La directrice de l'ARS OI Chantal de Singly fait le point sur les 5 ans de l'agence :

"Après le chikungunya, on s'est dit : plus jamais ça"


Publié / Actualisé
Ce jeudi 9 avril 2015, la directrice de l'Agence régionale de santé océan Indien, Chantal de Singly, a fait le point sur les grandes réalisations de l'ARS OI depuis sa création en avril 2010. Elle a répondu aux questions de RTL Réunion, évoquant notamment, parmi les principales réussites, la lutte antivectorielle pour contenir les épidémies de dengue et de chikungunya.
Ce jeudi 9 avril 2015, la directrice de l'Agence régionale de santé océan Indien, Chantal de Singly, a fait le point sur les grandes réalisations de l'ARS OI depuis sa création en avril 2010. Elle a répondu aux questions de RTL Réunion, évoquant notamment, parmi les principales réussites, la lutte antivectorielle pour contenir les épidémies de dengue et de chikungunya.

Quel bilan dressez-vous des actions entreprises depuis cinq ans ?

"À La Réunion, on était déjà relativement bien doté. On a réussi à faire une offre complète de prise en charge et de soins, un CHU, le pôle sanitaire de l’Ouest qui sort, trois nouveaux EPAD (établissements d’hospitalisation pour personnes âgées dépendantes), sept nouvelles structures pour les personnes handicapées, des maisons de santé pluri-professionnelles avec les libéraux... Donc vraiment des choses importantes en matière de soins. À Mayotte, on a mis la première dialyse, la première IRM, les transports sanitaires ambulanciers, mais il y a encore énormément de choses à faire."

L’offre de soins est-elle adaptée aujourd’hui selon vous ?

"Je pense que l’offre de soins est à niveau, elle répond à tous les besoins de soins les plus classiques, à part quelques spécialités qui resteront faites encore plusieurs années en métropole, mais elle correspond aux besoins de la population. Sur les soins, il faut encore qu’on continue sur les personnes handicapées, on a encore du chemin à faire pour les personnes âgées, mais je pense que dans l’offre de soins de court séjour, c’est-à-dire la médecine, la chirurgie et l’obstétrique, on a des structures, on a des réponses."

"Il y a encore beaucoup de choses à faire"

Dans quel domaine de la santé La Réunion doit-elle encore progresser ?

"Il y a encore du travail sur le secteur médico-social. Je pense aussi qu’il faut qu’on continue à améliorer l’organisation de la psychiatrie sur La Réunion et sur Mayotte. Et puis le CHU doit continuer à se développer. Il y a eu deux centres de recherche Inserm qui ont été créés adossés au CHU, l’un sur le diabète et les maladies du métabolisme, l’autre sur les maladies tropicales infectieuses. Il faut aussi sortir la future unité de recherche sur la périnatalité, qui est un vrai sujet. Il y a encore beaucoup de choses à faire."

Comment a évolué la lutte antivectorielle depuis cinq ans ?

"On est aujourd’hui en capacité d’organiser, de prévenir et de réagir très vite en cas de risque d’épidémie, puisque là sur les cinq ans, on a pu faire face à des débuts qu’on a pu arrêter très vite : 30 cas de dengue en 2013, 550 cas de chikungunya en 2010. Ça ne s’est pas terminé en épidémie en intervenant très vite, dès qu’on a les signes, en mobilisant les personnes et en s’appuyant sur d’autres opérateurs, en mobilisant les communes notamment."

Quel a été le rôle de l’ARS ?

"L’ARS a pris très au sérieux ce qu’il s’était passé avec l’expérience du chikungunya. En arrivant, on s’est dit plus jamais ça. Donc on a décidé vraiment d’en faire quelque chose de bien et je pense qu’on a une superbe équipe."

"Il faut installer une usine de potabilisation de l'eau"

Où en est-on de la "technique de l’insecte stérile" ?

"Pour l’instant on est en phase 2 de recherche, il y aura ensuite une phase 3, donc dans deux ans on pourrait avoir quelque chose. Mais on ne le fera pas s’il y a des effets négatifs. Le problème c’est qu’aujourd’hui on a toujours besoin d’insecticides. Si on avait une épidémie, on serait obligé de mettre de l’insecticide à haute dose. Mais regardez dans les Antilles-Guyane : les insecticides ne marchent même plus. On a encore de la chance à La Réunion et à Mayotte, nos moustiques sont atteints par nos insecticides, mais le jour où ça ne marchera plus comme aux Antilles-Guyane, qu’est-ce qu’on fera ? On est quand même obligé d’anticiper, et puis les insecticides ont aussi d’autres impacts négatifs."

Concernant l’accès à l’eau potable, La Réunion demeure en dernière position...

"On est les derniers, car dans certaines communes, nous ne pouvons pas garantir que l’eau qui sort du robinet a subi les traitements nécessaires pour garantir la potabilisation. On a repéré ça sur les communes du Sud, Le Tampon, l’Entre-Deux, Saint-Pierre et un petit peu à l’Est aussi, autour de Saint-Benoît et de Bras-Panon."

Comment remédier à ce problème persistant ?

"Il faut installer une usine de potabilisation. Par exemple dans le Sud il y a une arrivée d’eau à Bras de la Plaine, il faut mettre à côté du lieu de captage et de récupération de l’eau une usine. Ce sont des investissements, les fonds FEDER vont être mobilisés et les communes vont y aller. Je suis confiante car aujourd’hui il y a une sensibilité sur la question de l’eau."

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Némésis, Posté
Je ne suis pas si sûr de l'excellence locale en matière de lutte antivectorielle, je n'ai pas l'impression que le conseil généralodépartemental soit franchement impliqué là-dedans au-delà du GLAIVE qui sert à beaucoup de choses en sus de la démoustication et la seule mobilisation des communes ne remplace pas un ou des services et équipes dédiés. Si une épidémie de dengue se pointe chez nous, le temps que l'on "mobilise" que les sérologies soient faites à l'autre bout du monde, on risque fort de se retrouver dans la m... comme au temps du chikungunya, because la population est "vierge" face aux quatre sérotypes de dengue en circulation. Reste plus qu'à prier pour la mise en service d'un vaccin efficace.
Soweto, Posté
Je considère que la lutte anti vectorielle n'a pas été totalement bénéfique dans la mesure ou elle a porté atteinte à notre biodiversité (oiseaux, caméléons, poissons, araignées... sans compter les dégâts collatéraux causées dans les poulaillers. De plus ces insectes et animaux touchés par les insecticides répandus par l'ARS sont des prédateurs des moustiques et de leurs larves.
Il faut arrêter la pulvérisation du deltaméthrine de la famille de pyréthrinoïdes de synthèse qui est un organophosphorés et revenir à la lutte larvicide et mécanique et peupler nos cours d'eau des poissons prédateurs des larves de moustiques comme avait fait la DRASS à une certaine époque quant la population de l'île était confrontée au paludisme.
Il ne faut surtout pas que l'ARS crie victoire contre les arboviroses que sont la dengue et le chickungunya parce qu'en ce moment les virus ne circulent pas par le fait que la population est protégée par des anticorps notamment lors de la dernière épisode de l'épidémie du chickungunya. Qu'en sera t-il dans cinq ans? Au terme de cette période il y aura pas ou peu d'anticorps dans notre sang qui seraient capable de nous protéger.