Agroalimentaire - Elevage :

La leucose bovine gagne la préfecture


Publié / Actualisé
Depuis 15h30 ce mardi 25 février 2015, Huguette Bello, députée de La Réunion, Jean-Raymond Mondon, président du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional (CESER de la Réunion) et des éleveurs représentants de l'Association de défense des agriculteurs de La Réunion (ADEFAR) sont reçus par Dominique Sorain, préfet de La Réunion depuis septembre 2014. Au programme, la leucose bovine enzootique. Le représentant de l'Etat est entouré d'un aréopage administratif à la hauteur de l'enjeu, avec en première ligne la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de La Réunion. Le retard pris dans la mise en oeuvre d'enquêtes épidémiologiques visant à l'assainissement du cheptel laitier suite aux engagements pris par le gouvernement en novembre dernier.
Depuis 15h30 ce mardi 25 février 2015, Huguette Bello, députée de La Réunion, Jean-Raymond Mondon, président du Conseil Economique, Social et Environnemental Régional (CESER de la Réunion) et des éleveurs représentants de l'Association de défense des agriculteurs de La Réunion (ADEFAR) sont reçus par Dominique Sorain, préfet de La Réunion depuis septembre 2014. Au programme, la leucose bovine enzootique. Le représentant de l'Etat est entouré d'un aréopage administratif à la hauteur de l'enjeu, avec en première ligne la Direction de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Forêt de La Réunion. Le retard pris dans la mise en oeuvre d'enquêtes épidémiologiques visant à l'assainissement du cheptel laitier suite aux engagements pris par le gouvernement en novembre dernier.

Depuis 10 ans environ l'Association de défense des agriculteurs de La Réunion (ADEFAR), tente de faire reconnaître par l'Etat et la justice les circonstances sanitaires qui conduisent la filière laitière réunionnaise à la catastrophe ; un combat ingrat qui voit disparaître les éleveurs-plaignants, ruinés, leurs terres saisies, pendant que l'industrie laitière locale prospère sur des ingrédients d'importation. 151 exploitations livraient du lait en 2000, elles n'étaient plus que 60 en 2013, selon le contrôle laitier, moins encore en 2014 ; étant précisé que sur le nombre, 48 exploitations se trouvaient dans une situation économique extrêmement précaire. Le 21 octobre 2014, Hugette Bello, dûment informée et chapitrée par l'ADEFAR, tout particulièrement sur la prévalence "tolérée" de la leucose bovine enzootique à La Réunion, interpellait à l'Assemblée, le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, sur la "surmortalité inquiétante enregistrée dans les cheptels laitiers de La Réunion".

Majorité gouvernementale oblige, la ministre des Outre-mer, George-Pau Langevin, annonçait le lancement d'un "plan d'action global…" destiné à faire la lumière sur "la situation épidémiologique". Mais dans le même élan, déclarait, en se fondant sur l'expertises des services de l'Etat - agence nationale de sécurité sanitaire des aliments, centre de coopération international en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), institut de l’élevage et direction de l’agriculture et de la forêt (DAF) - "cette maladie (Ndlr : la LBE), dont la prévalence est mal connue à La Réunion, n’est visiblement pas à l’origine de l’ensemble des problèmes sanitaires que connaissent les éleveurs…"

On ne peut plus légalement se satisfaire du statu quo

Il s'en est suivi, en novembre 2014, une mission sur le terrain réunionnais du Directeur Général de l'Alimentation, Patrick Dehaumont et d'Emmanuelle Soubeyran, chef du service des actions sanitaires en production primaire. Confrontés à la réalité "le taux de prévalence est a priori très élevé en filière lait, sachant qu'il est estimé à 70% sur la base de données de plus de 5 ans" et à des témoignages assez tranchés, Patrick Dehaumont indiquait le 7 novembre 2014 à la préfecture,  qu'il convenait pour commencer de disposer d'une "photographie précise de la situation sanitaire avec une surveillance et la mise en œuvre d'enquêtes épidémiologiques".

Depuis, les éleveurs n'ont rien vu venir, les problèmes ont été occultés par le conflit social de la Sicalait, les fêtes de fin d'année… Or le tribunal administratif, suite à une plainte de l'ADEFAR, sur la base d'une expertise du professeur Gilbert Mouthon, a mis en exergue dans son jugement du 8 janvier dernier, le caractère irrégulier et illégal de la dispense permettant à la filière de déroger aux dispositions de l'arrêté du 31 décembre 1990 fixant les mesures techniques et administratives relatives à la prophylaxie collective et la police sanitaire de la leucose bovine. Mesures qui prévoient la mise en œuvre d'un dépistage systématique des bovins. Moyennant quoi, on ne peut plus légalement se satisfaire du statu quo, et l'ADEFAR, accompagnée de Mme Bello, s'est employée cet après-midi à le signifier au préfet, rappelant pour l'occasion les engagements à haute valeur politique du du Directeur Général de l'Alimentation, Patrick Dehaumont, commis par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll et la ministre des Outre-mer, George-Pau Langevin.

Dans cette affaire, la France qui s'est déclarée indemne de leucose enzootique bovine sur l'ensemble de son territoire, a produit depuis 2007 au moins, de faux documents, excluant de façon préméditée La Réunion et son cheptel laitier séropositif à 70%, des bilans transmis à L'Union européenne, pourvoyeuse d'aides à la prophylaxie, et à l’Organisation Mondiale de la Santé Animale (OIE, ex-Office International des Épizooties).

Philippe Le Claire pour Imaz Press Réunion

   

1 Commentaire(s)

Aimerais bien manger sainement, Posté
Putain cest tout de même hyper grave. ... et à côté on veut supprimer le dernier élevage traditionnel et bio parce quil se situe dans le parc des haut !!!!!.... ils doivent préférer les vaches en batterie dans des hangars. .... on marche sur la tête. Jan fini par totalement éviter les produits pas. C'est un comble.