70 % des cas importés à La Réunion viennent de la Grande Île :

Une nouvelle forme de paludisme se propagerait depuis Madagascar


Publié / Actualisé
Selon des chercheurs américains, une nouvelle forme de paludisme, issue d'une mutation génétique d'un des parasites de la maladie, pourrait infecter des millions de personnes en Afrique subsaharienne. Ce parasite se propagerait par les voyageurs en provenance de Madagascar, d'où provient la grande majorité des cas importés de paludisme à La Réunion.
Selon des chercheurs américains, une nouvelle forme de paludisme, issue d'une mutation génétique d'un des parasites de la maladie, pourrait infecter des millions de personnes en Afrique subsaharienne. Ce parasite se propagerait par les voyageurs en provenance de Madagascar, d'où provient la grande majorité des cas importés de paludisme à La Réunion.

Cette mutation génétique, identifiée par deux recherches présentées à la conférence annuelle de l'American society of tropical medicine and hygiene à Washington, concerne le parasite nommé plasmodium vivax. Une forme de paludisme parmi les plus répandues, mais aussi les moins virulentes et les moins mortelles. Mais les chercheurs estiment que le plasmodium vivax "pourrait connaître une mutation rapide" et déjouer la protection naturelle conférée par un certain type sanguin présent chez des millions d'Africains, explique l’AFP.

Alors que près de 95 millions de personnes vivant en Afrique subsaharienne seraient protégées par l’absence d’un récepteur dans leur sang, les spécialistes ont remarqué un nombre croissant et inquiétant d’infections. La menace concernerait un total d’environ 2,49 millions de personnes dans le monde, selon les chercheurs, et ce chiffre pourrait augmenter si le type de groupe sanguin ne constitue plus une barrière à la maladie.

Les scientifiques américains auraient ainsi découvert un gène capable d’envahir les cellules sanguines en réalisant "une copie de lui-même pour exister en deux exemplaires", le parasite semblant évoluer à grande vitesse et provoquer une manifestation du paludisme plus virulente que prévue en se dissimulant dans le foie avant de réapparaître de nombreuses fois dans le sang pour provoquer des rechutes de l’infection.

A La Réunion, le paludisme n’est plus endémique depuis 1979. La quasi-totalité des cas diagnostiqués depuis cette date sont ainsi des cas de paludisme d’importation. En 2012, 47 cas ont été recensés, dont un mortel. Et dans 70 % d’entre eux, il s’agissait de personnes revenant de Madagascar, d’où se propagerait d’après les chercheurs cette nouvelle forme de plasmodium vivax.

Toutefois, presque tous les cas de paludisme importés à La Réunion en 2012 étaient dus à une infection par le plasmodium falciparium, l’espèce plasmodium vivax ayant été identifiée dans seulement trois cas. D’ailleurs, ce qui inquiète les chercheurs, c’est davantage que cette mutation traverse le canal du Mozambique et qu’elle finisse par atterrir en plein coeur de l’Afrique, où des millions de personnes pourraient être touchées.

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1 Commentaire(s)

Geogenie, Posté
"D’ailleurs, ce qui inquiète les chercheurs, c’est davantage que cette mutation traverse le canal du Mozambique et qu’elle finisse par atterrir en plein coeur de l’Afrique, où des millions de personnes pourraient être touchées."…cela inquiète peut être les chercheurs mais probablement pas les gouvernements qui ne se sont jamais vraiment impliqués dans cette pathologie. Ah si cette mutation du virus passait la Méditérannée ou l'Atlantique, au lieu du canal du Mozambique, ce serait certainement différent. Des millions de morts chaque année en Afrique et en Asie dus au paludisme. Quelque labos pharmaceutiques s'y intéressent mais uniquement dans le but de rentabilité….Un exemple,juste un petit exemple... l'artemisyl ° ou Artemeter* très bon antipaludeen fabriqué a partir de l'armoise n'est pas commercialisé en France parce qu'il fait de l'ombre à la Savarine* et la Malarone*…….mais aussi l'armoise qu'on commence a cultiver au détriment du riz à Mada…ce qui fait que beaucoup de familles dans certaines régions ont du mal à faire la soudure (période entre 2 récoltes de riz). Ces problèmes sont très complexes. Et pourtant il suffirait d'une volonté très forte au niveau mondial...