L'espèce serait menacée sur le 101e département :

Braconnage : un cimetière de tortues marines retrouvé à Mayotte


Publié / Actualisé
Un cimetière de tortues marines victimes de braconnage a été découvert à Mayotte, révèle ce jeudi 18 juin 2015 le journal France Mayotte Matin. Un massacre à l'abri des regards indiscrets qui menacerait l'avenir de l'espèce dans le 101e département.
Un cimetière de tortues marines victimes de braconnage a été découvert à Mayotte, révèle ce jeudi 18 juin 2015 le journal France Mayotte Matin. Un massacre à l'abri des regards indiscrets qui menacerait l'avenir de l'espèce dans le 101e département.

En visite à Mayotte le samedi 13 juin 2015, Manuel Valls a déclaré vouloir apporter son soutien aux collectivités de l'île pour que le lagon mahorais soit classé au patrimoine mondial de l'Unesco. Une annonce du Premier ministre encourageante pour le 101e département qui doit toutefois faire face à un phénomène inquiétant de braconnage.

En 2014, le REMMAT (Réseau échouage mahorais de mammifères et de tortues) avait recensé 262 cas de braconnages de tortues marines sur l'ensemble du territoire de l'île. "Ce qui correspondait à 83 % des cas de tortues mortes ou en détresse signalés en 12 mois", indique France Mayotte Matin. 137 cas ont été répertoriés au sud, 137 au nord et 28 sur Petite-Terre, une petite île au nord-est de Mayotte.

C'est pourtant dans ce dernier lieu - à priori épargné des braconniers - qu'a eu lieu une découverte macabre de grande ampleur. "Bien à l’abri des regards, une dizaine de cadavres de tortues gisent sur le sable, ou dissimulées dans les broussailles. Il ne s’agit bien évidemment pas d’un cimetière où les animaux viennent mourir eux-mêmes, comme la légende l’indique pour les éléphants, mais bien d’un lieu de massacre", rapporte le quotidien mahorais.

"Une plaie béante qui augure la disparition programmée de ces géantes du lagon"

A Petit Moya, les carapaces ont été dépecées, les nageoires et les têtes arrachées. Certaines sont là depuis quelques jours, d'autres depuis seulement quelques jours. "Elles n’ont visiblement eu aucune chance. elles ont soit été pêchées avant d’être ramenées sur ce bras de côte si discret, soit été surprises alors qu’elles s’apprêtaient à pondre... Le spectacle est terrifiant et laisse entendre à quel point l’espèce est aujourd’hui menacée sur le département", s'inquiète France Mayotte Matin.

Le 26 février dernier, une action du Parc naturel marin et du département avait permis l'interpellation en flagrant délit d'un braconnier multirécidiviste. L'homme avait alors été condamné à 1 an de prison, une amende de 300 euros ainsi qu'un euro de dommages et intérêts. A sa sortie de prison, il sera suivi par un juge d'application des peines. Mais l'exemple est bien trop rare dans l'île aux parfums.

"Encore serait-il bon de protéger l’existant en se donnant véritablement les moyens de ces écologiques ambitions. Le parc marin ne peut être partout avec les effectifs dont il dispose, la brigade nature non plus et encore moins le conservatoire du littoral, incapable de gérer la seule réserve de Saziley où, là aussi, le massacre des reptiles est quasi quotidien", souligne le journal mahorais.

La consommation de viande de tortue à Mayotte est rare, "chacun ayant compris le danger qu’il y a à manger cette chair qui peut être toxique et l’importance qu’il y a à préserver la biodiversité." Mais la pratique semble être importée des Comores d'après France Mayotte Matin. "Le cimetière de Petit Moya est là, comme une plaie béante qui augure la disparition programmée de ces géantes du lagon à court terme désormais si aucune mesure coercitive forte ne fait son apparition dans les plus brefs délais", prévient le quotidien.

www.ipreunion.com

   

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