Nouvelles tensions liées à la pression migratoire sur l'île aux parfums :

Mayotte : des villageois veulent "chasser" les migrants anjouanais


Publié / Actualisé
Les habitants du village de M'Tsangamouji, à Mayotte, ont organisé ce week-end une marche de protestation contre les migrants anjouanais, leur lançant un "ultimatum" qui aurait provoqué la fuite d'une centaine de personnes, relate France Mayotte Matin. Des incidents qui remettent sur le devant de la scène les tensions liées à la pression migratoire sur l'île aux parfums.
Les habitants du village de M'Tsangamouji, à Mayotte, ont organisé ce week-end une marche de protestation contre les migrants anjouanais, leur lançant un "ultimatum" qui aurait provoqué la fuite d'une centaine de personnes, relate France Mayotte Matin. Des incidents qui remettent sur le devant de la scène les tensions liées à la pression migratoire sur l'île aux parfums.

La colère des habitants de M’Tsangamouji avait déjà éclaté en février dernier, lorsqu’une mosquée construite par les villageois avait été "investie par des ressortissants comoriens qui pratiquaient un islam différent et surtout bien moins modéré qu’à Mayotte", rappelle France Mayotte Matin. "La madrasas qui y avait été installée elle aussi prodiguait un enseignement qui avait fini par faire frémir les riverains et de nombreuses plaintes avaient été déposées auprès de la mairie", ajoute le quotidien mahorais.

Il avait alors été décidé de détruire en partie ce bâtiment pour en faire un centre culturel dédié à la commune, avant que l’affaire ne revienne sur le devant de la scène ce week-end. Selon France Mayotte Matin, la communauté "anjouanaise" a en effet "décidé de reprendre possession des lieux et de reconstruire à l’identique ce qui avait été détruit". Ce qui a déclenché, ce week-end, "une nouvelle marche de protestation encadrée par la gendarmerie, lorsque d’autres se sont rendus dans les maisons des "Comoriens" pour les déloger, les prévenir qu’ils devaient partir", indique le journal, rapportant que "les interventions auront été plus ou moins violentes, avec quelques dérapages parfois à l’encontre de ceux qui ne voulaient rien entendre".

Et France Mayotte Matin de citer une mère de famille de M’Tsangamouji : "Nous ne sommes plus chez nous, même nos lieux de cultes, ils se les accaparent. Après nos terres, c’est maintenant notre manière de vivre avec Dieu qu’ils veulent changer. Cela suffit, ils doivent s’en aller !"

Selon le quotidien mahorais, les habitants auraient même lancé un ultimatum : "Mardi, tous ceux qui seront encore à M’Tsangamouji seront délogés et chassés. Nous ne voulons plus des Anjouanais, c’est fini !"

Suite à ce mot d’ordre, "de nombreuses familles, certains parlent d’une centaine de personnes au moins, auraient quitté leurs bangas pour se réfugier dans la brousse redoutant la peur des rixes", poursuit France Mayotte Matin, qui ajoute que "du côté de la gendarmerie (...), les militaires expliquent ne pas être au courant mais confirment bien avoir été sollicités pour encadrer la marche, pas pour des heurts et des menaces".

Alors que cette affaire ravive les tensions liées à la pression migratoire à Mayotte, où la population étrangère représenterait plus de 40 % de la population globale, le débat sur le droit du sol revient sur le devant de la scène au niveau national. De Christian Estrosi et Hervé Morin, plusieurs voix à droite se sont ainsi élevées pour prôner "l’instauration d’un droit du sang qui devrait s’appliquer sur des territoires spécifiques que sont la Guyane et Mayotte", écrit France Mayotte Matin.

Ce à quoi la ministre des Outre-mer George Pau-Langevin a répondu que "cette proposition d’obtention de la nationalité française différenciée de celle applicable en métropole n’a aucune chance d’aboutir d’un point de vue constitutionnel". De son côté, le quotidien mahorais souligne que "si la fin du droit du sol au profit du droit du sang n’est pas la solution, il serait cependant bon que des mesures efficaces soient rapidement trouvées avant que le pire ne se produise".

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