Mayotte - Après la mort d'un manifestant à Mamoudzou :

5 000 personnes rendent hommage à Ali El Anziz


Publié / Actualisé
Selon l'AFP, 5 000 personnes ont participé, ce jeudi 20 octobre au matin à Mamoudzou à Mayotte, à une marche blanche en hommage au manifestant, Ali El Anziz , mort ce mercredi 19 octobre. Âgé de 39 ans, Ali El Anziz aurait reçu, selon des témoins des faits qui lui ont couté la vie, au cours d'affrontements entre la police et des manifestants contre la vie chère une balle de flash ball en pleine poitrine et des jets de lacrymogène tirés par la police. Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nouveaux affrontements ont eu lieu entre des jeunes originaires du quartier de la victime et les forces de l'ordre. En Petite-Terre, la voiture du préfet Thomas Degos a été caillassée. La gendarmerie et le siège de Mayotte Première ont également essuyé de jets de galets. Des jeunes ont mis le feu à des poubelles. Les forces de l'ordre les ont dispersé à coup de grenades lacrymogène.
Selon l'AFP, 5 000 personnes ont participé, ce jeudi 20 octobre au matin à Mamoudzou à Mayotte, à une marche blanche en hommage au manifestant, Ali El Anziz , mort ce mercredi 19 octobre. Âgé de 39 ans, Ali El Anziz aurait reçu, selon des témoins des faits qui lui ont couté la vie, au cours d'affrontements entre la police et des manifestants contre la vie chère une balle de flash ball en pleine poitrine et des jets de lacrymogène tirés par la police. Dans la nuit de mercredi à jeudi, de nouveaux affrontements ont eu lieu entre des jeunes originaires du quartier de la victime et les forces de l'ordre. En Petite-Terre, la voiture du préfet Thomas Degos a été caillassée. La gendarmerie et le siège de Mayotte Première ont également essuyé de jets de galets. Des jeunes ont mis le feu à des poubelles. Les forces de l'ordre les ont dispersé à coup de grenades lacrymogène.
Selon l'AFP, ce jeudi matin, le cortège des 5 000 personnes participant à cette marche blanche, a sillonné les principales rues de Mamoudzou, dans le silence et le recueillement. Cet hommage, poursuit l'AFP, avait été décidé par les amis et proches d'Ali El Anziz, 39 ans, mort après des échauffourées avec la police, dans le cadre du mouvement contre la vie chère qui agite l'île depuis trois semaines.

"Le président du conseil général, Daniel Zaïdani (DVG), et plusieurs élus ont intégré le cortège, encadré par les organisateurs eux-mêmes", indique l'AFP. L'agence de presse ajoute que le cortège s'est arrêté à l'endroit où Ali El Anziz s'est effondré, avant de succomber plus d'une heure après son admission au centre hospitalier de Mamoudzou.

Rappelons que dans un premier temps, la préfecture avait annoncé que la victime était morte d'un arrêt cardiaque. Il s'était finalement ravisé. Dans une intervention sur les ondes de Mayotte Première Télé ce mercredi soir, il avait reconnu que "les causes de ce décès restent à déterminer". Une autopsie devrait avoir lieu ce jeudi. 


Dès les minutes qui ont suivi le drame, les témoignages mettant en cause les policiers ont commencé à affluer. Les faits se sont produits dans le centre-ville de Mamoudzou, près de la place du Marché où des milliers de manifestants contre la vie chère se réunissent quotidiennement depuis trois semaines. Des barricades sont régulièrement dressées dans le secteur par les manifestants.



L'homme qui pilotait un scooter a voulu traverser une voie protégée par la police, "c'est à ce moment qu'une grenade lacrymogène lui est tombé dessus", affirmait Gilles Leperlier. "Le jeune est tombé sur le sol, il semblait ne plus respirer", dit encore le responsable de l'AJFER. D'autres témoignages affirment que la victime a reçu une balle de flash ball en pleine poitrine.



Selon les témoins en voyant le jeune homme sans connaissance, des manifestants indignés se sont retournés contre les forces de l'ordre. "Les policiers n'étaient pas en danger, pourtant ils se sont plutôt occupés de faire dégager les gens que de porter secours au blessé", raconte un témoin encore sous le coup de l'émotion. "Il est resté longtemps par terre avant qu'on ne s'occupe de lui", dit encore un témoin. 


De fait, dans le communiqué conjoint publié mercredi soir par la préfecture de Mayotte et l'hôpital de Mayotte, il est noté que : "sur appel d'un particulier à 10h45, les moyens SMUR se sont déplacés place du Marché pour secourir un patient déjà pris en charge par les pompiers lesquels entreprenaient un début de travail de réanimation". C'est donc un particulier et non pas la police qui a prévenu le SMUR. Ce qui tend à confirmer les déclarations des témoins pointant le manque de réactivité des policiers devant le corps inanimé de la victime.



À ce propos, Élie Hoarau est on ne peut plus clair. "On a tiré à bout portant sur ce jeune qui est mort. Je prends mes responsabilités en le disant" affirme-t-il. Il tout aussi catégorique concernant le déclenchement des affrontements. "Nous tenions une conférence de presse à quelques mètres tout près de la place du Marché. Tout était calme. Brusquement il y a eu des tirs de grenades lacrymogène" raconte Élie Hoarau.

Une enquête judiciaire a été ordonnée par le procureur de la république de Mayotte pour déterminer les causes exactes du drame.


Les Mahorais protestent depuis trois semaines contre la vie chère dans leur île. Les propositions en faveur d'une baisse des prix faites sur place par Marie Luce Penchard ce vendredi ont été jugées inacceptables par les manifestants. Ils l'ont huée pendant son discours. Ils ont également rejeté l'accord signé ce lundi entre FO et la grande distribution. La CGT et la CFDT ne sont pas signataires de ce protocole d'accord.



   

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