Agriculture :

La carotte réunionnaise menacée par l'importation


Publié / Actualisé
La carotte est l'un des légumes les plus communs et les plus consommés, et ce dès le plus jeune âge. Selon Pierre Tilma, responsable de la cellule maraîchage à la Chambre d'agriculture, "entre 4000 et 4500 tonnes de carottes sont consommées chaque année". Cependant, la production locale connaît une importante chute. En effet, aujourd'hui, les plantations représentent 80 à 90 hectares sur toute l'île, contre 180 à 200 hectares il y a dix ans. Une diminution due à l'importation devenue de plus en plus conséquente depuis le milieu des années 1990.
La carotte est l'un des légumes les plus communs et les plus consommés, et ce dès le plus jeune âge. Selon Pierre Tilma, responsable de la cellule maraîchage à la Chambre d'agriculture, "entre 4000 et 4500 tonnes de carottes sont consommées chaque année". Cependant, la production locale connaît une importante chute. En effet, aujourd'hui, les plantations représentent 80 à 90 hectares sur toute l'île, contre 180 à 200 hectares il y a dix ans. Une diminution due à l'importation devenue de plus en plus conséquente depuis le milieu des années 1990.
Légume longiligne de couleur orange, voilà la carotte. Certains l'aiment énormément, d'autres beaucoup moins, quoiqu'il en soit, son utilisation peut être variée. Râpées, elles constituent une parfaite entrée en salade. Cuites, elles peuvent accompagner à merveille un chop suey en plat principal. On en fait aussi un des tous premiers repas de bébé quand on commence à diversifier son alimentation. La carotte peut également être dégustée à l'état liquide sous forme de jus.

Avec autant d'utilisations possibles, elle séduit de nombreux Réunionnais. Selon Pierre Tilma, sur l'île, "on en consomme entre 4000 et 4500 tonnes par an". La carotte est ainsi un légume apprécié et cultivé à La Réunion. On compte une cinquantaine de producteurs locaux, qui sont surtout situés dans la partie sud de l'île. "La plupart des plantations se trouvent à la Petite-Ile et au Tampon", indique Pierre Tilma.

Les carottes obtiennent tout de même moins les faveurs de la population que les tomates, dont les Réunionnais consomment environ 12 000 tonnes par an. Les pommes de terre sont elles aussi plus favorisées, à raison de 10 000 tonnes consommées par an au niveau local. De plus, la carotte "péi" est menacée par l'importation. "2000 à 2500 tonnes de carottes sont importées chaque année, notamment d'Australie et de Chine", explique Pierre Tilma.

"Les importations sont assez conséquentes puisqu'elles représentent plus de la moitié de la consommation sur une année. Depuis une dizaine d'années, elles ont pris le dessus sur la production locale, c'est dommage pour nos producteurs, d'autant plus qu'on ne procède pas à l'exportation de carottes", regrette le chargé de mission à la Chambre d'agriculture.

"Si ça continue, la filière locale de carotte risque de disparaître, à l'instar de la production d'oignons qui est devenue quasi inexistante sur l'île, malgré les efforts accomplis", poursuit Pierre Tilma. Les raisons de cette chute de production ? "Ici, nous n'avons pas de terrains idéaux pour la production de carottes, ce qui fait que sa conservation est limitée. La deuxième chose, c'est que les coûts de production sont élevés, les distributeurs préfèrent donc se tourner vers les produits importés", répond Pierre Tilma.

Le chargé de mission estime qu'il "sera difficile de relancer la filière locale". Malgré tout, une association s'est créée au début de l'année 2011 pour tenter de redonner des couleurs à la production réunionnaise. L'APCP (association de producteurs de carottes péi) souhaite ainsi faire connaître les différentes variétés de carottes présentes sur l'île et développer la commercialisation des produits péi.

Samia Omarjee pour
   

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