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La Réunion : terre de chômage endémique


Publié / Actualisé
En matière d'emploi, ou plutôt de manque d'emploi, La Réunion, département français d'Outre-mer et région européenne ultrapériphérique, est aussi mal notée que certaines régions de Slovaquie et de Bulgarie... Le chômage y est résistant car structurel, et faute de croissance, risque fort de s'y perpétuer aux grand dam des jeunes qui éprouvent bien du mal à accéder à la vie dite active... (photo archives)
En matière d'emploi, ou plutôt de manque d'emploi, La Réunion, département français d'Outre-mer et région européenne ultrapériphérique, est aussi mal notée que certaines régions de Slovaquie et de Bulgarie... Le chômage y est résistant car structurel, et faute de croissance, risque fort de s'y perpétuer aux grand dam des jeunes qui éprouvent bien du mal à accéder à la vie dite active... (photo archives)

Les derniers chiffres du chômage, communiqués par la Direction des Entreprises, de la Concurrence, de la Consommation, du Travail et de l’Emploi (DIECCTE Réunion), montrent que fin février 163 950 personnes étaient inscrites à Pôle Emploi…  soit 9,3% de plus qu’il y a un an.  Ce faisant, en se fiant à la seule taxinomie du Pôle Emploi, dont les cinq catégories ne recouvrent que partiellement la réalité du chômage, il apparaît que La Réunion figure au nombre des départements français les plus affectés par le manque d’emploi, sans parler des régions européennes… Une situation qui semble malheureusement endémique. En 2012, notre département, avec ses 837 868 habitants, disputait au Nord, aux Bouches-du-Rhône et à Paris, largement plus peuplés (2 584 126 d’âmes pour le seul Nord), une place sur le podium des terres les plus déshéritées de France en matière d’emploi avec 148 126 demandeurs, contre 178 921 pour Paris, et plus de 232 000  dans le Nord… Quant au classement des régions européennes dans ce domaine, il n’est guère plus réjouissant pour l’ultrapériphérique Réunion, selon Eurostat, qui classait notre île sur la plus haute marche du podium de l’Union fin 2010, au troisième rang avec 29,6% de taux de chômage un an plus tard, du fait de la crise économique qui a frappé de plein fouet les régions espagnoles des Canaries et d’Andalousie, cette dernière région étant alors affectée d’un taux de 30,4 %…

Le fait que la proportion des chômeurs de  longue durée soit, à La Réunion, du même niveau -  66,9% en 2011 selon Eurostat et  52,6% en février 2013 selon Pôle Emploi – que dans certaines régions de Slovaquie et de Bulgarie, montre, par le caractère "exotique" de ces références, l’acuité du problème posé par le chômage structurel sur notre département.

Quant aux jeunes, ils représentent une fraction importante de ces effectifs, ce qui  n’est en rien réjouissant.  Selon l’INSEE, en 2011, 60 % des actifs de 15 à 24 ans étaient au chômage depuis plus d’un an.  

En 2012, toujours selon les mêmes sources, ils représentaient 16% des actifs au chômage… Il y a peu de chance que leur situation s’améliore à court terme, d’autant que le taux d’emploi de ces mêmes jeunes tend à baisser, les intéressés ne parvenant pas même à apparaître sur le marché du travail.

La persistance d’une croissance quasi nulle, tant en métropole qu’à La Réunion, ne permet pas d’imaginer une amélioration à court terme sur le front de l’emploi, pendant que le nombre de personnes arrivant en fin de droits augmente mécaniquement.

Enfin, il est évident que la réalité humaine du chômage, son " halo ", dépasse largement sa transcription administrative et comptable, un nombre conséquent de personnes échappant bien malgré elles à toute prise en compte, qui sont contraintes dans un "inemploi" non quantifié, entre survie et économie parallèle, disqualification sociale et misère véritable.

 

   

1 Commentaire(s)

Vivianne, Posté
Mon avis c'est que face à ces constats il n'ya qu'une solution: dans l'immédiat: creer l'activité par les grands projets et les aides aux petits entrepreneurs et à long terme modifier nos institutions pour changer le pays en profondeur.

Didier robert pour qui j'ai pourtant -malheur- voté fait l'exact inverse de ce que faisait vergès qui je dois le reconnaitre- malheur- avait vu juste!

Contre la crise, il fallait les grands projets pour contenir le chomage et maintenir l'activité, didier robert a tout cassé et au plus fort de la crise il n'existait plus aucune parade. depuis c'est la chute libre dans tous les domaines. On s'enfonce. je ne peux plus le voir en peinture le robert: il me rapelle mon erreur de jugement, il me rapelle que je suis autant coupable que lui. Mais lui il sourit et veut recommencer.... qu'il compte plus sur moi! assez donné, assez payé.