Rythmes scolaires - Ecoles primaires :

Journées trop longues, trop fatigantes...


Publié / Actualisé
Alors que les vacances scolaires viennent de débuter, Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale, a estimé ce dimanche 8 juillet 2012 qu'il fallait que la journée de classe soit "plus courte" dans le primaire afin de mieux lutter contre le décrochage scolaire. Les avis divergent à ce sujet. Si certains s'accordent à dire que les journées sont trop longues, que cela fatigue les élèves et a des répercussions négatives, d'autres pensent au contraire que raccourcir les journées n'aidera en rien l'éducation des enfants.
Alors que les vacances scolaires viennent de débuter, Vincent Peillon, ministre de l'Education nationale, a estimé ce dimanche 8 juillet 2012 qu'il fallait que la journée de classe soit "plus courte" dans le primaire afin de mieux lutter contre le décrochage scolaire. Les avis divergent à ce sujet. Si certains s'accordent à dire que les journées sont trop longues, que cela fatigue les élèves et a des répercussions négatives, d'autres pensent au contraire que raccourcir les journées n'aidera en rien l'éducation des enfants.
"Nous avons très peu de jours de classe, nous avons des journées surchargées. Pensez qu'un élève en cours préparatoire, il a six heures de cours (par jour - ndlr), il n'y a pas un spécialiste qui dit qu'à plus de 4h30, il peut encore apprendre", a déclaré Vincent Peillon ce dimanche, tout en précisant que "tous les pédagogues savent que c'est une des raisons majeures de l'échec scolaire".

Jean-Odel Oumana, vice-président de la FCPE (fédération des conseils des parents d'élèves) à La Réunion, rappelle de son côté : "Nous avons toujours préconisé une journée de 5 heures pour les primaires", soit une heure de moins que ce qui est proposé actuellement. "Les rythmes sont trop soutenus, tous les spécialistes s'accordent à dire que c'est trop lourd pour les enfants", ajoute-t-il.

Ces rythmes trop soutenus peuvent avoir des conséquences désastreuses selon le vice-président de la FCPE : "Avec des journées trop chargées, les enfants manquent de concentration et ont tendance à décrocher. On se retrouve après avec des élèves qui entrent au collège en ayant des problèmes pour lire, écrire ou compter".

De son côté, Marie-Hélène Dor, secrétaire départementale adjointe à la FSU (fédération syndicale unitaire), estime que la proposition de Vincent Peillon est une "piste intéressante", mais qu'il "ne faut pas se précipiter comme il l'a fait sur la semaine de quatre jours et demi". "La concertation de tous les acteurs est essentielle", dit-elle, "il faut mener des débats, c'est indispensable pour la refondation de l'école". Elle précise toutefois que "la majorité des parents, quand ils récupèrent leurs enfants le soir, les trouvent fatigués".

Selon Marie-Hélène Dor, des journées de classe trop longues ont tendance à "réduire l'attention des enfants". "A partir d'une certaine heure, c'est difficile pour les enseignants parce que la fatigue se fait ressentir chez les élèves et ils finissent par se disperser", ajoute la secrétaire départementale adjointe à la FSU. Elle souligne que dans ces cas-là, "les apprentissages sont ralentis, voire impossibles". Concernant les collèges et lycées, là aussi, elle pense que les rythmes sont trop soutenus. "C'est pire. Au collège et au lycée, les élèves ont moins de temps de pauses, et la fatigue s'accroît davantage", dit-elle.

Un avis que ne partage pas Jérôme Motet, vice-président du SNALC (syndicat national des lycées et collèges) à La Réunion. Pour lui, la situation dans le secondaire s'est améliorée. "Très peu d'établissements font encore cours le samedi. Cela permet aux enfants d'avoir un week-end complet pour se reposer ou s'amuser", assure-t-il.

Concernant les rythmes scolaires dans le primaire, il pense que "ce n'est pas une bonne chose de raccourcir les journées de classe". "Les journées sont plus longues qu'auparavant, mais ce temps supplémentaire sert à proposer un soutien scolaire, dont certains enfants ne bénéficient pas chez eux", explique Jérôme Motet. "Si on écourte les journées, c'est en vue du retour à la semaine de quatre jours et demi. Je ne suis pas favorable à cela. Je pense que si on étale les jours d'école sur toute la semaine, le taux de fatigue est plus important". Il affirme aussi que "les enfants peuvent assimiler 5 à 6 heures de cours, s'ils ont de vraies phases de récupération".

Quoiqu'il en soit, le ministre de l'Education, est lui favorable à des journées plus courtes dans le primaire. A noter que les rythmes scolaires, dont le possible retour à une semaine de quatre jours et demi, sont au programme de la concertation pour la refondation de l'école lancée jeudi 5 juillet 2012 par Vincent Peillon et par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Elle doit servir de base à une loi d'orientation et de programmation prévue pour l'automne.

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !