Biologie médicale - Projet de loi de financement de la Sécurité sociale :

120 emplois menacés dans les laboratoires médicaux de La Réunion


Publié / Actualisé
C'est le bras de fer entre le gouvernement et les laboratoires d'analyses médicales. Alors que le budget 2013 de la Sécurité sociale prévoit de leur imposer des baisses de tarifs, les professionnels de santé du secteur tirent la sonnette d'alarme. Selon eux, amputer de 200 millions d'euros leurs revenus, comme le prévoit le gouvernement en 2013, "entraînera la perte de 8 000 emplois à court terme dans le secteur de la biologie médicale". A La Réunion, le projet de loi menace 120 emplois, comme l'indique dans un communiqué la plateforme d'exercice professionnel (PEP), qui regroupe les principales organisations et réseaux de biologistes.
C'est le bras de fer entre le gouvernement et les laboratoires d'analyses médicales. Alors que le budget 2013 de la Sécurité sociale prévoit de leur imposer des baisses de tarifs, les professionnels de santé du secteur tirent la sonnette d'alarme. Selon eux, amputer de 200 millions d'euros leurs revenus, comme le prévoit le gouvernement en 2013, "entraînera la perte de 8 000 emplois à court terme dans le secteur de la biologie médicale". A La Réunion, le projet de loi menace 120 emplois, comme l'indique dans un communiqué la plateforme d'exercice professionnel (PEP), qui regroupe les principales organisations et réseaux de biologistes.

La plateforme d’exercice professionnel tire la sonnette d’alarme : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale entraînera la perte de 120 emplois à court terme dans le secteur de la biologie médicale à La Réunion (8 000 en France). Par ailleurs, selon les professionnels de santé au-delà des suppressions d’emplois, "la fermeture de nombreux sites sera inéluctable et entraînera de nouvelles désertifications des soins et du diagnostic".

Face à cette situation, l’ensemble des membres de la plateforme d’exercice professionnel, qui regroupe 100% de la biologie médicale libérale française, a décidé de lancer 2 actions phares. La première consiste en l’arrêt de la télétransmission des feuilles de soins vers les caisses primaires d’assurance maladie (CPAM) durant la semaine du lundi 29 octobre au dimanche 4 novembre. La deuxième action consiste, elle, en la fermeture de l’ensemble des sites de biologie médicale en France tous les après-midis de la semaine du lundi 5 novembre au vendredi 9 novembre.

La PEP souligne que ces deux actions ont été définies et décidées en prenant en compte deux facteurs : elles n’impactent pas directement les patients et permettent de faire pression sur l’ensemble des directeurs de la CPAM. L’objectif étant de faire remonter le mécontentement et les volontés de l’ensemble des biologistes médicaux auprès de la Caisse nationale d’assurance maladie, avec laquelle le dialogue est "quasi rompu", indique la PEP dans son communiqué.

Cécile Tallet, biologiste et porte-parole de la PEP à La Réunion, précise pour sa part que "plus de 70% des diagnostics reposent aujourd’hui sur la biologie médicale et le maillage territorial que représentent les 3 800 structures de proximité de biologie médicale implantées en France". Elle ajoute que ces structures "permettent de répondre à la nécessaire qualité et à la permanence des soins", et que le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, "tel qu’il est conçu actuellement ne tient absolument pas compte de cette nécessaire proximité".

Par ailleurs, pour la PEP, "augmenter la pression financière sur les structures de biologie médicale libérale implique non seulement la destruction de milliers d'emplois, mais aussi l'obligation, pour des centaines de milliers de patients, de parcourir de nombreux kilomètres pour accéder à un site de biologie médicale et avoir une chance d'être diagnostiqués ou suivis".

Jean Rogier, biologiste et co porte-parole de la PEP à La Réunion, estime pour sa part qu’il s'agit aujourd’hui "de savoir si la logique comptable doit prévaloir sur la qualité et la sécurité des diagnostics et des suivis médicaux". "Les jours à venir seront lourds de conséquences pour la santé publique en France", dit-il, avant de conclure : "A défaut de dialogue avec les pouvoirs publics, nous espérons que les élus – députés et sénateurs – sauront faire preuve de réalisme et modifier le projet de loi du gouvernement".

www.ipreunion.com

   

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