal n'aura qu'une valeur "d'avertissement". "En cas de récidive, les policiers vont dresser une contravention de 1 500 euros pour chaque affiche installée", détaille Nalini Véloupoulé. "Et si l'annonceur ne retire pas sa publicité et ne remet pas l'endroit dégradé dans son état d'origine dans les 15 jours, il encourt une astreinte de 200 euros par jour et par affiche", ajoute l'adjointe au maire.

En parallèle de cette démarche, la municipalité annonce qu'elle installera de nouvelles zones d'affichage libre en centre-ville. Jusqu'à maintenant, le cente-ville comptait 6 panneaux de 2m2 où pouvaient être apposées 3 affiches. La Ville en installe actuellement 9 autres. A terme, le chef-lieu devra compter au tota 38 panneaux d'affichage libre pour être en conformité avec le code de l'environnement.

Du côté des annonceurs, cette mesure est à la fois saluée et critiquée. "C'est une bonne démarche pour limiter la pollution visuelle mais 16 panneaux, ce n'est pas suffisant en centre-ville", confie David Picot, directeur de la production à la société Hémisphère Sud qui gère de nombreux événements sur l'île. "Nous avons déjà demandé davantage de panneaux d'affichage libre. Si le Ville de Saint-Denis en installe de nouveaux, c'est une très bonne chose", reconnaît-il.

Philippe Caponi, producteur d'événements, va dans le même sens. "C'est une mesure juste qui a fait ses preuves à Paris. Avant, on voyait beaucoup d'affichage sauvage sur les murs parisiens. Il y en a beaucoup moins aujourd'hui", commente-t-il. Le producteur insiste là encore sur la nécessité d'installer davantage de panneaux. "Avec 16 panneaux. Ce sera la guerre. On va assister à des phénomènes importants de collage d'affiches sur des affiches récemment apposées", prévient-il.

Gogo, responsable de la communication pour Sakifo Productions, est tout aussi enthousiasmé par cette mesure. "Il y a tellement de belles choses sur cette île qui sont gâchées par les affichages sauvages. Il était nécessaire de prendre une telle mesure", explique-t-il. Le responsable de la communication assure que Sakifo Productions "fait en sorte de coller les affiches dans les espaces dédiés à cet effet".

Pourtant, la commune de Saint-Denis a recensé des affiches du Sakifo comme faisant partie des affichages sauvages. "Je ne savais pas. Vous venez de m'apprendre quelque chose", répond-t-il, surpris. "Nous ferons en sorte que cela ne se reproduise plus", poursuit-il. Quant au nombre de panneaux, il estime également que c'est "insuffisant" et que "les annonceurs vont se disputer les places". "Nous devons privilégier le dialogue entre annonceurs pour pouvoir travailler dans une ambiance saine", martèle Gogo.

Philippe Caponi, tout comme les deux autres producteurs, estime également qu'il "manque de sociétés professionnelles d'affichage". "Il y a deux entreprises qui connaissent parfaitement leur boulot. Les autres, c'est plus difficile à gérer", juge David Picot. "Faire de l'affichage, c'est un vrai métier. Il y a de nombreuses règlementations sur ce sujet", explique Philippe Caponi.

Après le centre-ville, la municipalité de Saint-Denis prévoit d'étendre ces mesures aux autres quartiers du chef-lieu. "Cela se fera progressivement", indique Nalini Véloupoulé.

Mounice Najafaly pour
   

1 Commentaire(s)

Teddy Gérard, Posté
Je suis un particulier et il faut savoir que les panneaux d'affichage libre ne sont pas réservés aux associations type 1901. Je compte m'en servir pour faire un peu de publicité à mes ebooks gratuit et à mes vidéos militantes.