Des révélations du site Médiapart :

Trafic de stupéfiants à Mayotte : ces nouveaux témoignages qui accablent le GIR


Publié / Actualisé
Dans le cadre de l'affaire Roukia, cette jeune Mahoraise retrouvée morte d'une overdose en janvier 2011, cinq gendarmes du GIR (Groupement d'intervention régional) avaient été mis en cause et soupçonnés de trafic de stupéfiants et d'aide au séjour et à l'entrée sur le territoire de personnes en situation régulière. Ce mercredi 5 février 2014, le site d'information Médiapart et Le Tangue, le mensuel satyrique de La Réunion, ont publié de nouveaux témoignages de gendarmes corroborant ces soupçons et dénonçant des "opérations télécommandées". (En photo, Gérard Gauthier, ancien patron du GIR de Mayotte à son arrivée au tribunal de Mamoudzou le 29 novembre 2013 - Photo Samuel Boscher/France Mayotte Matin)
Dans le cadre de l'affaire Roukia, cette jeune Mahoraise retrouvée morte d'une overdose en janvier 2011, cinq gendarmes du GIR (Groupement d'intervention régional) avaient été mis en cause et soupçonnés de trafic de stupéfiants et d'aide au séjour et à l'entrée sur le territoire de personnes en situation régulière. Ce mercredi 5 février 2014, le site d'information Médiapart et Le Tangue, le mensuel satyrique de La Réunion, ont publié de nouveaux témoignages de gendarmes corroborant ces soupçons et dénonçant des "opérations télécommandées". (En photo, Gérard Gauthier, ancien patron du GIR de Mayotte à son arrivée au tribunal de Mamoudzou le 29 novembre 2013 - Photo Samuel Boscher/France Mayotte Matin)

Ce mercredi 5 février, France Mayotte Matin évoquait l’audition par le juge Hakim Karki de Christophe Lemignant, ex-membre du GIR, mis en cause dans cette affaire de stupéfiants, concernant "des coups d’achats supposés de drogue à Mayotte en provenance de Madagascar et des Comores par le GIR". Des importations qui "donnaient suite à des interpellations et gonflaient artificiellement les chiffres du service qui s’affichait alors comme l’un des meilleurs de France", écrit le quotidien mahorais.

Des allégations confirmées aujourd’hui par de nouveaux témoignages de gendarmes ayant travaillé avec le GIR et publiés par le mensuel Le Tangue et le site Médipart. "Ces opérations étaient télécommandées (...) Il y avait un peu trop de certitudes, cela me paraissait louche, avoir 100 % de positif à chaque fois, cela paraissait un peu trop facile", a ainsi confié, lors d’une visioconférence datant du 9 août 2012, un capitaine de gendarmerie vannois, M.S., en mission à Mayotte pour lutter contre l’immigration clandestine de janvier à mai 2011.

Selon ces médias, "le GIR faisait appel à des indicateurs qui leur demandaient de faire venir des kwassas avec des produits stupéfiants et ce, en échange de papiers d’identité". Et de poursuivre : "Le GIR fixait les modalités de l’expédition, le lieu et l’heure auxquels la barque devait débarquer à Mayotte, certains gendarmes allant parfois jusqu’à fournir le carburant, un moteur ou une puce pour rester en contact téléphonique avec le pilote. Puis les gendarmes n’avaient plus qu’à saisir la drogue et son porteur, en laissant repartir le pilote du kwassas-kwassa, leur indic."

Publiés par Le Tangue et Médiapart, les témoignages du capitaine de gendarmerie M.S. et de sa subordonnée, le lieutenant C.G., viennent corroborer ces accusations. Selon France Mayotte Matin, "tous deux confirment que les gendarmes mobiles avaient pour consigne de laisser repartir les pilotes des barques, avec lesquels le capitaine de gendarmerie Gérard Gautier, ex-patron du GIR, était en liaison directe et définissait les lieux où ils devaient débarquer la drogue".

Le Tangue et Médiapart ont également recueilli le témoignage d’un officier de la police aux frontières affirmant avoir surpris et photographié des gendarmes du GIR livrant du matériel nautique à un pilote de kwassas-kwassa : "Ce n’est pas vraiment glorieux de savoir que des opérations, dans le cadre de l’immigration clandestine, génèrent un pseudo-trafic de stupéfiants et (...) que l’on a pris des escadrons mobiles pour participer à cela."

"C’est tout un système de chantage au titre de séjour qui est dévoilé par l’enquête du juge Karki", écrit ainsi Médiapart, citant encore une confidence du lieutenant C.G. : "Quant aux pilotes, en principe, c’était eux-mêmes les agents de renseignement et nous avions comme consigne bien claire de les laisser repartir. Avec le recul, cela me semble terrible."

www.ipreunion.com

   

4 Commentaire(s)

Marc Aurèle, Posté
Je pense que comme toujours,il faut bien amuser la galerie et le lecteur friand de textes assassins sans véritables vérifications se délectera de cette bave. Comme toujours les forces de l'ordre sont présumés coupable avec photos à l'appui et les voyous sont présumés innocents. Les faits incriminés sont peut-être le pendant de notre société car à vos yeux les voyous sont excusables !
Vous avez perdu votre chemin du combat pour la vérité et malheureusement aujourd'hui, il y a peu de vrais journalistes dignes de ce nom crédibles. Pensez-vous que vos moyens détournés pour obtenir et divulguer vos informations sont différents des moyens employés par les force de l'ordre qui travaillent pour que le peuple vive paisiblement. Les gendarmes et policiers incriminées sont salis depuis trois ans. Se sont-ils enrichis ? C'est sans doute plus morale de vendre un cliché ou un semblant d'information en quête d'argent ! voir l'affaire Roukia, accuser sans preuves par un justicier aveugle, c'est déjà arrivé et qu'est qui est terrible, regardez ce que vous avez fait de votre île !
Gloseur sensé, Posté
Que fait à Mayotte la brigade des stupéfiants depuis 2008 ?
Gadom, Posté
tout le monde connaissait ce coiffeur itinérant,vendeur de coke protégé par la police. Enfin des exactions policières à mayotte sont monnaie courante... (supprimé pour prise à partie et injures - webmaster ipreunion.com)
Truc, Posté
ce n'est pas trop surprenant, ces genres de pratiques existent dans cette île depuis très longtemps.
Des hauts fonctionnaires qui détournent des fonds et accusent leurs collègues d'ici. Et une fois la vérité éclate, ils s'enfuient vers la réunion ou la métropole.

Le gouvernement savait depuis longtemps ce qui se passe à Mayotte.