Braconnage :

La moitié des éléphants du Mozambique massacrée en cinq ans


Publié / Actualisé
Ils étaient encore 20 000 en 2010, ils sont aujourd'hui à peine plus de 10 000 : selon le comptage d'une ONG américaine effectué en juin dernier, le nombre d'éléphants a été divisé par deux en 5 ans au Mozambique. Une baisse alarmante due au "braconnage effréné" selon l'association.
Ils étaient encore 20 000 en 2010, ils sont aujourd'hui à peine plus de 10 000 : selon le comptage d'une ONG américaine effectué en juin dernier, le nombre d'éléphants a été divisé par deux en 5 ans au Mozambique. Une baisse alarmante due au "braconnage effréné" selon l'association.

"Le dernier comptage montre une baisse dramatique de 48 % du nombre d’éléphants dans les cinq dernières années, passant de 20 000 à 10 300 éléphants", a indiqué l’ONG Wildlife Conservation Society (WCS) qui a mené ce comptage pour le compte du gouvernement mozambicain. L’opération a été effectuée par avion sur un échantillon de 10 % du territoire, à partir duquel les chiffres ont été extrapolés.

WCS précise également que 95 % des pachydermes décimés l’ont été dans le Nord du Mozambique, "où la population est passée de 15 400 à 6 100 individus". La réserve de Niassa, qui jouxte la frontière tanzanienne et abritait jusque-là près de 70 % des éléphants du pays, serait particulièrement touchée. Un phénomène qui s’explique par la venue massive de braconniers tanzaniens, la population d’éléphants dans leur pays ayant déjà été décimée à échelle industrielle.

"Le principal problème est celui de la gouvernance. Le nord du pays a toujours été reclus et peu gouvernable, avec de forts niveaux de corruption. Certains policiers et douaniers se laissent facilement  acheter, d’autres louent même leurs armes aux braconniers", explique Alastair Nelson, directeur de WCS au Mozambique, cité par Le Monde.

À cela s’ajoute un manque de prise de conscience du problème de la part des populations locales. "La simple nécessité de protéger les éléphants ne convainc pas les populations, car les communautés rurales perçoivent surtout ces animaux comme un danger", souligne Alastair Nelson. "Il faut plutôt leur faire réaliser que les braconniers tanzaniens apportent des armes et des munitions dans leur pays, qu’ils tuent les éléphants et prennent leur ivoire. Cela pose un problème en terme de sécurité et empêche le développement économique et le tourisme dans cette région du Mozambique", poursuit-il.

Ce n'est qu'en juin 2014, sous la pression internationale, que le Mozambique s’est décidé à adopter une législation ferme sur le braconnage, avec une nouvelle loi sur la biodiversité criminalisant l’abattage d’animaux protégés. Auparavant, seule une amende pour port d’arme illégal était infligée aux braconniers.

Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, des braconniers ont été arrêtés puis jugés, mais également des agents de police et des douaniers. Le 14 mai dernier, la police mozambicaine a notamment effectué le plus importante saisie de l’histoire du pays : 1,3 tonne d’ivoire et de cornes de rhinocéros, correspondant au massacre de plus de 200 animaux, rapporte i-télé.

Un trafic qui n’épargne pas La Réunion, où plus de 200 objets en ivoire d’éléphant avaient été saisis dans une boutique de Saint-Denis en mai 2014.

On estime à 30 000 le nombre d'éléphants abattus illégalement chaque année sur le continent africain pour alimenter le commerce d'ivoire, essentiellement à destination de la Chine et d'autres pays d'Asie.

www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Fkig, Posté
Tant que tout se vendra et s'achètera, nous vivrons dans une société de prédation et le massacre continuera jusqu'à ce qu'il n'y aie plus d'animaux sauvages. On parle du trafic d'Ivoire, mais on ne peut s'empêcher de penser (entre autre ! ) au trafic de cornes de rhinocéros, lesquelles sont vendues en Asie - notamment le Vietnam - aux classes aisées. Sans compter tous ces salopards occidentaux et qatariens friqués qui jubilent à passer des vacances à flinguer ces beaux animaux: Guépard, Lion, Eléphants, Rhino, gazelles....un vrai business pour ces pays d'Afrique corrompus jusqu'à la moelle. Franchement quel monde de m**** !
MichèleB, Posté
"Décimer" signifie qu'un sur 10 est tué.
La moitié des 20 000 est décimée = 2000 sont tués, d'après votre phrase.
Il resterait donc 18 000 éléphants.
Or vous dites aussi qu'il n'en reste que 10 000. Donc la moitié des éléphants du Mozambique, malheureusement, n'est pas seulement décimée, mais carrément tuée, détruite... Vous vouliez dire que 10 sur 10, donc tous sont tués, pas décimés.
Diviser par deux n'est pas décimer. Le mot est loin d'être assez fort! (Merci pour votre remarque, Michèle. Elle est tout à fait justifiée, nous rectifiions notre titre. Bien à vous- webmaster ipreunion.com)
Illustration : Kwa Films

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