Trafic de drogue - Affaire Roukia :

Mayotte: les écoutes téléphoniques qui mettent en cause le procureur de la République


Publié / Actualisé
Dans un dossier publié ce jeudi 18 juillet 2013, Le Point révèle le contenu d'écoutes téléphoniques concernant une affaire de trafic de stupéfiants à Mayotte, mis au jour après l'affaire Roukia, cette jeune fille retrouvée morte d'une overdose en janvier 2011. Des écoutes téléphoniques de Gérard Gauthier, ancien patron du GIR (groupement d'intervention régional) de l'île aux parfums, - dont le nom est souvent cité dans cette affaire -, qui fait apparaître de "graves dysfonctionnements" et qui démontrent que ce dernier "continue d'une certaine façon à diriger" le groupement de Mayotte, rapporte le journal. Des écoutes qui mettent également en cause Philippe Faisandier, ancien procureur de la République de Mayotte, récemment nommé à la cour d'appel de La Réunion.
Dans un dossier publié ce jeudi 18 juillet 2013, Le Point révèle le contenu d'écoutes téléphoniques concernant une affaire de trafic de stupéfiants à Mayotte, mis au jour après l'affaire Roukia, cette jeune fille retrouvée morte d'une overdose en janvier 2011. Des écoutes téléphoniques de Gérard Gauthier, ancien patron du GIR (groupement d'intervention régional) de l'île aux parfums, - dont le nom est souvent cité dans cette affaire -, qui fait apparaître de "graves dysfonctionnements" et qui démontrent que ce dernier "continue d'une certaine façon à diriger" le groupement de Mayotte, rapporte le journal. Des écoutes qui mettent également en cause Philippe Faisandier, ancien procureur de la République de Mayotte, récemment nommé à la cour d'appel de La Réunion.

"On verra bien ce que le parquet va faire. (...) Il, - le procureur, Philippe Faisandier, ndlr -, savait très bien que le pilote de la barque, c'est lui qui nous filait les informations et qui amenait les trafiquants. (...) C'est pas son intérêt dans le système actuel de rallumer un feu, sachant qu'il pourrait être brûlé dedans". Selon Le Point, cet extrait de conversation téléphonique date du 19 octobre 2012 lorsque Gérard Gautier, à la retraite désormais, appelle, inquiet, le capitaine Simonet, son successeur à la tête du groupement d'intervention régional à Mayotte.

Impliqué dans une affaire de trafic de stupéfiants, l'ancien capitaine aurait, selon plusieurs témoignages, comme le souligne Le Point, "régulièrement encouragé ses hommes à importer de la drogue dure à Mayotte, via leurs "indics"". "Ces transports se seraient faits à bord de kwassas, ces barques transportant les clandestins jusqu'à Mayotte. Un système ahurissant mis en place pour sans doute gonfler les chiffres de saisies de drogue et arrestations de dealers", commente le journal.

Si, dans les écoutes téléphoniques de Gérard Gauthier, Le Point révèle que de "nouveaux graves dysfonctionnements" apparaissent, il note que ces dernières "mouillent" notamment le procureur de la République de Mayotte et deux de ses adjoints, "dont les noms sont également cités". Le procureur de la République de Mayotte, Philippe Faisandier, qui vient d’être nommé à la cour d’appel de La Réunion. "Les opérations, on n'en a pas fait pléthore, on en a fait environ une tous les deux mois, et des fois on a fait du tabac, des fois on a loupé les mecs. Voilà, maintenant, si on nous reproche ce boulot-là, on nous le reproche, le parquet était au courant, moi j'ai joué la transparence avec eux", aurait notamment déclaré Gérard Gauthier, dans une autre conversation au téléphone, rapportée par le journal.

Par ailleurs, d’après un rapport de synthèse adressé au juge Hakim Karki, dont il s’est procuré, Le Point indique que "l'ancien capitaine, alors retraité en métropole, continue d'une certaine façon à diriger le GIR de Mayotte", que "son successeur lui rend des comptes des suites de certains dossiers, principalement celui de Roukia", et que ce dernier "utilise également les fonctionnaires du GIR à des fins personnelles". "On apprend que le nouveau patron du groupement d'intervention, cette fois, a placé un dispositif de sonorisation sur un "indic" en marge de l'affaire Roukia. Et ce à l'insu de l'inspection technique de la gendarmerie, la police des pandores, qui organisait une confrontation avec lui. D'où les inquiétudes de l'ex-patron du GIR", précise le journal.

Rappelons qu’en juin dernier, alors que trois gendarmes, mis en cause dans un trafic présumé de stupéfiants, ont été placés en garde à vue à Mayotte, celle de Gérard Gauthier et l’un de ses anciens collaborateurs n’a pas été prolongée dans les locaux de la police judiciaire de Nanterre, suite à une erreur de la doyenne des juges d’instruction.  Convoqués ensuite à Mayotte par le juge d'instruction Hakim Harki le 1er juillet, les deux hommes ne se sont pas présentés au commissariat de Mamoudzou, pour cause de troubles psychiatriques.

À noter que cette affaire de trafic de stupéfiants à Mayotte a été mis au jour après l'affaire Roukia, cette jeune fille retrouvée morte d'une overdose en janvier 2011.

L'enquête, instruite par le juge Hakim Karki, avait notamment mis en évidence que la drogue provenait d'un stock que des gendarmes auraient fourni à des indics comoriens en situation irrégulière. France Mayotte Matin avait d'ailleurs publié  en janvier 2013 plusieurs documents classés "confidentiel défense" et prouvant que des gendarmes à Mayotte entretenaient des liens étroits avec certains de ces "tontons" (le nom donné aux indics).

Pour sa part, Imaz Press Réunion a publié en avril des extraits de procès verbaux des auditions des gendarmes mis en cause reconnaissant avoir remis de la drogue en circulation par le  biais de "tontons".

www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Le CORBO, Posté
En fin la vérité est entrain d'être connue. A Mayotte avec le soleil on marche sur la tête. Ceux qui ont contribué de près ou de loin sur cette affaire doivent être pendu. Comment la machine de l'état peut laisser passer ça. Soit Mayotte est une république française soit elle dans une république bananière.
RIPOSTE, Posté
Que fait la police française et le ministre de l'Intérieur Manuel Valls toujours prompt à sauter sur un micro en protégeant la veuve et l'orphelin .
Tant qu' à l'ex procureur , Philippe Faisandier ,pose déjà un problème au regard de la neutralité dont il se doit de faire preuve . . . “ Certes, on est toujours le con de quelqu’un “
Citoyens de St-Pierre, Posté
On est bien 'gâtés' ici dans l'Océan Indien! Vivement que des associations comme ANTICOR viennent s'en occuper!