Alimentation - Les bienfaits de l'assiette créole :

Do ri, kari, rougail, lo grin ek bred


Publié / Actualisé
C'est bien connu, le riz est l'aliment de base des réunionnais. Selon un rapport du Cirad, près de 62 kg de riz sont consommés par an et par habitant contre 4 kg en France métropolitaine. Dans les familles créoles, cette céréale est souvent accompagnée de grains, brèdes et de cari. Mais l'assiette créole d'aujourd'hui, est-elle réellement équilibrée ?
C'est bien connu, le riz est l'aliment de base des réunionnais. Selon un rapport du Cirad, près de 62 kg de riz sont consommés par an et par habitant contre 4 kg en France métropolitaine. Dans les familles créoles, cette céréale est souvent accompagnée de grains, brèdes et de cari. Mais l'assiette créole d'aujourd'hui, est-elle réellement équilibrée ?

" D’un point de vue qualitatif, l’assiette créole d’aujourd’hui riz-grains-brède-cari est intéressante car il y a la présence de féculents, de légumes et de protéines animales. En revanche, en terme de quantité, le rapport entre les différents aliments n’est pas équilibré. En général il y a plus de viande que de légumes sur l’assiette ", précise Fridor Funteu, nutritionniste et directeur de l’Iren (Institut Régionale d’Education Nutrionnelle).
 
Dans la gastronomie réunionnaise, les plats les plus populaires comme le cari poulet ou le rougail  saucisses seraient des plats très caloriques. Le professionnel de la nutrition met notamment l’accent sur les deux viandes les plus consommées sur l’île : le porc et le poulet. Il explique : " Ces viandes peuvent devenir de véritables bombes caloriques lorsqu’on les cuisine. D’une part, il y a le gras de la viande et d’autre part, l’huile que l’on ajoute. Pour le poulet, il vaut mieux éviter de le manger avec la peau ".
 
Selon le nutritionniste, l’assiette créole évolue aujourd’hui de manière négative. En effet, les Réunionnais auraient tendance à accorder trop de place à la viande. Or une surconsommation de protéines animales favoriserait la prise de poids, augmenterait le mauvais cholestérol et génèrerait davantage de toxines dans le corps. " La consommation de viande pose un vrai soucis à La Réunion. Les gens sont conscients qu’ils consomment trop mais pour eux c’est difficile de changer d’habitude alimentaire ", constate le médecin.
 
Dans une journée, la ration de viande, de poisson et d’œuf recommandée est d’environ 150 grammes (1 steak) pour une femme et de 200 grammes (2 steaks) pour un homme. Des rations " largement dépassées " aujourd’hui selon le directeur de l’Iren. " Réduire la consommation de viande est fondamentale et l’assiette créole doit accorder davantage de place aux légumes ", insiste-t-il. Selon lui, sur l’île 2% des Réunionnais respecteraient la recommandation des 5 fruits et légumes par jour préconisée par le Programme National Nutrition Santé.
 
Le patrimoine alimentaire de l’île est pourtant riche. En effet, selon le nutritionniste, le Réunionnais pourrait manger un féculent différent par jour pendant un mois. Entre le manioc, les 100 variétés de patate douces existantes, les grains (lentilles, haricots rouges, blancs, voeme,…) et les fruits amylacés (ti jacques, fruit à pain,…), l’assiette créole peut devenir une vraie assiette équilibrée.
 
Les brèdes seraient de moins en moins consommés
 
Une autre composante de l’assiette créole : les brèdes réunionnais. Par le passé, dans les familles réunionnaises, la viande était consommée uniquement le dimanche et les brèdes toute la semaine. " Lontan mi rapel  nou té manz un ti morso koson ou sinonsa volay lo dimans. La somin nou té mané do ri, lo grin ek bred ryen dot", se souvient Céline Germane, vendeuse de brèdes au marché forain du Chaudron.
 
Aujourd’hui, la situation est différente, les brèdes seraient de moins en moins consommés par les Réunionnais selon le directeur de l’Iren. Ces plantes comestibles sont pourtant bonnes pour la santé. " Les brèdes sont riches en protéines végétales, en fer, en calcium, en fibres et en anti-oxydants ", rappelle le nutrionniste.
 
Concernant le riz blanc raffiné, un aliment avec un index glycémique élevé, il éleve le taux de sucre dans le sang. Ainsi, une surconsommation de riz blanc dans le cadre d’une alimentation déséquilibrée et riche en aliments d’index glycémiques élevés augmente le risque de développer le diabète de type 2. A la Réunion, la tradition veut que le riz est généralement accompagné de grains. Or les légumineuses font partie des aliments à faible index glycémique.

L’association du riz et des grains est donc une bonne habitude alimentaire. Le directeur de l’Iren informe : " sur l’assiette créole, il doit y avoir la même proportion de grains que de riz pour qu’il y ait complémentarité ". Il conclut : " nous avons de la chance sur l’île, les aliments traditionnels subissent peu de transformation. Ils doivent donc retrouver leur place sur les tables réunionnaises. Nous avons ce qu’il faut pour avoir un régime alimentaire modèle. "
 
Alyssa Mariapin pour www.ipreunion.com

   

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