Étudiants - Recherche de logements :

La prévoyance pour éviter la galère


Publié / Actualisé
Après le bac, la fac... Alors que les derniers résultats sont tombés ce vendredi 8 juillet 2011, la galère de la recherche d'appartement ne fait que commencer pour certains néo-bacheliers désirant s'inscrire dans l'enseignement supérieur. Des parents ont été prévoyants et sont en recherche de logement depuis plusieurs semaines. D'autres le font au dernier moment. Une erreur à ne pas commettre. Les agences immobilières de l'île sont formelles : mieux vaut s'y prendre à l'avance.
Après le bac, la fac... Alors que les derniers résultats sont tombés ce vendredi 8 juillet 2011, la galère de la recherche d'appartement ne fait que commencer pour certains néo-bacheliers désirant s'inscrire dans l'enseignement supérieur. Des parents ont été prévoyants et sont en recherche de logement depuis plusieurs semaines. D'autres le font au dernier moment. Une erreur à ne pas commettre. Les agences immobilières de l'île sont formelles : mieux vaut s'y prendre à l'avance.
"Il n'y a pas de règle d'or: il y a ceux qui s'y prennent à l'avance et ceux qui se réveillent au mois d'août", constate Philippe Robin, directeur d'Ami Réunion, agence spécialisée dans le logement étudiant. Sur près de 1 000 appartements situés à Saint-Denis - toutes résidences confondues -, le directeur d'Ami Réunion prévient que seule une centaine, soit 10% du parc, reste disponible en ce début juillet. "Sur Saint-Pierre, il ne reste plus aucun appartement. À l'inverse, au Tampon, une vingtaine de logements est encore libre. Ce qui n'était pas le cas à la même époque l'an dernier", constate Philippe Robin. La suppression de certaines filières et la migration des étudiants vers le Nord expliqueraient cette disponibilité.

Alain (*), employé d'une entreprise privée proposant des locations de logements étudiants, se montre plutôt rassurant. "Même si c'est la règle du premier arrivé, premier servi qui prime, il y aura de quoi absorber toutes les demandes cette année puisqu'il y a de l'offre en face", assure-t-il. L'employé regrette toutefois le fait que certaines agences font monter la pression en incitant leurs clients potentiels à se dépêcher. "Cela ne sert à rien. Il arrive même que certains jeunes peuvent encore trouver une location en septembre", avoue-t-il.

Selon Roselyne Sangoumian, responsable commerciale à l'Immobilière de La Réunion, "des réservations sont en cours depuis deux semaines et certains ont la possibilité de prendre possession de leur appartement dès maintenant". Néanmoins, la responsable rassure: "Il y en aura pour tout le monde. Nous avons quand même un large panel de propositions". Même discours chez Adomia Résidences. "Nous avons énormément de demandes avant les résultats du bac. Les parents préfèrent anticiper en débutant les recherches fin avril. Pendant les mois de juillet et d'août, nous allons traiter uniquement les dossiers de location pour les étudiants", indique une commerciale.

Concernant les frais de dossier pour la location, si certaines agences optent pour des frais d'agences gratuits ou à moins 50%, pour un loyer d'environ 215 euros, il faut généralement compter en moyenne : un minimum de 200 euros de frais d'agence, un mois de caution, à savoir le montant du loyer moins les charges, et un mois de loyer d'avance. Dans cet exemple, il faudra donc débourser au minimum plus de 670 euros avant d'avoir habité un seul jour dans son nouvel appartement.

Pour les étudiants n'ayant pas les moyens financiers d'accéder à une location privée, le CROUS (centre régional des oeuvres universitaires et scolaires) de La Réunion met à disposition 830 hébergements répartis sur quatre résidences au campus du Moufia à Saint-Denis. Nathalie Boutard, responsable de l'hébergement de la structure, souligne : "en moyenne, nous avons cinq demandes pour une place". Mais selon elle, ces chiffres ne reflètent pas tout à fait la réalité de la situation. "Des étudiants trop précautionneux font des demandes même s'ils partent faire leurs études à l'extérieur et d'autres s'y prennent très en retard" commente-elle.

Les demandes d'attributions pour ces logements sont minutieusement examinées. Les étudiants doivent remplir un dossier social étudiant (DSE) avant le 30 avril pour une demande de bourse et de logement. Aussi après avoir reçu un avis favorable au mois de juin, ils ont jusqu'à la mi-juillet pour un dépôt de garantie et pour la réservation. "Ceux qui n'ont pas été logés sont placés sur une liste d'attente. Le service social du Crous étudie les situations difficiles même celle des non-boursiers. On peut toujours nous contacter et nous solliciter", insiste Nathalie Boutard. "En revanche à partir du 16 août, il sera trop tard, même s'il y a deux ans nous avons réussi à satisfaire toutes les demandes", souligne-t-elle.

Du côté des parents des néo-bacheliers, la logique de prévoyance est majoritairement suivie. Jacqueline, agent administratif au sein d'une collectivité territoriale et mère de Myléna, jeune bachelière littéraire, vient tout juste de signer un bail. Le petit studio de 17m2 situé à Sainte-Clotilde lui sera facturé 242 euros par mois sans les charges. "Nous avons commencé les recherches depuis le 22 juin en consultant les sites internet des agences immobilière. Nous avons effectué une réservation et nous avons attendu les résultats du bac. Bingo ! Ma fille l'a eu, on a signé le bail le jour même des résultats", explique la mère de famille qui dit avoir vécu un "gros stress" au cours de ses recherches.

Julie, future étudiante en anglais, s'apprête à signer pour une chambre à Sainte-Clotilde. "Ayant une grande s?ur déjà étudiante, on s'y connait. Ma mère a lancé les investigations dès le mois de mai", précise-t-elle. La jeune bachelière d'un lycée du Sud a préféré se tourner vers la colocation "moins chère et plus facile à trouver", grâce à une association pour étudiants. "J'ai fait ce choix au moins pour un an. Tout dépendra ensuite si je poursuis ou non mes études à la fac de Saint-Denis. Si ce n'est pas le cas, la galère de la recherche de logement recommencera", termine-t-elle.

Émilie Sorres pour

(*) prénom d'emprunt
   

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