Saint-Denis - Permis de constuire accordé après le début des travaux de Lave a moin + :

Le patron jure qu'il "ne construit rien en sauvage"


Publié / Actualisé
Depuis quelque temps, certains citoyens, dont l'écologiste Jean-Pierre Marchau, montent au créneau pour dénoncer la construction de la station de lavage baptisée "Lave a moin +" à Saint-Denis, en mettant en avant de nombreuses irrégularités. Dans une interview accordée à Imaz Press Réunion, Yves Turgis, entrepreneur de la société Sogis Invest, à qui la mairie de Saint-Denis a accordé un bail pour la station de lavage, répond aux attaques contre son projet. Suspecté d'avoir obtenu de la mairie un permis de construire entaché de vices de fond et de forme, il rétorque : "Absolument pas, c'est un permis en bonne et due forme. Tout a été fait dans les règles" et qu'il "ne construit rien en sauvage"
Depuis quelque temps, certains citoyens, dont l'écologiste Jean-Pierre Marchau, montent au créneau pour dénoncer la construction de la station de lavage baptisée "Lave a moin +" à Saint-Denis, en mettant en avant de nombreuses irrégularités. Dans une interview accordée à Imaz Press Réunion, Yves Turgis, entrepreneur de la société Sogis Invest, à qui la mairie de Saint-Denis a accordé un bail pour la station de lavage, répond aux attaques contre son projet. Suspecté d'avoir obtenu de la mairie un permis de construire entaché de vices de fond et de forme, il rétorque : "Absolument pas, c'est un permis en bonne et due forme. Tout a été fait dans les règles" et qu'il "ne construit rien en sauvage"

Située entre la RN2 et le boulevard Léopold Rambaud à Saint-Denis, la station de lavage "Lave a moin +", est en voie d’achèvement. Le chantier a commencé en début d'année 2012 avec l'accord de fait de la mairie, mais le permis de construire a seulement été délivré en juin 2012. Les travaux avaient été arrêtés à la fin du mois de mai par la commune, afin de "régulariser les choses", nous avait-on indiqué dans un article publié le 13 juillet dernier.

Depuis plusieurs mois, des citoyens dionysiens ont pointé du doigt plusieurs irrégularités, comme la délivrance tardive du permis de construire, la non consultation de la DEAL (direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement) sur le projet, des infractions au code de l’urbanisme ou encore la non mise en concurrence sur des parcelles appartenant à la mairie.

Plus récemment, au début du mois de novembre, l’écologiste Jean-Pierre Marchau, par le biais d’un communiqué, faisait aussi part de ces interrogations concernant la construction de cette station, suspectant de nombreuses infractions.

Dans une interview accordée à Imaz Press Réunion ce jeudi 15 novembre 2012, Yves Turgis, responsable de la station Lave a moin +, donne sa version des faits. Pour lui, "tout a été fait dans les règles", et "le permis de construire a été délivré en bonne et due forme". 

Si tout a été fait dans les règles, comment se fait-il que les travaux ont commencé avant la délivrance du permis de construire ? "Cette station a une particularité, elle est entièrement démontable", répond Yves Turgis, sans s’étendre davantage. Mais cela explique-t-il qu’on ait le droit de construire sans permis ? "Il ne faut pas voir les choses comme ça. Au départ, j’ai fait une demande d’autorisation de travaux. C’est après avoir parlé avec la direction de l’urbanisme qu’on m’a indiqué que cela ne suffisait pas et qu’il fallait faire une demande de permis de construire", ajoute l’entrepreneur.

Il précise que pour lui, "il n’y a pas de polémique". "Je ne construis rien en sauvage, toutes les démarches ont été effectuées dans les règles", se défend Yves Turgis. Concernant le fait que la station de lavage est implantée sur le littoral sur un site classé zone urbaine verte par le PLU (plan local d’urbanisme), l’entrepreneur rétorque : "Il s’agit plus d’une zone d’activités que d’une zone verte. Si vous passez dans le secteur, vous verrez qu’il y a des commerces. Il y a aussi des maisons. On est dans un contexte de continuité urbaine".

"Et puis, quand on lave sa voiture chez soi, on dépense 200 litres d’eau, et les produits que la population utilise se retrouvent dans les nappes phréatiques. Si la station de lavage doit disparaître, tout ce qui est autour doit disparaître également", estime Yves Turgis. "Je ne comprends pas pourquoi l’esprit humain veut toujours voir le mal là où il n’y en pas. Il faut arrêter d’être toujours destructeur. Cette station est construite dans les règles, elle respecte les normes en vigueur, et elle ne polluera pas le réseau public. Sa création répond à un besoin, elle est attendue par la population", indique-t-il.

Sur la question de la non-mise en concurrence de la location des parcelles communales où est implantée la station "Lave a moin +", l’entrepreneur de la société Sogis Invest répond tout simplement : "Nous sommes dans le cadre d’une location temporaire, il n’y avait pas besoin d’appels d’offres". Pour rappel, le bail a été conclu pour une durée de dix ans, et est révocable avec un préavis de trois mois.

Le bail d’origine a été signé en octobre 2010, et s’est vu accorder un avenant en mars 2011. La société Sogis Invest n’avait pas respecté une clause stipulant que son activité devait démarrer en l’espace de cinq mois. Mais dans un avenant de février 2011, la commune de Saint-Denis a offert un délai supplémentaire. "Le retard est dû à des problèmes d’alimentation électrique. Tous les travaux ont été réalisés avec des groupes électrogènes. Ça fait un an et demi que j’ai rencontré EDF, mais c’est seulement depuis deux ou trois mois que les choses commencent à se débloquer", explique Yves Turgis. "Dès qu’ils auront mis l’électricité, et après le test des machines, la station pourra enfin ouvrir. Cela devrait se faire dans quelques mois", ajoute-t-il. 

Enfin, dans son communiqué, Jean-Pierre Marchau faisait état d’un détail qui l’avait interpelé : l’autorisation de construire "a été accordée à une société appartenant à un homme d’affaires ayant appelé publiquement en juin 2012 à voter aux législatives en faveur de la candidate socialiste à Saint-Denis", disait-il. "Ce ne sont que des rumeurs", jure Yves Turgis.

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