Pêche illégale aux Glorieuses :

Mayotte : Des pêcheurs abandonnés au milieu de l'océan par l'armée


Publié / Actualisé
Ce lundi 6 janvier 2014, France Mayotte Matin rapporte que cinq embarcations de pêcheurs ont été prises en flagrant délit par un navire de l'armée française en train de pêcher sur une zone que leur est interdite : le site des Glorieuses. L'histoire qui s'est passée il y quelques jours aurait pu s'arrêter là sans faire de bruit. A la nuance près que les militaires ont abandonné les auteurs du délit en plein océan, à 250 kilomètres des côtes mahoraises, avec seulement 60 litres d'essence, et ce, sans aucune forme de procès. (photo Marine nationale)
Ce lundi 6 janvier 2014, France Mayotte Matin rapporte que cinq embarcations de pêcheurs ont été prises en flagrant délit par un navire de l'armée française en train de pêcher sur une zone que leur est interdite : le site des Glorieuses. L'histoire qui s'est passée il y quelques jours aurait pu s'arrêter là sans faire de bruit. A la nuance près que les militaires ont abandonné les auteurs du délit en plein océan, à 250 kilomètres des côtes mahoraises, avec seulement 60 litres d'essence, et ce, sans aucune forme de procès. (photo Marine nationale)

"C'est une nouvelle histoire abracadabrantesque dont Mayotte semble être la seule à connaître le secret", commente France Mayotte Matin au début de son article. Il y a quelques jours, cinq embarcations de pêcheurs ont bravé les interdictions pour pêcher sur les Glorieuses, zone exclusive économique qui est aussi un site protégé. Malheureusement pour les pêcheurs, ils croisent sur place le Siroco, un navire militaire.  

Face aux gendarmes de la marine, trois barques réussissent à prendre la poudre d'escampette. Les deux autres échoueront dans leur tentative de fruité. "En temps normal, les pêcheurs auraient dû être acheminés à bord avec butins et matériels pour être ramenés à terre afin d'être jugés, risquant ainsi la confiscation des barques et de tous leurs outils de travail avec peine de prison ou d'amende à la clef", précise France Mayotte Matin.

Mais il en a été tout autrement. Tout d'abord, les marins de l'armée française n'avaient pas de mandat pour ce type d'opération : le TCD Siroco est un navire transporteur de chalands de débarquement qui a comme mission de lutter contre les pirates somaliens. Malgré l'absence de mandat d'intervention, "c'est la manière dont ont été traités les pêcheurs qui pose problème aujourd'hui", relève Samuel Boscher, le rédacteur en chef du journal.

Dans un premier temps, le matériel et le butin des navigateurs pris sur le fait ont été détruits, sans aucun de procès. Les choses se compliquent lorsque leurs réserves d'essence sont vidées et leurs embarcations abandonnées à 250 kilomètres des côtes avec seulement 60 litres de carburant, de quoi regagner Mayotte et son lagon d'après les gendarmes. Une estimation erronée, puis que les pêcheurs se retrouvent en panne sèche au large de l'île. "Ils ont ainsi dérivé pendant trois jours avant d'avoir la chance de tomber sur d'autres pêcheurs qui leur son venus en aide", indique France Mayotte.

Cette histoire a évidemment fait du bruit à Mayotte. Régis Masseaux, le président de l'association des pêcheurs professionnels majorais a été saisi, et a écrit au procureur de la république, "pour dénoncer les faits d'une gravité extrême relevant d'une marine d'un autre temps." Le journaliste de FMM rapporte que "l'affaire embarrasse au plus haut niveau, d'autant que le Sirocco était à Mayotte en fin de semaine dernière et qu'il a repris la mer samedi matin vers 9 heures. Il aurait donc pu prendre en charge les pêcheurs pour les ramener à terre en mettant en remorque les embarcations." "Le dossier est à suivre car il n'a pas fini de faire du bruit", conclue France Mayotte Matin.

www.ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !