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Carrière de Bois Blanc : une multitude de menaces sur l'environnement


Publié / Actualisé
En conclusion de son rapport sur l'étude d'impact du projet de carrière sur le site de Bois Blanc - Ravine du Trou, effectuée par la SCPR (Société de concassage et de préfabrication de La Réunion), l'autorité environnementale estime que "les principales mesures d'évitement et de réduction des impacts environnementaux identifiés ont été prévues par le pétitionnaire pour répondre aux enjeux hiérarchisés identifiés dans l'état initial". Mais elle met également en avant plusieurs "observations" qui apparaissent comme autant de dangers potentiels pour l'environnement.
En conclusion de son rapport sur l'étude d'impact du projet de carrière sur le site de Bois Blanc - Ravine du Trou, effectuée par la SCPR (Société de concassage et de préfabrication de La Réunion), l'autorité environnementale estime que "les principales mesures d'évitement et de réduction des impacts environnementaux identifiés ont été prévues par le pétitionnaire pour répondre aux enjeux hiérarchisés identifiés dans l'état initial". Mais elle met également en avant plusieurs "observations" qui apparaissent comme autant de dangers potentiels pour l'environnement.

Très actifs sur le web et les réseaux sociaux depuis l’ouverture de l’enquête publique, les opposants au projet de carrière de Bois Blanc – plus de 55 hectares à ciel ouvert entre la ravine du Trou et la ravine des Avirons pour alimenter le chantier de la NRL – ont trouvé matière à s’inquiéter dans l’étude d’impact réalisée par la SCPR et surtout dans l’avis de l’autorité environnementale.

Certes, cette dernière conclut en considérant que les mesures prévues par la société de concassage "apparaissent cohérentes avec les engagements fermes pris l’exploitant". Mais avant d’en arriver à cette conclusion, elle a mis en évidence de nombreux dangers potentiels menaçant l’hydrologie, la flore, la faune ou encore la population résidant à proximité.

"Les eaux traversant le site ont pour exutoire l'océan au niveau de la réserve naturelle marine. L'enjeu hydrologie est modéré", écrit tout d’abord l’autorité environnementale, "modéré" signifiant "réel" en langage administratif. Elle souligne ainsi "le risque de départ de matières en suspension (MES) vers l'océan au travers des écoulements des eaux superficielles", ajoutant que "ces MES peuvent altérer la qualité de l'eau de la réserve marine" et qu’il existe également "un risque de pollution dû aux explosifs dont le mélange est nitrate/fuel".

Une partie de l'Espace boisé classé sera défrichée

De plus, "la création de la carrière modifiera les conditions d'écoulement des eaux pluviales", prévient l’autorité environnementale. "Le décapage de 30 cm de terre entraînera une augmentation du ruissellement", prévoit-elle.

Par ailleurs, le rapport mentionne que "la création de la carrière nécessite de défricher le terrain et entraîne donc la destruction de la flore présente", notamment la fougère Adiantum rhizophorum (espèce remarquable). "Lors de l'exploitation, la création de poussières risque de réduire le rendement photosynthétique de la flore environnante, notamment le bois de lait (espèce protégée) et le bois rouge (espèce remarquable). Une partie de l'Espace boisé classé (EBC) sera également défrichée. L'impact sur la flore et l'habitat est fort", écrit ainsi l’autorité environnementale.

Selon elle, les mêmes menaces pèsent également sur une partie de la faune. "Le défrichement engendrera la destruction des habitats et notamment ceux servant de nidification à des espèces protégées, Tourterelle malgache et Oiseau lunettes gris notamment. Le caméléon (espèce protégée) peut également se faire piéger par ces défrichements", souligne-t-elle.

Les riverains exposés aux poussières

"Les vibrations et les bruits dus aux tirs de mines sont également sources de nuisances pour la faune en général et les chauves-souris en particulier", ajoute encore l’autorité environnementale, selon laquelle les bruits et les poussières générés par la carrière peuvent également "avoir des répercussions sur les sites d'alimentation et de nidification se trouvant à proximité immédiate de la carrière dans la ravine des Avirons et celle du Trou".

Mais les végétaux et les animaux ne sont pas les seuls à être en danger, puisque l’autorité environnementale "note également la présence d'habitations à l'intérieur du site mais rien n'est indiqué à ce sujet dans l'étude d’impact". Elle qualifie même l'enjeu "de modéré à fort en raison de la proximité de la carrière avec des habitations isolées et une zone d'habitat (la RHI Bois Blanc)" et indique qu’un "déplacement des personnes habitant à proximité immédiate de l'activité industrielle est à étudier". L’autorité insiste : "Considérant le positionnement des habitations sous le vent et à très courte distance du site d'extraction, (...) il apparaît que les risques d'exposition des riverains aux poussières auraient dû faire l'objet d'une analyse plus développée."

Cette menace est d’autant plus réelle que "l'étude d'impact permet difficilement d'apprécier le risque sanitaire que représente la carrière pour une population située à proximité immédiate, en particulier s'agissant des risques sanitaires liés à la dégradation de la qualité de l'air", ajoute-t-elle encore...

Un trafic routier en hausse de 25 %

Pour les opposants au projet, le tourisme risque également de devenir une victime collatérale de la carrière de Bois Blanc, car "le projet est concerné par un périmètre d'intervention du conservatoire de l'espace littoral et des rivages lacustres (CELRL)" et se situe à proximité "du site classé de la Pointe au Sel", note l’autorité environnementale, pour laquelle "l'impact sur le paysage est fort notamment pour les points de vue depuis la RN 1A et la RN 1".

Enfin, le rapport de l’autorité environnementale évoque les tirs de mine qui "engendrent des vibrations et des projections qui, selon l’intensité de celles-ci, peuvent engendrer des dégâts", ou encore le trafic routier qui augmentera de 25 % sur la RN 1A et de 5 % à l’échangeur de l’Étang-Salé. "Cette augmentation de circulation entraînera (...) une usure prématurée des revêtements et un risque d'accident plus élevé", estime-t-elle.

Dans un rapport datant de 2008, le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) relevait par ailleurs qu' "éloigner les carrières des lieux de consommation augmente significativement les impacts négatifs du transport (bruit, dégradation des chaussée, sécurité routière, dégradation atmosphérique)", soulignant que "d’après les producteurs, un site d’extraction devrait idéalement se situer à moins de 20 km du point de consommation". Sept ans plus tard, ces recommandations semblent passées aux oubliettes puisque la carrière de Bois Blanc, si elle voit le jour, se situera à plus de 50 km du chantier de la Nouvelle route du littoral...

www.ipreunion.com

   

12 Commentaire(s)

Zoe, Posté
on reagit trop tard comme d hab on est tres loin de notre projet de devenir un pole d exemplarite ds l ocean indien en matiere d environnement on recule ce qui annonce encore plus de declin au niveau social et quel avenir pour nos enfants????
L'zor, Posté
@ecolobobo: allez j'arrête de débattre, vous avez raison, vous êtes un es'pécialist' ça se voit :)
10000 bus pour desservir les hauts PTDR
Didiercouillon, Posté
Effectivement avec 6 voies au lieu de 4, la NRL sera moins chargée mais avec un rond point en sortie nord au lieu de 2 sorties (Bd sud / Barachois), qu'en sera t-il ?
Jm974, depuis son mobile, Posté
Je pense qu il faut effectivement faire des routes pour la securite des usagers .avant de lancer un projet il faut bien s assurer que tous est ficeler .mais dans le cas de la NRL je m apercois que l on menti a la population projet demarre en 2013 sans financement et actuellement sans accord de roches .il y a egalement des gros roches qui ferons l affaire aux Seychelles pourquoi pas tenter un negoce Did.......?
Ecolo bobo pasteque, Posté
@ L'zor, quand la route actuelle est sur 4 voies c'est chargé mais on fait avec. C'est lorsque les 4 voies ne sont pas opérationnelles que des milliers de gens sont pénalisés pendant des heures au point que les radios bouleversent leur programme pour faire de l'info en temps réel et en continu, les journaux en font leur première page.

La route de didier va résoudre ce probleme, mais ne guérira pas le cancer ni la malchance au jeux. Cela dit rien n'empeche pas par la suite de mettre un TCSP (pour ca il faudrait virer les nassimah et ti pierre, les fossoyeurs des cars jaunes) qui desservira les haut avec 10.000 bus, aménager des parkings pour le covoiturage qui est fait concret aujourd'hui (et non pas un voeux pieu) alors que le tram train n'offrait pas "interopérabilité" et surtout était financé de manière scandaleuse avec cette honte de PPP.
L'zor, Posté
@ecolobobo: en quoi cette nrl va résoudre les problèmes d'embouteillage? Rien n'est prévu et encore moins financé pour l'entrée nord de saint denis! les embouteillages seront pire qu'avant !
Ecolo bobo pasteque, Posté
@ L'zor si vous voulez vous connecter à la réalité demandez l'avis au gens qui pètent un cable à chaque que la route est basculée a cause d'un pluviomètre, d'un éboulement coté montagne, d'une houle trop grosse. Le comas circulatoire c'est la chiffon rouge que vous agitez pour la carrière ( popol a fait une super route des tamarins, on peut lui reconnaitre ce merite!) , c'est les 3 heures que mettent les automobilistes pour st dénis la possession quand c'est basculé, au point que certains passent par la plaine des cafres.
Soweto, Posté
Si vous avez un souci pour votre santé, tapez silicose sur un moteur de recherche internet et vous allez voir les résultats. Qu'en pense L'ORA, cet organisme financé avec nos sous pour veiller sur la qualité de l'air. Il a peur que la Région arrête le financement. Le danger sanitaire est bien réel avec cette carrière qui va générer de la poussière.
L'zor, Posté
@Ecolo bobo pasteque: toujours aussi caricatural mon pauvre, vous prenez 2-3 exemples mineurs pour assoir votre avis alors que vous occultez les vrais risques et impacts cités dans l'article: coma circulatoire, impacts irréversibles sur le paysage, bruit, poussière...
Joel mussard, Posté
je croyais que l'environnement etait une competence de la region !!!? et apres on critique le nerveux de la ville ! sur ce coup la desolé mais c'est le robert st leu qui a raison..............toutes les carrieres doivent etre au plus loin a 20km du chantier mais pour la NRL on passe au dela de toute logique............................defiguré 3 villes c'est pas un probleme pour la region, voila meme que tonton lacouture s'y oppose, des vrais amateurs
Ecolo bobo pasteque, Posté
Cet article confirme que les arguments contre la carriere sont creux:

Adiantum rhizophorum Sw => classé de preocupation mineure par le CNBM et a conparer au statut "quasi menacé" des requins tigre et bouledogue.
http://flore.cbnm.org/index.php?task=fiche&id=5878a7ab84fb43402106c575658472fa&option=com_florereunion&Itemid=5

idem pour la tourterelle malgache. et le cameleon especes exotiques. Et pourquoi pas crier sur les risque que la carrière fait courir aux iguanes, furet et python relachés par les animaleries???
Jolaracaille, Posté
C'est plus fort que moi, il faut que je le dise....Merci qui ?!....Merci Didier, qui, fier d'être à l'origine d'un grand chantier, n'aura pas pesé les différents aléas de notre micro organisme. Faire de la politique, s'engager en vue de faire bouger les choses ne s'improvise pas....C'est vrai que c'est peut être un mauvais moment à passer, mais à terme les conséquences peuvent être graves.........!