Pas assez d'étudiants boursiers ni de logements selon le syndicat étudiant :

Helno Eyriey, président de l'UNEF Réunion : "Le coût de la vie étudiante augmente de 1,4 %"


Publié / Actualisé
Le syndicat de l'Unef Réunion (Union nationale des étudiants de France) a présenté ce lundi 24 août 2015 son enquête sur le coût de la rentrée étudiante. Des dépenses en constante augmentation, selon son président, Helno Eyriey, qui pointe du doigt le manque de logements et le nombre insuffisant d'étudiants boursiers. Le seul point positif salué : le gel des frais d'inscription.
Le syndicat de l'Unef Réunion (Union nationale des étudiants de France) a présenté ce lundi 24 août 2015 son enquête sur le coût de la rentrée étudiante. Des dépenses en constante augmentation, selon son président, Helno Eyriey, qui pointe du doigt le manque de logements et le nombre insuffisant d'étudiants boursiers. Le seul point positif salué : le gel des frais d'inscription.

"Les fonctionnaires bénéficient d’une sur rémunération tandis que les étudiants n’auraient pas droit à un complément de bourse pour tous les échelons ? C’est scandaleux" s’insurge le président de l’Uned Réunion, Helno Eyriey. Ce lundi 24 août 2015, le syndicat publie son enquête sur le coût de la rentrée étudiante de 2015 à La Réunion. Un coût en perpétuelle augmentation, selon le collectif : "cette année, le coût de la vie étudiante augmente de 1,4 % soit sept fois plus que l’inflation aujourd’hui estimée à 0,2 %" compare le président. Si le gel des frais d’inscription est "à noter et à encourager", d’autres dépenses continuent de grimper.

En première ligne, le logement, "la priorité pour un étudiant". Si la hausse moyenne du loyer est légère du côté du Crous (deux euros en plus), les logements privés augmentent de 5,36 euros. S’y ajoutent les factures d’électricité, d’eau et d’internet. Pour rappel, le coût de la vie étudiante a augmenté de 8,4 % depuis 2012. Parmi les facteurs participant à cette hausse : la sécurité sociale étudiante (+0,9 % cette année), le prix du ticket repas au restaurant universitaire (+1,6%). Une hausse finalement sans surprise face au contexte de "vie chère" et le faible pouvoir d’achat sévissant à La Réunion. L’Unef tient donc avant tout à dénoncer les promesses non tenues du gouvernement, mauvais élève en matière de bourses étudiantes. Helno Eyriey rappelle : "le gouvernement a arrêté d’investir dans la réforme des bourses et ne procède pour l’instant à aucune revalorisation !". Durant cette période de campagne politique, le syndicat compte bien interpeller les candidats aux prochaines élections régionales sur la situation de l’enseignement supérieur à La Réunion.

Pour enrayer cette hémorragie financière sans fin, l’Unef s’appuie sur trois priorités. En premier lieu, augmenter le nombre d’étudiants boursiers est, selon eux, nécessaire et urgent. "44 % d’étudiants non boursiers n’ont reçu aucune aide depuis dix ans alors qu’ils en ont souvent besoin, leur permettre d’avoir accès à une bourse serait donc un bon début" indique Helno Eyriey. En effet, un étudiant non boursier logeant au CROUS devra débourser 927,10 euros à la rentrée et 2730,10 euros s’il loge chez un privé. Le meilleur profil reste l’étudiant boursier logeant chez ses parents : la rentrée lui coûtera 270,10 euros. Toujours dans la lignée des aides financières, le syndicat réclame un complément de 100 euros pour l’ensemble des étudiants boursiers réunionnais, mais aussi antillais et guyanais. Enfin, 500 nouveaux logements sont prévus au CROUS en 2018 : le collectif espère raccourcir le délai. Effectivement, avec 5000 demandes annuelles pour 1100 logements disponibles, le manque est criant.

Selon Helno Eyriey, ces dépenses de rentrée sont une véritable "épine dans le pied". Il précise : "on commence nos études avec plein de chèques à faire, on compte notre argent dès le départ, on se demande si on va réussir à tenir jusqu’à la fin du mois, ça nous met la pression". Il considère que ces inquiétudes sont du temps "perdu" que les étudiants pourraient plutôt consacrer à leurs études et déplore d’autres sacrifices : des livres scolaires non achetés, des repas sautés ou même une santé reléguée au second plan. Selon une enquête datant de 2012, 26,32 % d’étudiants réunionnais renoncent aux dépenses de santé afin de financer leurs études. 16,22 % sont, quant à eux, salariés durant l’année. Des études chèrement payées.

www.ipreunion.com

   

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