L'association "le Refuge" vient d'obtenir l'agrément de l'Éducation nationale :

Stéphane Ducamp : "Il y a une montée de l'homophobie dans les collèges et les lycées"


Publié / Actualisé
Après deux ans de procédure, l'association "le Refuge", qui lutte contre l'homophobie et la transphobie, vient de recevoir du ministre de l'Education nationale Benoît Hamon la notification de "l'agrément national des associations éducatives complémentaires de l'enseignement public". Une décision qui va lui permettre d'étendre ses actions de sensibilisation auprès des collégiens et des lycéens, notamment à La Réunion, où une délégation régionale a été créée en 2013 sous la houlette de Stéphane Ducamp. Ce dernier a accueilli la nouvelle avec satisfaction, car selon lui "il y a une montée très sensible au niveau des établissements de l'homophobie et de la transphobie", et ce "à La Réunion au même titre que dans le reste de la France".
Après deux ans de procédure, l'association "le Refuge", qui lutte contre l'homophobie et la transphobie, vient de recevoir du ministre de l'Education nationale Benoît Hamon la notification de "l'agrément national des associations éducatives complémentaires de l'enseignement public". Une décision qui va lui permettre d'étendre ses actions de sensibilisation auprès des collégiens et des lycéens, notamment à La Réunion, où une délégation régionale a été créée en 2013 sous la houlette de Stéphane Ducamp. Ce dernier a accueilli la nouvelle avec satisfaction, car selon lui "il y a une montée très sensible au niveau des établissements de l'homophobie et de la transphobie", et ce "à La Réunion au même titre que dans le reste de la France".

Que signifie pour vous cet agrément du ministère de l’Education nationale ?

"Cet agrément est une reconnaissance de l’utilité des actions menées par le Refuge au niveau de tout ce qui est intervention en milieu scolaire, en l’occurrence lycées et collèges. Certaines délégations avaient des agréments locaux, là on se retrouve avec un agrément national qui englobe toutes les délégations. Comme la délégation de La Réunion est très récente, elle date du 2 juin de l’année dernière et on n’a obtenu nos locaux qu’en décembre, ça nous évite d’avoir à faire la démarche au niveau du rectorat de La Réunion, car on est désormais couvert à part entière et reconnu au travers de l’agrément national."

Vous allez donc mener des actions dans les collèges et les lycées de La Réunion ?

"Oui, c’est prévu. On est en train de monter un projet sur le sujet au travers de ce qu’on appelle le "théâtre forum", avec des jeunes comédiens qui sont au conservatoire. C’est justement pour faciliter, au travers du théâtre forum, la prévention sur tout ce qui est homophobie et transphobie."

"Intervenir à tous les niveaux de la population"

Intervenez-vous déjà dans certains établissements ?

"On est intervenu déjà l’année dernière, principalement au travers du planning familial, sur certains établissements. On est également intervenu plusieurs fois avec le projet Eva. C’est quelque chose qu’on veut instituer, que ce soit permanent et que nos interventions soient les nôtres et avant tout que la thématique soit bien homophobie, transphobie et exclusion liée à l’orientation sexuelle et à l’identité sexuée."

Aller vous cibler certains établissements situés en zone d’éducation prioritaire, comme ça peut être le cas en métropole ?

"Non, car l’homophobie ne touche pas une couche spécifique de la population, mais c’est plutôt global, comme on a pu le voir au niveau des manifestations contre le mariage pour tous. L’intérêt pour nous c’est d’intervenir à tous les niveaux de la population et pas spécifiquement avec des populations en difficulté. On est intéressé par les 130 établissements de La Réunion."

Les préjugés et les stéréotypes sur l’homosexualité sont-ils encore très présents dans les collèges et lycées ?

"C’est très présent oui. On a rencontré Sylvie Lesage, qui est chargée de mission sur l’égalité homme-femme dans les lycées et collèges, et elle nous a bien dit que depuis le passage de la loi il y avait une montée très sensible au niveau des établissements de l’homophobie et de la transphobie. À La Réunion au même titre que dans le reste de la France. Quand on prend le rapport de SOS homophobie de l’année dernière, il est sacrément chargé... C’est 78 % de témoignages d’homophobie."

"On n’est pas dans un esprit de prosélytisme"

Souhaitez-vous également intervenir dans les écoles primaires ?

"Mon avis est qu’on devrait intervenir sur ces problématiques le plus tôt possible. Le problème, ce n’est pas seulement la discrimination liée à l’homophobie ou à la transphobie, c’est la discrimination liée à l’identité. C’est traiter quelqu’un de "petit gros", des choses comme ça. Réinstaurer des principes de respect de l’autre et d’estime de soi, c’est notre cheval de bataille. C’est au-delà de l’homophobie et de la transphobie. Essayer de motiver ce respect de l’autre et l’estime de soi, ça dépasse le clivage lié à l’orientation sexuelle et à l’identité sexuée."

Après les débat houleux sur le mariage pour tous, la théorie du genre ou encore l’ABCD de l’égalité dans les écoles, ne craignez-vous pas des réactions hostiles à vos interventions en milieu scolaire ?

"C’est sûr qu’il y a une certaine hostilité à ce que des associations comme la nôtre interviennent. C’est regrettable, car on n’est pas du tout dans un esprit de prosélytisme. Pour moi, la vie privée des gens regarde la vie privée des gens. On n’est pas là pour défendre un type d’orientation sexuelle, mais bien plus pour combattre un type de comportement discriminant,. On n’est ni dans un point de vue de théorie des genres ou quoi que ce soit, on est juste pour que les gens apprennent à se respecter à part entière. On est là pour motiver le respect, mais le respect sur tous les sujets au niveau de l’identité. Et ça me semble fondamental."

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Julie, Posté
es que traiter quelqu'un de gros est discriminant ????
T42, Posté
Ma fille entre en classe de première. Jamais d'homophobie dans ses classes précédentes. Elle connait dans son lycée deux gars en couple et une fille lesbienne. Elle et ses copines ne font aucune différence et adorent notamment faire des activités avec un de leur camarade ouvertement homosexuel. Gentillesse, galanterie, sensibilité, tout ce que demandent les filles se retrouve dans ce garçon.
Seul problème, un jour au Jardin de l'Etat des "cagnards" ont interpellé ce garçon : "Eh, toi le pédé !"
L'éducation c'est un besoin car jamais le sujet n'a été abordé par les enseignants et les éducateurs.