Météo - Coopération régionale :

Treize pays au chevet des cyclones tropicaux


Publié / Actualisé
La 21e réunion du comité des cyclones tropicaux se termine ce vendredi 2 octobre 2015 à La Réunion. Cette formation internationale réalisée en partenariat avec l'organisation météorologique mondiale a réuni des spécialistes des pays de la région Afrique (Afrique du Sud, Comores, France (La Réunion), Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zimbabwe). David Goutx, directeur interrégional de Météo France pour l'océan Indien fait le bilan de cette rencontre événement au micro de RTL Réunion.
La 21e réunion du comité des cyclones tropicaux se termine ce vendredi 2 octobre 2015 à La Réunion. Cette formation internationale réalisée en partenariat avec l'organisation météorologique mondiale a réuni des spécialistes des pays de la région Afrique (Afrique du Sud, Comores, France (La Réunion), Lesotho, Madagascar, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Seychelles, Swaziland, Tanzanie, Zimbabwe). David Goutx, directeur interrégional de Météo France pour l'océan Indien fait le bilan de cette rencontre événement au micro de RTL Réunion.

Quel est le but du comité des cyclones tropicaux ?

Le comité des cyclones tropicaux - dont la 21e édition se tient pour la première fois à La Réunion - a vocation à réunir tous les pays de la région Afrique concernés par les cyclones pour convenir ensemble des modalités. Météo France, qui assure un rôle d'expertise en matière de cyclone auprès de tous ces pays, fait circuler l'information de manière à ce qu'elle soit la plus efficace, la plus exacte et la mieux comprise possible. On a d'abord fait un état des lieux des trois précédentes saisons cycloniques qui nous séparaient de la précédente session du comité. Ce sont trois saisons cycloniques riches en enseignement, même si peu de terres habités ont été touchées directement par un oeil de cyclone. La Réunion a été approchée par deux fois avec Bejisa et Dumile avec deux alertes rouges dont nous pouvons tirer certains enseignements. D'autres cyclones comme Hélène ont été remarquables dans le canal du Mozambique.

Quels sont vos enseignements des saisons cycloniques précédentes ?

Pour les deux alertes rouges qui ont concerné La Réunion, les prévisions de trajectoire étaient très satisfaisantes et très précoces. Elles ont permis une mise en place du dispositif d'alerte avec la meilleure anticipation possible. En revanche, Hélène a montré nos points faibles : c'est-à-dire un cyclone violent qui devient une menace en 24 heures seulement et qui disparait en 24 heures. Nous nous sommes posés des questions et nous avons fait le point sur la perception de ces différents événements par chacun des pays concernés. Nous en avons tiré un certain nombre de recommandations à formuler à l'ensemble des pays, pour notamment améliorer le programme de formation des prévisionnistes.

Que retenez-vous de votre fonctionnement ?

Actuellement, tous les deux ans, le centre météorologique régional spécialisé cyclone qu'est Météo France à La Réunion accueille les prévisionnistes des 15 pays de la région Afrique pour une formation de deux semaines à la prévision cyclonique. Nous avons constaté que cette formation qui a lieu tous les 2 ans est très intéressante. Nous souhaitons la compléter avec l'accueil de prévisionnistes pendant une plus longue durée - 3, 4, 5 semaines - pour qu'ils puissent se former au contact opérationnel pendant la saison cyclonique avec nos prévisionnistes spécialisés. Il faut qu'ils puissent rentrer dans leurs pays forts d'une vraie expérience opérationnelle du niveau de compétence exigé à Météo France océan Indien.

Quelle a été la réaction des pays de la zone ?

Les pays sont très intéressés. Chacun de ces pays est un peu isolé dans la problématique cyclone. En venant ici, ils partagent avec leurs 15 homologues, les questions et de le dernier état de l'art en matière de prévision cyclonique. Cela permet déjà d'avoir un bon partage des connaissances. Ils sont très contents d'avoir des réponses à leurs questions et d'être informés des dernières nouvelles qui sont développées, des derniers outils opérationnels qui sont en gestation et des améliorations que nous espérons pour les prochaines années.

Quels sont vos besoins ?

Il faut plus d'études coopératives et plus d'interactions entre les pays en dehors des moments de crise. C'est vrai que l'on cherche un peu un cadre de coopération régionale qui permet de mieux interagir entre nous. Il faut prendre en charge cette coopération, ce n'est pas très coûteux, mais la plupart des pays n'ont pas les moyens pour assurer ce genre de déplacements et de frais. Il manque un cadre de coopération régionale bien dédié à ces sujets météorologiques.

La commision de l'océan Indien n'aurait-elle pas un rôle à jouer ?

La commission de l'océan Indien s'est bien investie au sujet du changement climatique. Ce sujet est bien pris en charge au niveau régional par la COI, mais le sujet de la météorologie opérationnelle et de la prévision des cyclones est un petit peu en dehors du cadre de la commission. Il faudrait trouver un cadre de coopération qui rende possible toutes ces interactions utiles.

Enfin, qu'en est-il des noms des futurs cyclones de la zone ?

La liste est la partie visible de l'iceberg. Elle est encore en cours de constitution. Chaque pays a fourni un certain nombre de propositions de noms. Il ne nous reste plus qu'à les compiler pour équilibrer les contributions des uns et des autres. Chaque pays a fourni une liste de propositions pour chaque lettre pour les trois prochaines années. Philippe Caroff est en train de compiler ces noms dans un savant équilibre diplomatique et paritaire.

www.ipreunion.com

   

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