Sixième jour de perturbations dans les stations-service :

Grève à la SRPP : le préfet hausse le ton et en appelle aux actionnaires


Publié / Actualisé
Le préfet Dominique Sorain a décidé de hausser le ton ce mardi 3 mars 2015, après six jours de grève à la SRPP (Société réunionnaise de produits pétroliers) et autant de perturbations dans le ravitaillement des stations-service de l'île. Il a indiqué avoir personnellement contacté les deux actionnaires - Shell et Total - afin de les presser à agir et à accélérer les négociations.
Le préfet Dominique Sorain a décidé de hausser le ton ce mardi 3 mars 2015, après six jours de grève à la SRPP (Société réunionnaise de produits pétroliers) et autant de perturbations dans le ravitaillement des stations-service de l'île. Il a indiqué avoir personnellement contacté les deux actionnaires - Shell et Total - afin de les presser à agir et à accélérer les négociations.

Au sixième jour de grève des salariés de la SRPP, le préfet Dominique Sorain a déclaré avoir saisi les actionnaires Shell et Total pour "demander un mandat de négociations", ce mardi 3 mars 2015. "Quand ce mandat sera sur la table, j'appelle les salariés et la direction de la SRPP à trouver une solution dans ce conflit privé", a-t-il ajouté, indiquant qu'il a envoyé un courrier et eu personnellement les deux actionnaires au téléphone.

"Une telle situation ne peut perdurer ! J'appelle syndicats et direction à trouver une solution dans les plus brefs délais. Ça n'a que trop duré !", a également déclaré le représentant de l'État. "Ce n’est pas normal qu’on ait des situations de ce type ici dans l’île, qui perturbent l’ensemble de la vie des Réunionnais", a-t-il insisté.

Face au mécontentement des usagers et des professionnels, les grévistes ont décidé d'étendre de 2 heures le service minimum ce mardi, de 9 à 12 heures et de 14 à 17 heures. À 15h30, 37 des 149 stations-service de l'île avaient pu être réapprovisionnées, en plus des 19 stations réquisitionnées. "Nous avons eu selon les jours une cinquantaine voire une soixantaine de camions qui ont pu quitter la SRPP", a précisé le préfet. "Cela a permis de livrer un quart des stations de l’île", a complété Dominique Sorain, qui avait dans la matinée renforcé le niveau 2 du plan ressources hydrocarbures du dispositif ORSEC, élargissant à 37 professions l'accès aux stations-service réquisitionnées.

Malgré tout, la colère a franchi un nouveau palier ce mardi. Dans la matinée, une trentaine de professionnels du BTP ont mis en place un barrage filtrant sur la quatre voies de Saint-Louis, puis au niveau de l'Étang-Salé, réclamant l'accès pour leur profession aux stations réquisitionnées. Dans l'après-midi, c'est un groupe de jeunes du Port qui est venu à la rencontre des grévistes, perturbant la sortie de huit camions de la SRPP. Dans les deux cas, les protestataires ont menacé de mener de nouvelles actions ce mercredi si la grève était amenée à durer. De son côté, la préfecture a rappelé qu'une celulle opérationnelle a été mise en place depuis lundi matin. "Il faut tout faire pour préserver le calme. [...] Des patrouilles sont effectuées autour des stations et de la SRPP", a rapporté Dominique Sorain, qui s'entretient régulièrement avec Jean-François Lebon, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP).

En grève depuis le jeudi 26 février, les salariés de la SRPP réclament le versement d’une prime exceptionnelle dans le cadre du rachat par le groupe français Rubis de leur société, détenue jusqu’ici par les groupe Shell et Total, tous deux actionnaires à 50 %. Mais si Shell a donné son accord pour entamer des négociations, Total n’avait pas encore donné de réponse ce mardi à la proposition formulée par le directeur général de la SRPP, Joël Maes. La préfecture a rappelé qu'elle n'avait pas à intervenir dans les négociations d'un conflit privé. "Ce n'est pas à l'Etat de mener les discussions. [...] Les services de l'Etat peuvent jouer un rôle de médiation. Mais, il n'y a pas eu de demande des salariés ou de la direction", souligne Dominique Sorain.

Par ailleurs, certains commentateurs et élus ont noté que l'article 69 de la loi Pinel du 18 juin 2014 prévoit la réquisition de 25 % des stations-services de l'île pour l'ensemble de la population en cas de rupture volontaire d’approvisionnement. Une mesure qui "ne s'applique pas en l'espèce" d'après le préfet de La Réunion. "Elle s'applique lorsque les grossistes et distributeurs arrêtent de travailler. Ce qui n'est pas le cas dans cette grève", a-t-il précisé.

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    6 Commentaire(s)

    Almuba, Posté
    Quel magnifique préfet!
    Avec lui les enquiquineurs de tout poil "même pas peur".
    Souhaitons que son départ de l'île soit plus rapide que sa capacité de réaction.
    Bob, depuis son mobile, Posté
    Quand le prefet ne dit rien on demande pourquoi il ne parle pas. Quand le prefet parle on demande pourquoi il parle. Est ce qu'un jour les gens comprendrons que le prefet represente l'Etat et qu'il n'est pas la pour faire du blabla comme les politiciens.
    R I P O S T E, Posté
    RIPOSTE se gausse en voyant Dominique Sorain qui a décidé de hausser le ton ce mardi 3 mars 2015 .

    Dans peu de temps il sera sur le départ ...
    Stopinjustice , Posté
    On est vraiment pas gâté avec ces Préfets qui défilent, tous les 2 ans, ici sur l'ile....................incompétence .............
    On en a ras le bol , agissons une bonne fois pour toute...............

    Assoc STOP INJUSTICE
    Jfk, depuis son mobile, Posté
    30 pingouins bloquent l'île, mais que fait la préfecture. ?
    Ndldlp, Posté
    la loi Pinel s'applique car c'est l'inaction des actionnaires qui est à l'origine du mouvement de grève... on peut raisonner à l'envers..la SRPP ne fait rien pour empêcher le blocage de son activité...la loi Pinel doit donc s'appliquer...que la SRPP défère au TA la décision du préfet qui consisterait à réquisitionner pour le quidam réunionnais, 25% des stations services !!