Mouvement de colère devant la gendarmerie de Sada :

Mayotte : Tensions autour de célébrations religieuses


Publié / Actualisé
Dans son édition de ce mercredi 12 mars 2014, France Mayotte Matin relate un "gros mouvement de colère devant la gendarmerie de Sada." Une manifestation a été organisée mardi suite à la convocation par les militaires d'organisateurs de célébrations religieuses. Les "moulidis" seraient mis en cause par une plainte pour tapage nocturne. Cette fête musulmane mahoraise, où les hommes chantent et dansent, dérangerait certains riverains de la commune, malgré l'autorisation de la mairie. Les manifestants pointent du doigt la femme d'un commandant de brigade, qui n'aurait pas apprécié le volume sonore des festivités.
Dans son édition de ce mercredi 12 mars 2014, France Mayotte Matin relate un "gros mouvement de colère devant la gendarmerie de Sada." Une manifestation a été organisée mardi suite à la convocation par les militaires d'organisateurs de célébrations religieuses. Les "moulidis" seraient mis en cause par une plainte pour tapage nocturne. Cette fête musulmane mahoraise, où les hommes chantent et dansent, dérangerait certains riverains de la commune, malgré l'autorisation de la mairie. Les manifestants pointent du doigt la femme d'un commandant de brigade, qui n'aurait pas apprécié le volume sonore des festivités.

"Aujourd’hui, nous voyons qu’il y a une montée en puissance de l’application exagérée de la loi sur la population de Mayotte parce que certains qui viennent d’autres territoires ou de métropole ne veulent pas entendre les chants traditionnels et notre culture." Du côté des manifestants, l’incompréhension est totale : les chants et danses traditionnels de Sada sont dans le collimateur de certains riverains.

"Les événements étant bruyants, la gêne occasionnée n’avait visiblement pas été supportée par un habitant de la localité", écrivent Patrick Millan et Samuel Boscher. Une plainte aurait été déposée pour tapage nocturne, et dans la foulée, les organisateurs des célébrations ont été convoqués à la gendarmerie.

"Pourquoi font-ils ça ? Pour nous intimider, pour nous perturber ou nous faire regretter le choix d’être français ? La richesse de la France, c’est le respect de ses traditions, et ce, dans chacune de ses régions. Pourtant, quand on joue de la cornemuse en Bretagne, personne ne se plaint. Il faut donc nous laisser préserver notre moulidi", s’interroge un manifestant.

Mais au-delà du choc des cultures, le quotidien mahorais soulève un simple souci de décibels avec les sonorisations des fêtes. "Les textes ont été respectés, mais leur répétition a fini par agacer, ou bien alors, leur niveau sonore n’a peut-être pas été correctement fixé", précisent le rédacteur en chef et le directeur de la publication de FMM. "Un détail" qui pourrait être réglé après la mise en place de discussions entre la mairie, la population et la gendarmerie d’après le journal.

   

3 Commentaire(s)

Chidza, Posté
Pour faire appliquer une loi, il faut savoir a quoi il consiste, et pour le respecter, il faut savoir s'il existe, alors certains de nos collègues métropolitains(es) devraient prendre conscience de cela avant d'aller se ridiculiser devant la justice, en se croyant au-dessus des autres et surtout étant a Mayotte, et malheureusement le ridicule ne tue pas sinon depuis un bon moment en s'en serais débarrasser de ces éléments perturbateurs et ignorant et qui se croient toujours dans une colonie comme a préciser mon collègue. Pour eux a titre d'information la république n'interdit pas les chants traditionnelles et les cultes.
Zallaoui, Posté
Les gendarmes présents à mayotte se croient être dans une colonie française et ne manquent pas d'occasion de mépriser la population locale. Je trouve regrettable que les journalistes ne relatent pas les faits tels qu'ils se sont déroulés.
Gloseur sensé, Posté
De prime abord, dès lors qu'il s'agit d'une coutume locale que celle-ci est autorisée par la mairie, les pratiquants sont en droit de pratiquer librement leur rite coutumier. En l'occurrence, les moulidis chantent certes le soir, mais en terme de décibel, cela est beaucoup moins fort que la fête de la musique ou qu'un bal du 14 juillet.
Lesquelles festivités païennes font d'ailleurs rarement l'objet de plainte de la part des métropolitains.
Ainsi, il semble donc qu'en réalité, ce qui gêne le plaignant métropolitain, soit en fait le caractère religieux ou coutumier, et non les chants. La coutume mahoraise étant essentiellement vocale avec une base rythmique assurée par un tam-tam. C'est donc beaucoup moins fort qu'une sonorisation de discothèque ou qu'un orchestre de bal, comme, par exemple, lors des rituels bals militaires.
D'ailleurs, lorsque les militaires font la fête, la police municipale n'intervient jamais, et donc les riverains doivent subir les nuisances sonores, sans pouvoir bénéficier d'aucun moyen pour empêcher un trouble sonore à la tranquillité publique.
En outre, rappelons qu'historiquement, les casernes militaires ont été crées pour protéger les civils en séparant physiquement les militaires des civils, et donc pour que les civils ne soient plus victimes des militaires, mais qu'ils soient en paix et en sécurité.
Enfin, la sécurité, voilà leur mission à ces forces armées, et dans ce domaine, il y a manifestement de graves carences à Mayotte et partout en Outre-mer et en métropole.
Nous attentons donc que les services de l'Etat se concentre enfin sur la sécurité.