Mal-logement à La Réunion :

La fondation Abbé Pierre mobilisée face aux logements indignes


Publié / Actualisé
La fondation Abbé Pierre a dévoilé à la presse ce lundi 23 février 2015 les premiers éléments de son 20e rapport sur l'état du mal-logement en France. D'après l'association, La Réunion compte pas moins de 22 000 logements indignes. Souvent construites sans titre de propriété, ces habitations constituent l'une des nouvelles grandes thématiques de la structure non-lucrative.
La fondation Abbé Pierre a dévoilé à la presse ce lundi 23 février 2015 les premiers éléments de son 20e rapport sur l'état du mal-logement en France. D'après l'association, La Réunion compte pas moins de 22 000 logements indignes. Souvent construites sans titre de propriété, ces habitations constituent l'une des nouvelles grandes thématiques de la structure non-lucrative.

Déjà mobilisée sur la question de l'hébergement d'urgence et sur la mobilisation des différents acteurs, la fondation Abbé Pierre a fait de lutte contre l'habitat indigne l'une de ses nouvelles thématiques pour l'année 2015. La Réunion compterait actuellement 22 000 logements indignes, ce qui représente plus de 60 000 personnes.

La plupart de ces habitations ont été prises en charge par les RHI (Résorption de l'habitat insalubre). "En 2014, 48 RHI sont menés sur le territoire réunionnais, dont 20 datent de plus de 10 ans. Ces dispositifs sont énormes à gérer et prennent du temps. Le plus gros problème reste rural. Aujourd'hui le logement indigne se trouve dans des formes diffuses", détaille Thierry Hergault, directeur de l'agence régionale de la fondation Abbé Pierre.

En effet, si les grandes cités qui ne sont plus aux normes sont prises en charge par les autorités, de nombreuses cases en bois sous tôle construites sans autorisation ni titre de propriété sont particulièrement insalubres. Un problème caractéristique de La Réunion qui n'a pas encore été traité de manière officielle. Et le manque de légalité autour de ces maisons conduit souvent leurs propriétaires devant les tribunaux.

Créer un GIP pour s'occuper des problèmes de foncier

"Je vois bien que le foncier au sens large est quelque chose de très important. […] Je suis arrivée ici le 20 janvier. Et c'est ce qui m'a sauté aux yeux. Je lis des histoires de ce type dans les journaux tous les jours, et c'est ce qui peut conduire aux assises", avait constaté, quelques jours après son arrivée à La Réunion, Gracieuse Lacoste. La nouvelle 1ère présidente de la cour d'appel de Saint-Denis compte faire de cette problématique l'une de ses priorités.

"En tant que responsable boutique solidarité, je reçois des personnes qui se retrouvent à la rue. Lors d'un décès, il y a souvent une perte de repère. Si la personne est fragile et n'a pas de soutien, la personne se retrouve facilement à la rue en cas de conflit", indique Sonia Trabelsi, de la fondation Abbé Pierre. "J'ai connu des gens qui ont hérité d'une parcelle et sont pourtant à la rue. Ces gens sont remontés et peuvent faire des bêtises ou rester sur le terrain dans un squat en réclamant la propriété", précise-t-elle.

Mais au-delà d'une prise en charge par la justice, la fondation Abbé Pierre attend une véritable coordination des collectivités et de la préfecture. "Rien n'est fait pour traiter ce sujet. Pourtant, depuis peu, chaque territoire ultramarin peut créer un groupe intérêt public pour régler ce problème. Cela permettrait de faire baisser radicalement le nombre d'habitats indignes à La Réunion.", souligne Thierry Hergault, qui dévoilera ce mardi les recommandations de la fondation pour cette année 2015.

www.ipreunion.com

   

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