Le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi divise les syndicats :

Pas de défilé syndical unitaire pour le 1er mai


Publié / Actualisé
L'examen du projet de loi sur l'emploi a commencé ce mardi 2 avril 2013 à l'Assemblée nationale. Le texte transpose l'accord national interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier dernier entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC). Un accord qui vise à offrir davantage de flexibilité aux employeurs (accords de maintien dans l'emploi, mobilité interne, refonte des procédures de licenciements...) et de nouveaux droits aux salariés (accès élargi aux mutuelles, droits rechargeables au chômage, formation...). Mais une partie de la gauche et d'autres syndicats (CGT, FO) contestent le texte, estimant qu'il "accroît la précarité" et qu'il "n'améliore en rien la situation des salariés". Entre les confédérations pour et celles contre le projet de loi, le torchon brûle, sur le plan national comme sur le plan local. La CFDT a déjà d'ailleurs annoncé qu'il n'y aura pas de défilé unitaire le 1er mai.
L'examen du projet de loi sur l'emploi a commencé ce mardi 2 avril 2013 à l'Assemblée nationale. Le texte transpose l'accord national interprofessionnel (ANI) signé le 11 janvier dernier entre le patronat (Medef, CGPME, UPA) et trois organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC). Un accord qui vise à offrir davantage de flexibilité aux employeurs (accords de maintien dans l'emploi, mobilité interne, refonte des procédures de licenciements...) et de nouveaux droits aux salariés (accès élargi aux mutuelles, droits rechargeables au chômage, formation...). Mais une partie de la gauche et d'autres syndicats (CGT, FO) contestent le texte, estimant qu'il "accroît la précarité" et qu'il "n'améliore en rien la situation des salariés". Entre les confédérations pour et celles contre le projet de loi, le torchon brûle, sur le plan national comme sur le plan local. La CFDT a déjà d'ailleurs annoncé qu'il n'y aura pas de défilé unitaire le 1er mai.

Le projet de loi sur l’emploi, cher au président de la République François Hollande est étudié depuis ce mardi 2 avril 2013. Les négociations ont été difficiles : il aura fallu trois mois de discussions parfois houleuses avant d'aboutir à cet accord sur la sécurisation de l’emploi, signé par le Medef et trois syndicats (CFDT, CFTC, CFE-CGC).

De nouveaux droits pour les salariés, une plus grande flexibilité pour les employeurs : l'accord est présenté comme "gagnant-gagnant". Pourtant, il ne fait pas l'unanimité. Si le gouvernement a demandé aux parlementaires de ne pas le modifier, beaucoup de voix s'élèvent, notamment à l'aile gauche du PS, pour faire valoir le droit d'amendement et corriger un projet jugé trop favorable au Medef. Une pétition, lancée par des élus et responsables socialistes locaux, a déjà obtenu plus de 1200 soutiens.

Dans la rue, la CGT et FO relaient la contestation. Ces deux syndicats ont refusé de signer l'accord et appellent, au niveau national, à une manifestation le 9 avril, jour du vote du projet de loi.

A La Réunion, le 5 mars dernier, à l’appel des syndicats CGTR, FO, et FSU, plusieurs centaines de manifestants avaient défilé dans les rues de Saint-Denis pour montrer leur désapprobation face à l’accord portant sur la sécurisation de l’emploi et la flexibilité des entreprises. Pour l’instant, il n’est pas prévu que les syndicats descendent une nouvelle fois dans la rue. "Mais nous restons mobilisés", souligne Eric Marguerite, secrétaire général de FO. "Nous allons continuer à sensibiliser les salariés, à leur expliquer en quoi cet accord n’est pas gagnant pour eux. Une campagne de distribution de tracts pourrait avoir lieu dans les jours à venir auprès des entreprises", précise-t-il.

"Nous sommes opposés à cet accord car il aggrave la précarité", rappelle Eric Marguerite. C’est un accord qui fragilise la situation des salariés. En revanche, il est gagnant pour le patronat, qui pourra embaucher à moindre coût et licencier facilement", estime-t-il.

Mais si cet accord n’est pas gagnant pour les salariés, comment expliquer que certains syndicats l’approuvent ? "Je ne peux pas l’expliquer, ce n’est pas à moi de le faire. Je ne peux que donner ma position. Pour moi, cet accord ne sécurise absolument pas l’emploi, et ne peut pas satisfaire les salariés", répond Eric Marguerite.

Ivan Hoareau, secrétaire général de la CGTR, a dénoncé lui un accord qui "casse le droit du travail" et qui "précarise à outrance". Pour lui, c’est toute la colonne vertébrale du droit du travail qui est remise en cause. Au mois de mars, le secrétaire général de la CGTR pointait du doigt un accord signé par des syndicats minoritaires et demandait aux parlementaires de rejeter "ce texte qui préfigure une violence inouïe pour les travailleurs".

De son côté, Paul Junot, secrétaire départemental de la CFTC, explique pourquoi son organisation syndicale a signé le texte portant sur la sécurisation de l’emploi et la flexibilité des entreprises. "Nous sommes dans un contexte de crise généralisé et on remarque que les pays qui avancent et se développent adoptent plus de souplesse afin de s’adapter en permanence dans un monde en perpétuelle évolution", explique-t-il en citant notamment les cas des pays comme la Suède ou la Norvège. "En revanche, tous les pays qui restent sur des systèmes rigides finissent par se faire dépasser par les autres, et voient leur économie se dégrader de jour en jour", ajoute-t-il.

"C’est dans ce contexte qu’il est indispensable de se donner les moyens de pérenniser la création des richesses tout en sécurisant l’emploi et accroitre le pouvoir des syndicats", estime Paul Junot. Pour lui, l’accord sur la sécurisation de l’emploi "permet un meilleur équilibre des rapports de force".

Parmi les mesures qui constituent des avancées significatives, il cite la généralisation obligatoire de la couverture complémentaire santé à l'ensemble des salariés, ainsi qu'une amélioration de la portabilité de la couverture santé et prévoyance pour les demandeurs d'emploi, le cumul rechargeable des droits de l'assurance chômage en cas de reliquat d'une période de chômage à l'autre ou encore une pénalisation des patrons pour abus de CDD par la majoration de la cotisation d'assurance chômage.

Paul Junot indique ainsi que la signature de cet accord est "une bonne chose" et que la position des syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC "paraît plus humaniste et plus adaptée à l’économie mondialisée où les pays qui réussissent sont ceux qui savent s’adapter".

Sur l’accord de sécurisation de l’emploi, les avis divergent, et le torchon brûle entre les syndicats. La CFDT a déjà annoncé, au plan national, comme au plan local, qu’elle ne participera pas au défilé unitaire du 1er mai…

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