Une réponse est attendue à la fin du mois :

Fin de la formation des contrats aidés : les acteurs concernés interpellent l'Etat


Publié / Actualisé
Entrée en vigueur le 1er janvier 2015, la réforme relative à la formation professionnelle a remis en cause les fonds pour former les personnes embauchées en contrat aidés. Après une première manifestation organisée le 20 juin dernier, une délégation a été reçue à la préfecture de Saint-Denis ce vendredi 10 juillet 2015. Les représentants de l'Etat à La Réunion doivent donner une réponse aux associations et aux centres de formation d'ici la fin du mois.
Entrée en vigueur le 1er janvier 2015, la réforme relative à la formation professionnelle a remis en cause les fonds pour former les personnes embauchées en contrat aidés. Après une première manifestation organisée le 20 juin dernier, une délégation a été reçue à la préfecture de Saint-Denis ce vendredi 10 juillet 2015. Les représentants de l'Etat à La Réunion doivent donner une réponse aux associations et aux centres de formation d'ici la fin du mois.

Alors qu'à Paris le ministère du travail rencontre ce vendredi les partenaires sociaux pour aborder le thème de la formation professionnelle, une autre audience a été organisée dans le même temps à La Réunion pour parler de la formation des contrats aidés. "Il y a plusieurs semaines, la formation de ces personnes a été brutalement coupée. Du jour au lendemain, les OPCA (ndlr : organismes paritaires collecteurs agréés) ont annoncé aux associations qu'il n'y aura plus de formation", regrette Jean-Alain Cadet, représentant du Kolectif Pou La Formation.

Le secrétaire régional d'EELV s'inquiète d'une loi obligeant les employeurs à former les personnes recrutées en CAE-CUI (contrat d'accompagnement dans l'emploi ). "Si un employeur signe un contrat, il y a un risque que l'employé demande une requalification de son contrat en CDI. Il y a également des conséquences sur les centres de formation qui ont plusieurs centaines de personnes qui risquent d'être au chômage", souffle celui qui est également à la tête de la Coop Solidaire.

Lors de sa visite à La Réunion, le premier ministre Manuel Valls a annoncé le 11 juin dernier que l'île bénéficiera en 2015 de 10 000 dispositifs d'insertion supplémentaires. Autant dire que ces contrats aidés - qui concernent actuellement des dizaines de milliers de Réunionnais - ont une importance particulière dans le département. "Nos propositions ont été relayées au niveau de Paris pour qu'une décision soit prise en connaissance de cause. Nous sommes en relation avec les représentants parisiens pour faire avancer le dossier", indique José Macarty, secrétaire général du syndicat des centres de formation à La Réunion.

"L'Etat est en train de gagner du temps"

Toutefois, l'homme se montre moins enthousiaste quant à l'audience qui s'est déroulée ce vendredi matin à Saint-Denis avec le sous-préfet chargé de la cohésion sociale, Rémy Darroux. "Nos interlocuteurs n'étaient même pas au courant qu'une décision doit être prise ce matin au niveau de Paris entre le ministère du travail et les partenaires sociaux. A partir là, j'estime qu'ils n'ont pas de réponse à nous présenter. N'étant pas au courant des informations capitales pour les centres de formation et les associations, cela jette un peu le discrédit sur les propos qu'ils ont tenu ce matin", estime-t-il.

Pour Gérard Agathe, vice-président de la plate-forme des emplois verts, c'est une course qui est lancée. "L'Etat est en train de gagner du temps. Ils sont en train de jouer à un jeu dangereux et ils vont bientôt en faire les frais. Avec M. Cadet, nous avons bien expliqué la situation à La Réunion. Qu'on nous donne les pistes pour aller vers autre chose. On veut savoir concrètement si l'Etat met réellement les fonds pour la formation. Pour l'instant, il n'y a rien", souligne le représentant de la PAEV.

"Le dispositif tel qu'il existe n'est plus. Il y a des pistes de travail, mais ces solutions ne sont pas encore concrètes. Tout le monde est en réunion dans les ministères, mais il faut que les associations et les salariés aient une réponse précise. Il faut régler le problème du financement", ajoute Jean-Alain Cadet, qui estime entre 38 et 50 millions le coût de la formation des CAE-CUI. Une réponse est attendue d'ici la fin du mois. D'ici là, les associations et centres de formation souhaitent rester vigilants.

www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Mécoué, Posté
Pour comprendre la situation ubuesque actuelle, il faut se souvenir du RMI. avec le "I" pour insertion /formation.
De cette période sous le vocable du maître mot "Productivité", l'automatisation des services et de l'outil de production au détriment de l'emploi salarié s'installait progressivement.
Nos gouvernants obnubilés aussi par la productivité, n'ont pas su ou voulu faire la part des choses entre le progrès nécessaire (automatisation) et le travail indispensable (manuel entres autres) pour tous.
De cette époque sont apparues, les grosses et petites structures de formation en tout genre jusqu'à des "garderies pour adultes chômeurs"; du fait un CDI devenant rare à obtenir, l'agence d'intérim a aussi vu le jour.
Hormis "les garderies d'adultes", pour les structures sérieuses de formation, la difficulté résidait et réside toujours dans le fait qu'avec la "frénésie évolutive de la technologie" les formations dispensaient, ne pourraient plus convenir au delà de 4 à 5 ans. Le "formé d'aujourd'hui est déjà en chômeur en puissance.
Il serait grand temps, sans renier la compétence en général des formateurs , de stopper la gabegie de ces formations pour la formation sans autre perspective que d'occuper des gens pendant un court temps.
Ne comprenant toujours pas le combat mener pour l'obtention d'un "emploi aidé", emploi déguisé aux seuls fins de ne voir le taux de chômage explosé, de plus par ce biais contrairement aux objectifs fixés, au terme du contrat, l'emploi ne sera pas pérenniser à 90% des cas au moins.
Il est temps de dire que l'emploi est un droit, que la productivité par automatisation outrancière des outils, suffit; que l'homme doit reprendre la place qui lui revient de droit dans le monde du travail.
Ne disposant probablement pas le mode d'emploi pour résorber le chômage, néanmoins il est toujours curieux de constater qu'à l'époque pas si lointaine où on patienter 3 à 4 mois pour se faire livrer une voiture neuve, il n'y avait pas de chômeur...? Il serait grand temps de réfléchir par nous même en laissant tomber le diktat des spécialistes...La grande majorité d'entre-nous dispose de la formation base requise, faut donc cesser avec cette rengaine du manque de formation....
CHABAN, Posté
Il faut se battre pour du vrai travail. Le reste c'est maintenir l'assistanat électoraliste!
Qu'il demande à son patron à la pyramide!
@mytho, Posté
Joli tout ça

Quel est le résultat au sein de ces centres de formation ?

Combien de CAE/CUI sont diplômés avec le concours du ministère du travail ?

Tout le monde le sait que les formations qualifiantes sont des formation ' BATO "

Contre le système politique du gouvernement socialiste mais un bon coup de pied dans la fourmilière ferait un grand bien sur ce gros gâteau partagé ...