Rapport de la chambre régionale des comptes sur la période 2007-2013 :

Slogans, salons, voyages, salaires : la suite des errements de l'IRT


Publié / Actualisé
Actions inefficaces, dérives financières, dépenses somptuaires... Le mercredi 1er avril dernier, Imaz Press se faisait l'écho de certains éléments du rapport de la chambre de régionale de compte concernant la gestion de l'Île de La Réunion Tourisme (IRT) sur la période 2007-2013, qui sera rendu public ce vendredi 10 avril 2015. Mais d'autres chapitres n'avaient pas encore été évoqués...
Actions inefficaces, dérives financières, dépenses somptuaires... Le mercredi 1er avril dernier, Imaz Press se faisait l'écho de certains éléments du rapport de la chambre de régionale de compte concernant la gestion de l'Île de La Réunion Tourisme (IRT) sur la période 2007-2013, qui sera rendu public ce vendredi 10 avril 2015. Mais d'autres chapitres n'avaient pas encore été évoqués...

Et l’IRT fit disparaître "l’île intense"...

Dans son rapport, la chambre régionale des comptes consacre tout un chapitre aux campagnes de communication menées par l’IRT, mettant en lumière un "empilement de messages sur la destination". Elle note ainsi "un changement de signature quasiment chaque année depuis la mise en place de l’IRT", notamment depuis 2008 et la décision de rompre avec la signature L’île intense, qui avait pourtant fait ses preuves.

En 2008, l’IRT adopte ainsi un nouveau slogan : "Une île, un monde".  Mais malgré des "résultats positifs avec une signature qui avait bien émergée", note la chambre, elle décide en 2009 d’abandonner ce concept pour un autre : "La Réunion, chez nous, vous êtes chez vous", qui sera utilisé jusqu’en 2011. Suivront ensuite "Découvrez un île de voyage", en 2012, puis "La Réunion, un voyage d’émotion", utilisé en 2013. Soit au total, quatre messages différents en cinq ans !

Ce flou artistique n’échappe toutefois pas à l’IRT, qui dresse elle-même un constat sévère en 2011 : "Seule la signature L’île intense a su se démarquer astucieusement en surlignant comme attribut l’intensité énergétique de l’île (...) Les signatures ultérieures, souvent bricolées en l’absence de repositionnement nouveau, n’ont produit qu’un halo de dispersion supplémentaire autour de la marque." Mais comme le souligne les magistrats, "ces constats n’empêchent pas l’IRT, en 2012, de lancer une campagne de communication avec une signature différente qu’elle change à nouveau l’année suivante"...

Une "clarification" nécessaire sur les îles Vanille

Le rapport de la chambre régionale des comptes évoque une "articulation à trouver" avec le concept des îles Vanille et la stratégie qui en découle, c’est-à-dire les offres combinées inter-îles. Pour la chambre, "les campagnes de communication s’articulent encore peu avec cette stratégie, l’IRT développant ses campagnes indépendamment de l’association des îles Vanille".

Un comble lorsque l’on sait que La Réunion est le plus gros contributeur financier des îles Vanille, dont la présidence a été assurée d’abord par le président de Région Didier Robert, puis par Pascal Viroleau, ancien directeur de... l’IRT.

C’est que les relations entre les deux organismes sont plutôt confuses, la chambre recommandant ainsi "que la clarification du positionnement de la destination intègre la communication sur les îles Vanille et que les moyens financiers et le rôle de chacune des associations (IRT et îles Vanille) soient également clarifiés".

Des salons, encore des salons, toujours des salons

Salon de la plongée sous-marine, salon de l’agriculture, salon destination public, salon du cheval, salon du MEDEF, salon des experts-comptables, salon des seniors... : "les participations récurrentes de l’IRT à un certain nombre de salons se traduisent par un éparpillement des moyens financiers et humains (...) sans mesure de l’efficacité d’une telle présence", souligne la chambre régionale des comptes. Elle souligne en effet que l’IRT y consacre "des enveloppes financières importantes", soit 2,9 millions d’euros de 2009 à 2012, pour un résultat plus qu’incertain...

Pour la CRC, "la présence de l’IRT dans certains salons est effectuée sans l’assurance élémentaire d’un effet positif sur la promotion de la destination". Elle ajoute que "pour d’autres salons, la clientèle ne fait pas partie des niches prioritaires" ou que d’autres encore "ont une orientation professionnelle marquée sans objet touristique évident". Les magistrats citent en exemple la participation de l’IRT en 2013 à la fête du pain avec une délégation de 45 personnes...

Concernant, les salons professionnels, la CRC consacre plusieurs pages de son rapport au seul salon Top Resa, grand-messe des professionnels du tourisme à laquelle l’IRT consacre un budget en augmentation chaque année : de 188 466 euros en 2009 à 432 517 euros en 2012. Un accroissement des dépenses s’expliquant essentiellement par un stand réunionnais grossissant lui aussi parallèlement, de 145 mètres carré en 2008 à 250 mètres carré en 2012.

Pour l’IRT, toutes ces dépenses se justifient par la présence croissante des professionnels sur le stand de La Réunion. Sauf que la chambre régionale des comptes note que les indicateurs "ne permettent pas de mesurer l’efficacité de la participation de l’IRT à Top Resa" et que "l’association empile dans ses documents de bilan de Top Resa des informations purement descriptives sans information sur le bilan des actions conduites avec les tours opérateurs partenaires".

Des voyages en avion "tout confort"

En 2009, le bureau de l’association a arrêté des règles régissant la procédure de prise en charge des déplacements. L’IRT prenant notamment en charge les billets d’avions : "classe économique pour les salariés, classe Alizée ou confort pour les administrateurs, et à partir du 14 octobre 2010, extension au pôle de direction de la prise en charge prévue pour les administrateurs", écrit la chambre.

Sauf que celle-ci relève que "contrairement à ce qui était énoncé (...), l’association a acheté des billets en classe confort (ou équivalent) à certains salariés alors que, jusqu’au 14 octobre 2010, cette catégorie de billets était réservée aux administrateurs".

Le rapport mentionne également que "les nouvelles règles, applicables depuis le 1er mai 2011, ne traitent pas de la question mais la chambre relève que l’association procède à l’achat de billets en classe confort et équivalent pour les administrateurs et certains salariés (le directeur, la secrétaire générale et la chargée du protocole)".

Enfin, toujours concernant les billets d’avion, la chambre note "l’absence de mise en concurrence pour l’achat des billets d’avion, alors que les montants impliquent l’obligation pour l’IRT de respecter les procédures formalisées".

Une grille des salaires "incohérente"

Les magistrats indiquent que dès 2010, un audit interne mentionnait que "au regard de la convention nationale collective des organismes du tourisme, la classification du personnel n’a pas été faite de façon lisible et cohérente".

De leur côté, ils relèvent tout d’abord que "jusqu’en 2013, les quatre chefs de pôle n’étaient pas placés dans la même situation indiciaire", donc ne touchaient pas le même salaire, ou encore que certains chargés de mission "qui n’encadrent aucune équipe et n’ont pas de responsabilités plus importantes ou différentes de leurs collègues" sont classés au même échelon que les chefs de pôle.

Mais quoi qu’il arrive, aucun des cadres de l’IRT ne semble être à plaindre, puisque "les indices plancher figurant dans la convention nationale collective (...) sont très largement dépassés par l’IRT", souligne la CRC, avec des salaires se situant entre 2 500 et 3820 euros... Sans parler de la secrétaire générale et du directeur, touchant respectivement un peu plus de 6 000 et de 7 000 euros.

"Ces pratiques, sans être irrégulières, contribuent à dénaturer l’exercice de classification des emplois et se révèlent inflationnistes sur la masse salariale", estime la chambre régionale de compte. En réponse au rapport, le président de l’IRT indique quant à lui que "l’ensemble des salariés, qu’ils soient cadres ou agents de maîtrise ou employés, sont rémunérés au-dessus de la convention collective".

www.ipreunion.com

   

9 Commentaire(s)

Albert, Posté
Mais pour qui a fréquenté l'IRT de Farreyrol, connaît les histoires de voyage, de pseudo responsable de protocole, des avantages indus, de copinages, c'est un scandale tout simplement mais comment parler quand on a peur de perdre son job ?
île propre, Posté
C'est juste ignoble leur façon de faire et de nous mépriser en nous prenant pour des imbéciles...
Quand est-ce que le conseil d'Etat ou autre vont réagir (supprimé pour prise à partie- webmaster ipreunion.com)
Le triste sire est allé installer son ambassade à l'île Maurice... Comme si ce gouffre d'argent public nécessitait encore plus de "poudre aux yeux" dans le but de cacher cet énorme train de vie avec l'argent de tous les réunionnais ?

Dans la liste, la CRC a oublié le nombre de petits photographes embauchés à la Région, ... fils de... en général !
VIVEMENT UN BON COUP DE PIED AU CUL DE CETTE BANDES DE RAPACES !
@Juliane, Posté
A propos de Jean-Yves Langlois: ce serait bien de citer qui sont les copains de Pierre Vergès plutôt que d'insinuer.
Ce n'est pas bien de se cacher derrière son petit doigt! Extrait du rapport de la CRC: " Salon de la plongée sous-marine, salon de l’agriculture, salon destination public, salon du cheval, salon du MEDEF, salon des experts-comptables, salon des seniors... : "les participations récurrentes de l’IRT à un certain nombre de salons se traduisent par un éparpillement des moyens financiers et humains (...) sans mesure de l’efficacité d’une telle présence", souligne la chambre régionale des comptes. Elle souligne en effet que l’IRT y consacre "des enveloppes financières importantes", soit 2,9 millions d’euros de 2009 à 2012, pour un résultat plus qu’incertain... ". Quand on pense que Didier Robert critiquait en 2010 l'IRT comme une association bat'karé!!!
Juliane s'appuie sur le 1er vice-président de l'IRT à l'époque de Pierre Vergès. Ne serait-ce pas celui qui avant l'intégration dans l'IRT de l'association Maison de la Montagne et de la Mer a augmenté les salaires et avantages du personnel de cette structure? Pour plomber en conséquence le budget de l'IRT.
Au lieu d'y mettre bon ordre, la nouvelle équipe a chargé la mule avec l'assentiment de la région qui a augmenté le budget de l'IRT de Farreyrol. Ainsi on constate du rapport de la CRC qu'aucun des cadres de l’IRT ne semble être à plaindre, puisque "les indices plancher figurant dans la convention nationale collective (...) sont très largement dépassés par l’IRT" avec des salaires se situant entre 2 500 et 3820 euros... Sans parler de la secrétaire générale et du directeur, touchant respectivement un peu plus de 6 000 et de 7 000 euros.
En fait, la politique de copinage est la marque de l'ère Farreyrol, comme le note la CRC: "En 2009, le bureau de l’association a arrêté des règles régissant la procédure de prise en charge des déplacements. L’IRT prenant notamment en charge les billets d’avions : "classe économique pour les salariés, classe Alizée ou confort pour les administrateurs, et à partir du 14 octobre 2010, extension au pôle de direction de la prise en charge prévue pour les administrateurs", et "contrairement à ce qui était énoncé (...), l’association a acheté des billets en classe confort (ou équivalent) à certains salariés alors que, jusqu’au 14 octobre 2010, cette catégorie de billets était réservée aux administrateurs"... et "les nouvelles règles, applicables depuis le 1er mai 2011, ne traitent pas de la question mais la chambre relève que l’association procède à l’achat de billets en classe confort et équivalent pour les administrateurs et certains salariés (le directeur, la secrétaire générale et la chargée du protocole)".
Marre , Posté
Les pros Robert vous me faite c.... entre c'est pas lui car il est le meilleur, ou c'est l'autre car il est rouge , je me fiche de votre lamentable lèche, vous essayer de nous faire croire que ce site est partisans , mais vos commentaires je les retrouves sur votre site amis qui balance des informations sans vérification et aux ordres de la région le mieux c'est de continuer à alimenter cette m.... et surtout de ne pas polluer un site qui écrit comme des journalistes et non comme des communiqués de presse
Juliane, Posté
Gestion IRT par Vergés
les primes et augmentations de salaires accordées à la tête du client par Pierre Vergès à une partie du personnel. Ce qui avait d'ailleurs valu les remarques sarcastiques de l'actuel président de l'IRT...

Jean-Yves Langlois cite une recommandation du commissaire aux comptes selon qui il parait souhaitable "que les décisions telles que les augmentations de salaires, mutations et prises en charges diverses (frais de déménagement par exemple) soient débattues en réunion de Bureau dans un souci de transparence".

Ce qui n'a pas empêché, note Jean-Yves Langlois, des décisions en matière de recrutement ou de promotions "sans décision collégiale" en 2009. Il cite comme exemple "l'augmentation de salaire de 500€ brut mensuel accordée à un agent situé à Paris" ou encore "la mutation décidée, encore une fois sans la moindre décision validée en Bureau sur des critères objectifs", d'un cadre sur l'antenne de l'IRT à Paris, ou enfin "des embauches (...) sans information ni décision du Conseil d'administration" et n'ayant "fait l'objet d'aucun appel à candidature, pourtant garant d'un plus large choix de candidats et donc de compétences".

En termes plus terre-à-terre, Jean-Yves Langlois accuse Pierre Vergès d'avoir contourné les procédures pour embaucher ses petits copains à l'IRT...
Eric, Posté
Je crois, qu'il est tps d'arrêter de critiquer. Passez à autre chose. Votre coté politique est trop présent...
Louis, Posté
qu'est ce qu'une chargée de Protocole fait dans un crt???
Association bat carré, Posté
dans la fonction publique les salaires indéxés sur la vie chere sont carré et sans commune mesure avec ces gabegies. Voila pourquoi il faut interdire de déléguer des missions de service publique a des association 1901 (les spla n'en parlons meme pas !) ou tout est permis y compris blanchir les subventions. Les regies, et etablissements publics sont beaucoup plus encadrés.
Rapport, Posté
Moi, j'aimerais bien savoir quel est l'élu de l'opposition qui est derrière tout ce commérage ?
Trop bizarrement, on attaque l'RT sous la mandature du Président de région actuel, mais rien sous l'ancienne équipe ?
Ce sont des pratique, bien bas et lâche de votre part !
Vous attaquez avant, parce que vous savez que vous n'avez pas fait mieux, voir même PIRE.