Charte d'approche et d'observation des géantes des mers :

À bas la gêne du ballet des baleines


Publié / Actualisé
Alors que les premières baleines de la saison ont pointé leurs nageoires depuis quelques semaines, le préfet Dominique Sorain a rappelé, ce vendredi 19 juin, les grandes lignes de la "charte d'approche et d'observation" des géantes de mer, édifiée en 2009. Car chaque année sont encore relevées des dérives de la part des amateurs de "whale watching".
Alors que les premières baleines de la saison ont pointé leurs nageoires depuis quelques semaines, le préfet Dominique Sorain a rappelé, ce vendredi 19 juin, les grandes lignes de la "charte d'approche et d'observation" des géantes de mer, édifiée en 2009. Car chaque année sont encore relevées des dérives de la part des amateurs de "whale watching".

Cette charte répond à une double nécessité : assurer la sécurité des personnes autant que celles des animaux et de leur habitat. Car chaque année, le retour des baleines à bosses près des rivages de La Réunion suscite un vif engouement qui a généré cette nouvelle activité touristique nommée "whale watching".

S’alimentant en Antarctique pendant l’été austral, les baleines viennent passer une partie de l’hiver dans les eaux réunionnaises, certaines ne faisant que passer, d’autres y restant jusqu’à la fin de la saison. Ce sont des animaux sauvages évoluant dans un milieu sensible. C’est pourquoi "leur approche et leur observation doit se faire dans des conditions assurant leur protection, leur bien-être et la préservation de leur milieu", rappelle la préfecture, soulignant qu’elles fréquentent La Réunion "à un stade critique de leur vie".

"Certaines sont des femelles qui vont ou viennent de mettre bas, d’autres viennent s’accoupler. De fait, les mères et les baleineaux sont très vulnérables. Une gêne répétée peut compromettre le succès de leurs mises bas et donc la préservation de l’espèce, compte tenu de sa faible fécondité", détaille la préfecture.

Élaborée en 2009, la charte d’approche et d’observation des baleines a donc pour objectif de limiter au maximum les comportements à risques. Il s’agit pour les touristes et de plaisanciers d’adapter leur attitude en fonction de la distance de leur bateau par rapport à l’animal.

La charte préconise tout d’abord de ralentir dès que des baleines sont observées à moins de 500 mètres de distance.

Puis, à 300 mètres environ, ralentir encore, éviter les changements de régime moteur, ne pas approcher les cétacés par l’arrière, en respectant les consignes suivantes :

  • Ne jamais couper la route des baleines ;
  • Ne jamais poursuivre une baleine : si elle change d’allure ou change brusquement de direction, c’est qu’elle ne veut pas être approchée ;
  • Ne jamais séparer les groupes de baleines, en particulier les mères et leurs baleineaux.

Enfin, à moins de 100 mètres environ :

  • Rester du même côté que les autres bateaux afin d’éviter le phénomène d’encerclement ;
  • Limiter à 5 le nombre de bateaux en observation pour minimiser les nuisances sonores :
  • Céder sa place au bout de 15 minutes d’observation lorsque d’autres bateaux sont attente.

Par ailleurs, en raison des risques d’accident, mais aussi pour le bien-être et la préservation des animaux, il est fortement déconseillé de se mettre à l’eau.

Une "communication intensive autour de cette charte a permis d’améliorer de façon très nette les comportements d’observation", note la préfecture. Mais les règles demeurent "inégalement respectées" par les usagers et des dérives sont toujours observées chaque année.

La préfecture rappelle que "si la charte d’approche des baleines reste une démarche volontaire, certains comportements qu’elle proscrit sont désormais sanctionnables". La poursuite des baleines et la séparation de la baleine et de son baleineau constituent notamment des infractions relevant d’une contravention pouvant s’élever jusqu’à 750 euros.

www.ipreunion.com

   

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