Elle vient d'être abolie officiellement à Madagascar :

Maldives, Comores, Tanzanie : la peine de mort toujours appliquée dans l'océan Indien


Publié / Actualisé
Ce mercredi 10 décembre 2014, les députés malgaches ont officiellement aboli la peine capitale - qui n'avait plus court dans la Grande Île depuis 1958 -, rejoignant ainsi la France, l'Afrique du Sud, Maurice, les Seychelles ou encore le Mozambique au rang des pays abolitionnistes du sud-ouest de l'océan Indien. Si très peu d'exécutions sont à recenser dans la région depuis 20 ans, la peine de mort demeure en vigueur aux Comores, en Tanzanie et surtout aux Maldives où le moratoire qui durait depuis 60 ans a été levé en avril dernier en vertu de la charia islamique, avec une extension des sentences capitales aux enfants dès l'âge de 7 ans.
Ce mercredi 10 décembre 2014, les députés malgaches ont officiellement aboli la peine capitale - qui n'avait plus court dans la Grande Île depuis 1958 -, rejoignant ainsi la France, l'Afrique du Sud, Maurice, les Seychelles ou encore le Mozambique au rang des pays abolitionnistes du sud-ouest de l'océan Indien. Si très peu d'exécutions sont à recenser dans la région depuis 20 ans, la peine de mort demeure en vigueur aux Comores, en Tanzanie et surtout aux Maldives où le moratoire qui durait depuis 60 ans a été levé en avril dernier en vertu de la charia islamique, avec une extension des sentences capitales aux enfants dès l'âge de 7 ans.

Depuis 1958 et la dernière exécution sur le sol malgache, les condamnations à mort étaient systématiquement commuées en peines de travaux forcés à perpétuité, de quoi classer Madagascar parmi les pays "abolitionnistes en pratique" selon la terminologie de l’ONG Amnesty International. Depuis ce mercredi 10 décembre, la Grande Île fait désormais partie des pays "abolitionnistes de droit pour tous les crimes", au même titre la France (abolition en 1981), le Mozambique (1990), les Seychelles (1993), Maurice (1995) et l’Afrique du Sud (1997).

Dans la zone, la peine capitale demeure en vigueur dans trois pays : la Tanzanie, les Comores et les Maldives. Toutefois, dans ces trois pays réunis, la seule application lors des 20 dernières années remonte à 1996, lorsqu’un homme reconnu coupable de meurtre avait été fusillé aux Comores.

Auparavant, aucune exécution n’avait été recensée depuis l’indépendance de l’archipel en 1978. Mais l’Union des Comores demeure attachée à la peine capitale, elle qui faisait partie en 2009 des 53 pays signataires s’opposant au projet onusien d’imposer un moratoire sur le sujet.

Ce moratoire était en vigueur aux Maldives depuis 60 ans avant que le président Abdulla Yameen Abdul Gayoom ne revienne dessus au mois d’avril dernier. Suspendue de fait depuis plus d’un demi-siècle, la peine capitale est de nouveau en vigueur et ce même pour les jeunes enfants, au point de susciter un mouvement de boycott touristique et les inquiétudes de l’ONU.

"Le nouveau règlement, qui a été adopté par le gouvernement dimanche 27 avril, prévoit la peine de mort pour le crime d'homicide volontaire, y compris pour les personnes âgées de moins de 18 ans. L'âge de la responsabilité pénale aux Maldives est de 10 ans, mais pour les infractions 'hadd' (considérés comme étant perpétrés à l'encontre de Dieu, ndlr), les enfants sont considérés responsables à partir de 7 ans. Avec le nouveau règlement, un enfant de 7 ans peut donc être condamné à mort", avait expliqué à l’époque la porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, soulignant  que ces dispositions étaient contraires aux traités internationaux des droits de l'homme, et en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention relative aux droits de l'enfant, que les Maldives ont pourtant ratifiés.

Reste la Tanzanie, où la peine de mort est toujours en vigueur pour les crimes de meurtre et de trahison. La dernière exécution remonte à 1994, mais plusieurs condamnations à la peine capitale ont été prononcées dans les années 2000. Le pays est toutefois considéré comme "abolitionniste en pratique" par Amnesty International, le président Mkapa ayant par exemple commué 100 sentences capitales en peines de réclusion à perpétuité en avril 2002.

Mais ce n’est pas parce que la peine de mort a été abolie qu’elle définitivement oubliée. Le débat était par exemple vivement revenu sur la table à Maurice en 2010 suite au viol et au meurtre d’une jeune fille de 7 ans. Le président de la République Sir Anerood Jugnauth et le Premier ministre Navin Ramgoolam s’étaient publiquement prononcés en faveur du rétablissement de la peine capitale, notamment pour les trafiquants de drogue.

Malgré tout, les pays du sud-ouest de l’océan Indien demeurent bien éloigné des champions du monde des exécutions que sont la Chine (près de 4000 en 2013), l’Iran (369), l’Irak (169), l’Arabie Saoudite (79) et les Etats-Unis (39)...

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Peter Crok, Posté
Il reste beaucoup de chemin à faire à Madagascar, mais nous devons fêter cette décision comme un évènement qui grandit l'humanité !