Cour d'assises :

Procès Fraumens : deux versions, une même tension


Publié / Actualisé
Ce mercredi 26 novembre 2014, ce sont toujours deux versions qui s'affrontent devant la cour d'assises, au deuxième jour du troisième procès de David Fraumens. Dans la matinée, le frère de l'accusé, Aldo Fraumens, s'est exprimé à la barre pour défendre la thèse familiale, à savoir que Florent Folgoat serait bien l'auteur des coups de feu ayant blessé Daniel Adécalom dans la nuit du 31 décembre 2000. Après une journée de mardi marquée un face-à-face houleux entre Maîtres Boniface et Dupond-Moretti, une tension latente pèse toujours sur la salle d'audience.
Ce mercredi 26 novembre 2014, ce sont toujours deux versions qui s'affrontent devant la cour d'assises, au deuxième jour du troisième procès de David Fraumens. Dans la matinée, le frère de l'accusé, Aldo Fraumens, s'est exprimé à la barre pour défendre la thèse familiale, à savoir que Florent Folgoat serait bien l'auteur des coups de feu ayant blessé Daniel Adécalom dans la nuit du 31 décembre 2000. Après une journée de mardi marquée un face-à-face houleux entre Maîtres Boniface et Dupond-Moretti, une tension latente pèse toujours sur la salle d'audience.

"Mon frère n’était même pas là, il n’a rien à voir là-dedans !" Appelé à la barre ce mercredi matin, Aldo Fraumens a corroboré les propos de son frère tenus la veille, accusant Adécalom de "mensonges". Car ce dernier avait de nouveau formellement identifié David Fraumens comme étant l’auteur des coups de fusil l’ayant atteint au thorax et au visage. "S’il dit ça, c’est parce qu’il en veut à mon frère, c’est de la malveillance à 200 %", a estimé Aldo Fraumens.

Après une journée de tensions ayant nécessité l’intervention du président Michel Carrue et de deux policiers pour séparer l’avocat de la partie civile, Maître Boniface, et celui de la défense, Maître Dupond-Moretti, un semblant de calme est revenu au cours de cette matinée. Mais dans ce procès où chacun s’accuse de mensonge et tente de décrédibiliser les paroles et les témoins de l’autre, le débordement n’est jamais très loin.

Un fusil chargé acheté "pour faire dentelle"

"Je ne vous ai pas interrompu, ça ne va pas recommencer !", a ainsi lancé Maître Boniface à l’adresse de son confrère, un Maître Dupond-Moretti jamais avare d’un commentaire ou d’une grimace, gesticulant ou se tenant la tête lors des plaidoiries de la partie adverse. Ce qui a eu le don d’agacer également l’avocat général.

Pendant ce temps-là, Aldo Fraumens expliquait avoir acheté le fusil mis en cause quelques mois avant les faits, "pour faire dentelle" dans le quartier du Chaudron. Un fusil à pompe chargé, qui s’est retrouvé dans le 4x4 de David Fraumens le soir de ce fameux 31 décembre 2000. Le frère de l’accusé a raconté avoir emprunté le véhicule avec "son meilleur ami" Florent Folgoat. Au cours de cette nuit de réveillon, ils se seraient rendus sur le parking de la cité Cow-Boy, au Chaudron, où ils auraient été "heurtés" par la voiture de Daniel Adécalom, avant que celui-ci ne leur tire dessus "en premier" avec "une arme de poing". Selon Aldo Fraumens, c’est alors que Florent Folgoat aurait répliqué à l’aide du fusil à pompe, en situation de légitime défense.

Malheureusement, Florent Folgoat, qui s’était accusé deux jours après les faits, est depuis décédé dans un accident de moto. Il avait été innocenté en 2006, à la faveur du bénéfice du doute.

"Arrêtez de vous interrompre, c’est épuisant..."

Par ailleurs l’un des témoins clés mettant en cause David Fraumens, Jean-François Crozet – aujourd’hui incarcéré en métropole dans le cadre de la tuerie de Feonarivo – a refusé de témoigner ce mercredi matin. "Ce que j’ai fait avec Adécalom, je peux le refaire avec toi", lui aurait notamment affirmé l’accusé, selon des précédentes auditions lues par le président Carrue.

Le cas de ce témoin, mis en cause par Maître Dupond-Moretti – "il a zigouillé une famille pour du fric" -, a donné lieu à nouvelle brève passe d’armes entre gens de robes. "Vous êtes un pompier pyromane !", a notamment clamé le défenseur de David Fraumens à Maître Boniface. Au point que le président de la cour d’assises a dû une nouvelle fois intervenir : "Arrêtez de vous interrompre, c’est épuisant..."

David Fraumens est rejugé pour la troisième fois à partir par la cour d’assises dans cette affaire de tentative de meurtre sur Daniel Adécalom. Acquitté une première fois en 2007, il avait été condamné à trente ans en 2008, la Cour européenne des droits de l’homme ayant ensuite annulé ce second procès.

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

FOX, Posté
.....J ai toujours été désagréablement surpris qu on accorde autant d importance, non pas à ces caids comme on dit très souvent......mais à ces merdeux......quel dommage que la peine de mort soit abolie!......