Visite de Marine le Pen :

A la Réunion aussi, le FN fait son nid


Publié / Actualisé
Le 7 février 2012, Marine Le Pen posera le pied pour la seconde fois sur l'île de la Réunion. Tandis que la candidate à la présidence présentera son programme pour l'Outre-Mer ce mercredi 1er février en métropole, des groupes menaceraient déjà de lui réserver un accueil mouvementé. Sa visite reste très attendue par le Front National local qui revendique aujourd'hui plus de 570 adhérents. Forte d'une augmentation fulgurante du nombre de ses sympathisants, la section locale du parti croit plus que jamais à raz de marée Marine le Pen à l'occasion des élections présidentielles et législatives.
Le 7 février 2012, Marine Le Pen posera le pied pour la seconde fois sur l'île de la Réunion. Tandis que la candidate à la présidence présentera son programme pour l'Outre-Mer ce mercredi 1er février en métropole, des groupes menaceraient déjà de lui réserver un accueil mouvementé. Sa visite reste très attendue par le Front National local qui revendique aujourd'hui plus de 570 adhérents. Forte d'une augmentation fulgurante du nombre de ses sympathisants, la section locale du parti croit plus que jamais à raz de marée Marine le Pen à l'occasion des élections présidentielles et législatives.
" Nous présentons un candidat par circonscription et nous avons dû en refuser ", sourit Jean-Claude Otto Bruc, secrétaire départemental du Front National et candidat du parti dans la 7ème circonscription aux prochaines législatives. Trop de candidats, de plus en plus d'adhérents, des demandes d'informations de plus en plus nombreuses.... Le parti protectionniste, nationaliste, populiste et accusé de racisme séduit des Réunionnais de plus en plus nombreux. Pour ses représentants locaux, la raison est simple : " il y a un ras le bol de l'ancienne classe politique, cette caste qui ponctionne tout sur le dos des travailleurs ", estime Jean-Claude Otto Bruc. Ici aussi, le rhétorique est rodée.

A la Réunion, le Front National existe depuis une trentaine d'années, " avec des hauts et des bas ", explique son actuel représentant. En 2002, le parti d'extrême droite avait récolté 3,8% des sondages au premier tour des élections présidentielles, et 8% au second. En 2007, il avait gagné un point et rallié 4,8% des votes. Pour les présidentielles du mois d'avril, " nous pensons être le premier département des DOM, et peut-être même le premier département français ", déclare Jean-Claude Otto Bruc. Il évoque même un sondage réalisé l'année dernière qui aurait donné Marine Le Pen en tête avec 55% des votes au premier tour, dans l'île....

Depuis la visite de Jean Michel Dubois, conseiller politique de Marine Le Pen, à la Réunion il y a trois mois, les adhésions au parti ont explosé : elles sont passées de 150 en septembre 2011 à 570 aujourd'hui. Lancé le 8 décembre dernier, le site internet du Front National local cumule plus de 6 000 visites réunionnaises, 12 000 en tout. Les représentants locaux affirment que des simples citoyens les contactent pour avoir des renseignements sur les activités du parti. Samedi dernier, des saint-louisiens leur auraient organisé un meeting dans un restaurant de la ville. Une cinquantaine de personnes seraient venues, dix auraient pris leur carte du parti. Prochainement, ce sont les saint-andréens qui organiseront un pique-nique pour les adhérents du Front National. " Nous ne faisons rien, ce sont eux qui nous invitent. Nous sommes pleins d'espoir ", poursuit Joseph Damour, candidat dans la cinquième circonscription.

Une irrésistible ascension qui, si on en croit les membres du bureau local, serait dû à la personnalité même de Marine Le Pen, " moins diabolisée que son père ". Pourtant, ceux qui étaient présent se souviennent de l'accueil mouvementé qui lui avait été réservé à son arrivée à Gillot au mois de juillet 2006. Durant son séjour, kayambs et djumbés avaient roulé sous les fenêtres de l'hôtel dans lequel elle donnait son séminaire. " Là, c'est différent. A l'époque Jean-Marie le Pen était président du parti ", estime Jean-Claude Otto Bruc qui s'avoue tout de même inquiet pour son arrivée mardi.

La section a trouvé, sur internet, " des incitations à l'incivisme " et le restaurant qui doit accueillir son meeting a été vandalisé. " Les renseignements généraux travaillent sur un groupe qui a demandé de lui lancer des oeufs à son arrivée ", affirme Joseph Damour. " Nous pensons que 500 personnes seront à l'aéroport pour accueillir Marine Le Pen. Le FN aura un service d'ordre d'environ 10 professionnels de la sécurité, tout sera filmé, elle aura son garde du corps et la gendarmerie sera là ", tient à rassurer Joseph Damour.

Les membres du bureau indiquent qu'elle a même été invitée à faire une visite dans un temple tamoul. Le lieu ne sera pas donné pour éviter les problèmes, mais l'image se veut symbolique. Tout comme les membres arc en ciel de la section locale. Quand on est accusé de racisme et de repli sur soi, s'afficher auprès d'un peuple coloré et multiculturel présente bien. Une autre technique bien connue du parti.

" A la Réunion, les gens sont d'accord avec l'idée qu'il faut respecter la nation, la culture française ", affirme Jean-Claude Otto Bruc. Mais ce que le FN combat en France est souvent accepté à la Réunion, citée en exemple pour sa tolérance. " On est envahi ", fini par lacher Jean-Claude Otto Bruc, brandissant l'épouvantail de l'immigration et de la finance mondiale. " Les multinationales nous tuent ", poursuit-il. Mais le FN local préfère ne pas s'aventurer du côté de la tolérance culturelle ou religieuse. " Ici, il y a un dialogue. Nous nous concentrons sur les problèmes graves ", affirme-t-il.

Ce mercredi, Marine Le Pen présente à Paris son programme pour l'Outre Mer. Des propositions lui ont été faites par le bureau réunionnais. Parmi elles, la suppression de l'octroi de mer, le placement de l'île en zone franche, le développement d'un grand plan de promotion et d'exploitation des produits marins ou encore la titularisation des employés communaux " pour éviter le clientélisme ". La section locale s'oppose aussi au projet de route du littoral porté par le conseil régional qui, selon lui, bénéficiera à une multinationale " qui récupèrera les bénéfices et ne laissera rien aux Réunionnais ". Le populisme, une autre marque de fabrique du Front National qui en tant de crise et de chômage, a des chances de faire mouche.

Marine Veith pour
   

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