Baisse historique du baril de pétrole :

Le billet d'avion ne coûtera pas moins cher


Publié / Actualisé
Coûtant plus de 100 dollars en juin 2014, le baril de pétrole se vend ce lundi 26 janvier 2015 pour moins de 50 dollars. Malgré une baisse historique - du jamais vu depuis 5 ans - les prix des billets d'avion entre La Réunion et Paris resteront inchangés.
Coûtant plus de 100 dollars en juin 2014, le baril de pétrole se vend ce lundi 26 janvier 2015 pour moins de 50 dollars. Malgré une baisse historique - du jamais vu depuis 5 ans - les prix des billets d'avion entre La Réunion et Paris resteront inchangés.

Dans un courrier adressé au président d’Air France-KLM, le SNAV (Syndicat national des agences de voyages) a demandé la suppression " sans délai " de la surcharge carburant. Cette taxe, appliquée par les compagnies aériennes, permet d’anticiper une hausse éventuelle du cours du pétrole. Or, le prix du baril de brut a été divisé par deux au cours de ces derniers mois : alors qu’il se vendait à plus de 100 dollars en juin 2014, il se négocie en ce moment autour des 45 dollars.

"Nous vous demandons, au nom des professionnels du voyage, de procéder sans délai à la suppression des hausses carburant. En pratiquant ainsi Air France se grandira, gagnera en transparence et adoptera une position de leader, largement préférable à celle de suiveur penaud, contraint par un mouvement qui sera obligatoirement initié par un de vos concurrents", a écrit Jean-Pierre Mas à Alexandre de Juniac.

Mais Air France ne compte pas supprimer cette taxe, ni même le prix de ses billets. D’après la compagnie nationale, "le surplus pétrolier et donc la baisse du prix du pétrole est en partie liée à la faible croissance de l'économie mondiale." La société met en avant une baisse de la demande de voyage, une accentuation de la surcapacité de certains marchés, et une baisse de leurs recettes unitaires.

"Dans ces conditions, nous ne pouvons confirmer une répercussion sur les prix liée à la baisse du prix du carburant", nous a répondu Air France, interrogée au sujet d’une éventuelle baisse du prix entre La Réunion et Paris. Du côté d’Air Austral, le mystère avait déjà été levé jeudi dernier par Marie-Joseph Malé : "la surcharge carburant n’a plus de lien direct avec l’évolution du prix du carburant depuis plusieurs années. À ce jour, la surcharge carburant ne reflète pas l’évolution du cours du pétrole. Elle représente bien d’autres coûts qu’il faut prendre dans leur globalité."

En effet, les compagnies aériennes ne parlent plus de "surcharge carburant, mais de "surcharge transoporteur". Une nouvelle taxe - encore plus opaque - qui rassemble différents facteurs : distance du voyage, correspondances, cabines de transport, concurrence… Seules quelques rares compagnies, comme Japan Airlines, sont assez transparentes à ce sujet. "Cette composante évolue donc régulièrement selon les secteurs de notre réseau, à la hausse comme à la baisse", nous a indiqué Air France.

Il ne faudra donc pas rêver d’une baisse historique des tarifs des vols entre La Réunion et Paris, où les taxes et surcharges représentent bien souvent plus de 300 euros de frais pour les voyageurs. Une nouvelle qui fait évidemment les affaires des compagnies aériennes. D’après l’IATA (International air transport association), leurs bénéfices devraient grimper de 26 % en 2015.

Joints par la rédaction, Corsair et XL Airways n'ont pas répondu à nos sollicitations.

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

PlastiKo, Posté
Pitoyable réponse des transporteurs aériens.
Toujours prêt à venir pleurer quand les taxes les étouffent, mais faisant très vite la sourde oreille quand leur motivation à gonfler le prix de leurs billets souffre de justifications...
Boyer Jean Claude, Posté
nous sommes les vaches à lait du privé qui nous prend en otage, nous fait voyager comme du betail. En 2015, le trajet pour aller en metropole dure aussi longtemps et parfois plus que lorsque nous faisions escale à dgibouti avec air france et nos 30 kg de bagages.