57 enfants retirés de force de leur école à Mzouazia :

Honteuse chasse aux clandestins à Mayotte - Les dérives d'une immigration incontrôlée


Publié / Actualisé
A Mzouazia, dans le sud de Mayotte, 57 enfants ont été retirés de force de leur école par des habitants du village en février dernier. La cause ? Leurs parents seraient des sans-papiers, originaires des Comores. Dans un message qui circule actuellement sur internet, ceux qui se présentent comme des "citoyens indignés" dénoncent le sort qui a été réservé à ces enfants et comparent cela aux "rafles" qui avaient lieu sous le gouvernement de Vichy. Cette chasse inadmissible est aussi synonyme de dérives d'une immigration incontrôlée et de fait incontrôlable
A Mzouazia, dans le sud de Mayotte, 57 enfants ont été retirés de force de leur école par des habitants du village en février dernier. La cause ? Leurs parents seraient des sans-papiers, originaires des Comores. Dans un message qui circule actuellement sur internet, ceux qui se présentent comme des "citoyens indignés" dénoncent le sort qui a été réservé à ces enfants et comparent cela aux "rafles" qui avaient lieu sous le gouvernement de Vichy. Cette chasse inadmissible est aussi synonyme de dérives d'une immigration incontrôlée et de fait incontrôlable

Les tensions sont vives dans le Sud de Mayotte actuellement. Il y a un mois, la population mahoraise, excédée par des cambriolages et des violences, qu’elle estime liée à la population immigrée, est montée au créneau et a décidé de se faire justice elle-même.

Des villageois ont ainsi contraints des enfants, qui seraient nés de parents originaires des Comores, à quitter leur établissement scolaire à Mzouazia. Ils sont 57 à avoir été chassés, parfois assez violemment selon des témoins, et cela malgré leurs cris et leurs pleurs, alors que les gendarmes ne seraient pas intervenus, rapporte le site d’informations Malango.

Suite à cette expulsion, les services de l’Etat ont condamné les faits, estimant qu’il est "inacceptable que des enfants aient été pris ainsi en otage parce que d’origine étrangères", a souligné Jean-Paul Frédéric, directeur de cabinet du préfet, note le site Malango. "C’est une ségrégation sévère qui relève de la loi pénale", a-t-il ajouté, précisant que "les reconduites à la frontière sont une compétence de l’Etat".

Jean-Paul Frédéric a annoncé dans le même temps que des actions ciblées "au cours desquelles les habitants vont nous indiquer où se trouvent les gens qui n’ont pas vocation à rester sur le territoire seront menées". Imaz Press Réunion a contacté la préfecture de Mayotte afin que le préfet s’explique sur ces propos. Ce dernier "ne souhaite pas faire de commentaires", nous a répondu la chargée de communication.

Dans un courrier qui circule actuellement sur internet, des "citoyens indignés" comme ils se présentent, attirent l’attention sur la chasse des enfants de sans-papiers à Mayotte. "En 1940, c’était des enfants juifs que les gendarmes français du gouvernement de Vichy allaient chercher dans les écoles. A Mayotte, les sombres procédés de la France de Vichy se répètent honteusement !", écrivent-ils.

Les "citoyens indignés" interpellent le préfet et le vice-recteur de Mayotte pour que ces derniers veillent "au respect des lois françaises" et agissent "pour que de telles exactions ne se renouvellent pas". Ils rappellent entre autres que dans le code de l’Education nationale, il est écrit que "tout enfant peut être accueilli, à partir de l’âge de 3 ans, dans une école proche de son domicile si sa famille en fait la demande" et "aucune condition de nationalité ne doit être opposée et aucune discrimination ne doit être faite pour les enfants étrangers".

Par ailleurs, ces "citoyens indignés" soulignent que les "politiques aberrantes de reconduites à la frontière (26 400 en 2011 dont 6 000 enfants) ont déjà fait plus de 8 000 victimes en mer depuis la mise en place du visa Balladur en 1995". Ils estiment qu’avec "près de 35% de la population sans titre de séjour, les occupants illégaux sont chaque année un peu plus stigmatisés comme étant la source de tous les maux de l’île : l’insécurité, le manque de place à l’hôpital et à l’école…"

"A qui la faute ? Ne serait-ce pas davantage dû à des décisions politiques plutôt qu’à la présence de ces clandestins : très peu de gendarmes pour les rondes de nuit, 66 classes fermées à la rentrée prochaine, grand manque de personnels hospitaliers, d’instituteurs", poursuivent les citoyens indignés, qui s’interrogent : "Si la France s’est bâtie après la guerre avec des valeurs humanistes dont nous sommes tous si fiers aujourd’hui, pourquoi laissons-nous ces mêmes valeurs être bafouées à Mayotte ?".

Pour rappel, seule île de l’archipel des Comores à avoir choisi – par référendum – de rester française en 1974 alors que les trois autres îles (la Grande Comore, Mohéli et Anjouan) accédaient à l’indépendance, Mayotte connaît un flux important d’immigration clandestine.   

Pour rejoindre l'île, devenue le 101e département français en 2011, des dizaines de Comoriens risquent leur vie tous les jours depuis des années à bord des kwassas, embarcations de fortune. La pression est telle que le rapport démographique a atteint des records : selon les chiffres de l’Insee (institut national de la statistique et des études économiques), 40% des quelque 212 000 habitants de Mayotte sont d'origine comorienne. La plupart sont en situation irrégulière. On estime par ailleurs que 25 à 40% des élèves scolarisés sont issus de familles de sans-papiers.

Suite à la chasse  des enfants de leur école à Mzouazia, François Coux, vice-recteur de Mayotte s’était indigné : "Ce qui s’est passé est intolérable ! Tout enfant est en situation régulière dans une école". Il avait également laissé entendre que le nombre d’enfants scolarisés dans cette école dont les parents sont en situation irrégulière "est beaucoup plus nombreux que la moyenne de l’île", peut-on lire sur Malango. Le vice-recteur faisait également remarquer que les papiers nécessaires à l’inscription mentionnant tous une adresse, la plupart des familles d’immigrés devaient être hébergées, gracieusement ou contre loyer, par des familles mahoraises…

À noter qu'en juillet 2012, deux mois après l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, avait publié une circulaire interdisant le placement en centre de rétention des familles sans-papiers avec des enfants mineurs. Cette circulaire est applicable dans toute la République française, sauf à Mayotte, car, dit le ministre de l'Intérieur, il s'agit d'un "territoire qui est soumis à une pression migratoire massive".

Toujours en juillet 2012, les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de l'Outre-Mer ont envoyé un haut fonctionnaire, Alain Christnacht, pour dresser un état des lieux de la situation à Mayotte. Sur la base de son rapport rendu en octobre le gouvernement français avait annoncé en décembre 2012  que les moyens juridiques et matériels de lutte contre l’immigration irrégulière à Mayotte allaient être renforcés.

www.ipreunion.com

   

6 Commentaire(s)

Non-expert, Posté
Un ton professoral pour critiquer les professeurs, c'est savoureux ! Merci pour ces riches enseignements :
- où l'on apprend que l'Education nationale est un nid de fainéants. J'ajouterai une preuve à votre argumentaire : les enseignants n'apprennent même plus à écrire "Mayote". Comment expliquer le déficit de recrutement de l'île (500 professeurs du secondaire cette année, plus de 800 l'année prochaine) quand on sait que le professeur passe sa vie les doigts de pied en éventail dans l'eau du lagon ?
- où l'on découvre que le taux de fécondité dépasse allègrement celui du Mali (environ 6 enfants par femme).
- où il est affirmé que les lois en matière d'immigration sont respectées. Jolie sacralisation de la loi qui devient d'un seul coup l'alpha et l'oméga de la morale et du sens des droits humains assortie d'une assertion péremptoire : Oui ! La loi est respectée ! (Faites-moi confiance)
- où l'on se réjouit que les forces de l'ordre ne viennent pas arracher les malades à leurs lits et les écoliers à leurs camarades.
- Où l'on drape de la vertu des héros les forces de l'ordre qui secourent les naufragés pour disqualifier ceux dont ce n'est pas le travail. Secourir les naufragés ressortit au droit de la mer. C'est un devoir, non une vaine gloire, surtout quand c'est un Etat acteur de la partition des Comores (historiquement, quoi qu'on en pense par ailleurs) qui intervient par l'intermédiaire des gendarmes.
- Où l'on prétend enfin à l'objectivité, en toute humilité, pour assurer la légitimité de sa vision toute personnelle.
Encore merci !
Un prof fainéant, Posté
Cher Connaître et vivre à Mayote (2 t) Que de belles paroles. Mais est-ce "honnête", comme vous dites, de déclarer qu'un enseignant ne travaille que 18h par semaine? Non. De plus, les enseignants sont en permanence au contact des enfants et des familles mahoraises et comoriennes (ce qui est la même chose, au fond). Excusez-moi de ne pas avoir le temps d'aller secourir les naufragés en mer, j'ai pas mal de copies à corriger et de cours à préparer en ce moment (comme chaque semaine). Rhâ la la! Et voilà que je m'indigne encore...J'arrête là, il faut que je file à la plage.
Connaître et vivre à Mayote, Posté
Pour pouvoir comprendre Mayotte et ses problématiques, il faut y vivre depuis un certain temps et surtout éviter d'avoir des oeillères.

Tout d'abord, ce qu'il faut savoir sur les indignés à Mayotte, il s'agit en grande majorité de membres de l'Éducation Nationale qui viennent sur le territoire en touchant des primes monstrueuses. Le temps de travail de ces enseignants n'est que de 18h par semaine et le reste du temps est passé sur la plage ou le lagon. Connaissant cela on ne parlera plus du manque d'enseignants sur le territoire. Parfois, on peut trouver du personnel hospitalier... mais là encore le temps de travail reste particulièrement faible et les primes intéressantes.

La population clandestine est nombreuse à Mayotte, souvent travailleuse, les hommes sont maçons ou des agriculteurs, les femmes s'occupent des enfants peut être trop nombreux pour des familles qui vivent dans des maisons de tôles à même le sol (une femme mahoraise a en moyenne 7 à 8 enfants). Certains mahorais dénoncent cet afflux massif alors même qu'ils emploient les clandestins en leur versant des salaires misérables.

L'île ne peut accueillir tout le monde et ne dispose pas des ressources nécessaires, ni en eau, ni en nourriture, ni en infrastructures (scolaires, hospitalières, etc.).

Et pourtant, les lois en matière d'immigration sont respectées, seules les personnes n'ayant pas vocation à rester sur le territoire font l'objet d'une reconduite. Ainsi lire des rapprochements simplistes entre le travail étatique et le gouvernement de Vichy ou encore penser que les gendarmes ne respectent pas les textes législatifs laissent un goût amer. Les forces de l'ordre en l'occurrence n'interviennent jamais dans les lieux de vie scolaire, de culte ou de soins et dire le contraire est mensonger et "Indigne". Par ailleurs, le parallèle est rapide entre reconduites et morts en pleine mer, ce que l'on oublie vite c'est le lieu de départ des kwassas à savoir Anjouan. Et à Anjouan, sous l'oeil complice du gouvernement, des propriétaires de barques, des passeurs, des fonctionnaires s'enrichissent en envoyant sur la mer des embarcations chargées de personnes désireuses de découvrir d'autres horizons.

Enfin, il est à noter que ce ne sont pas les indignés qui vont secourir les naufragés en mer, qui récupèrent parfois les corps, mènent les enquêtes et trouvent parfois en liaison avec des associations des solutions pour rendre les défunts à leurs familles.

Mayotte, il faut y vivre, être honnête et objectif pour la comprendre.
Lou_Gabrielle, Posté
Tout cela ne va pas cesser car Mayotte est une machine à fabriquer du clandestin. Sans aucun respect des lois françaises encore une fois, on refuse le renouvellement de la carte de séjour à des personnes qui vivent et travaillent déclarées à Mayotte depuis 20 ou 30 ans.
Du jour au lendemain, la femme de ménage qui vous donnaient toute satisfaction et que vous pouviez embaucher en toute légalité dans le respect de ses droits en tant que travailleur, se retrouve sans aucune raison sans papier. IL ne vous reste que deux solutions : la renvoyer et la laisser crever de faim avec sa famille et ne trouver personne pour vous prendre sa place car les mahora
Carlo, depuis son mobile, Posté
Je n'avais pas compris le premier titre !!!!!!
M\'zungu 1er, Posté
des actions ciblées "au cours desquelles les habitants vont nous indiquer où se trouvent les gens qui n'ont pas vocation à rester sur le territoire seront menées". Si on nettoie ainsi Mayotte de ses 40% présumés comoriens illégaux, comment tournera l'économie de l'île ? Les Mahorais hébergent des illégaux, les font travailler au black et veulent maintenant s'en débarrasser ? C'est pas Vichy. C'est l'Exode d'Egypte !