Journée mondiale de lutte contre le Sida :

Un ti gaté pour faire reculer les discriminations


Publié / Actualisé
Dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le Sida, l'association Rive a organisé ce lundi 1er décembre 2014 à Saint-Denis une opération "ti gaté" pour faire reculer les discriminations. Ainsi, dans la rue Maréchal Leclerc, les passants ont été invités à faire des câlins à des personnes séropositives placées symboliquement derrière des barrières. "Il existe des barrières invisibles entre le monde des séropositifs et des séronégatifs. A La Réunion, il y a très peu de personnes qui assument leur séropositivité. Les patients se cachent parce qu'ils ont peur de ce que les autres personnes pensent d'elles. Du coup, ils arrêtent de vivre", indique Catherine Gaud, présidente de l'association Rive.
Dans le cadre de la journée mondiale de lutte contre le Sida, l'association Rive a organisé ce lundi 1er décembre 2014 à Saint-Denis une opération "ti gaté" pour faire reculer les discriminations. Ainsi, dans la rue Maréchal Leclerc, les passants ont été invités à faire des câlins à des personnes séropositives placées symboliquement derrière des barrières. "Il existe des barrières invisibles entre le monde des séropositifs et des séronégatifs. A La Réunion, il y a très peu de personnes qui assument leur séropositivité. Les patients se cachent parce qu'ils ont peur de ce que les autres personnes pensent d'elles. Du coup, ils arrêtent de vivre", indique Catherine Gaud, présidente de l'association Rive.

Figure connue de l'hindouisme à La Réunion, le Swami Advayananda est l'une des rares personnalités de l'île à assumer sa séropositivité. Atteint du virus du Sida depuis une vingtaine d'années, le religieux a été placé ce lundi derrière une barrière, symbolisant sa maladie.

"On m'a mis derrière une barrière, parce que c'est celle de la vie", résume-t-il tout simplement. "Je suis séropositif et je l'affirme publiquement. Malheureusement, les séropositifs se cachent parce que la séropositivité porte toujours une connotation très négative", souligne le responsable de l'Ashram du Port.

Ce constat est partagé par Catherine Gaud, présidente de l'association Rive : "à l'heure actuelle, il n'y a aucun Réunionnais qui ose dire qu'il est séropositif à cause de la discrimination et de la stigmatisation. Cela fait payer un prix très lourd à l'infection au VIH. C'est déjà une maladie peu facile à vivre, mais on rajoute le jugement de la société."

"Cette discrimination envers les personnes séropositives empêchent les gens d'aller se dépister parce qu'elles ont peur. Elle empêche les personnes séropositive de parler normalement autour d'eux", souligne la docteur, chargée du service d'immunologie au CHR Félix Guyon.

Le Swami Advayananda estime qu'il faut aujourd'hui "arriver à relativiser" la maladie. "Aujourd'hui, on sait comment vivre avec le VIH, mais malheureusement je suis trop seul à La Réunion pour montrer que l'on peut vivre normalement et sans problème", explique-t-il.

L'opération "ti gaté" organisée aujourd'hui devrait permettre de faire un petit pas de plus pour faire reculer la discrimination et l'isolement. Un travail qui ne se fera pas sans prévention et éducation. "Il n'y a aucune raison de discriminer les gens. Il faut savoir que le VIH concerne absolument tout le monde", indique Catherine Gaud.

Stéphane Ducamp, délégué régional de l'association Refuge en sait quelque chose : "dans la tête de beaucoup de gens, homosexualité égale sida. Or ce n'est pas une maladie d'homosexuels, cela touche tout le monde et c'est important de le rappeler. Toute la population prend des risques." En effet, dans le monde, 50 % des personnes contaminées par le VIH dans le monde sont des hétérosexuels dans un couple stable et fidèle.

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