Le patron des patrons est dans l'île :

Pierre Gattaz : "La Réunion a un rôle dans la mondialisation de l'économie française"


Publié / Actualisé
En visite de deux jours à La Réunion, le président du Médef, Pierre Gattaz, a insisté, ce 9 novembre, face à la presse, sur l'"atout" que constitue La Réunion pour la France.
En visite de deux jours à La Réunion, le président du Médef, Pierre Gattaz, a insisté, ce 9 novembre, face à la presse, sur l'"atout" que constitue La Réunion pour la France.

“La Réunion est un morceau de France dans l’océan indien et aux avant poste de la mondialisation de notre économie”, a martelé le président de l'organisation patronale le Médef, Pierre Gattaz, accompagné du président du Médef Réunion, Yann de Prince, lors d’une conférence de presse à Saint-Denis, ce 9 novembre 2015. Grâce à la position géographique de La Réunion, le président du Médef rêve de conquérir le continent africain et, plus tard, l’Inde. “Le monde est à équiper et il attend la France. Et je crois que La Réunion a un rôle important à jouer. Nous avons manqué le réveil chinois il y a une trentaine d’années, ne ratons pas aujourd’hui le réveil africain.”

Pierre Gattaz a souligné la proximité géographique avec des “pays low cost tels que Madagascar ou l’île Maurice” qui permettrait de délocaliser afin de faire de la production à moindre coût tout en conservant sur le territoire français le savoir-faire et la qualité du Made in France. “La mondialisation, lorsqu’elle est bien faite, induit de la croissance mais également de l’emploi pour la France”, a-t-il assuré en s’appuyant sur sa propre expérience de chef d’entreprise au sein de Radiall.

"Aller plus vite dans la réforme du cadre législatif et fiscal"

“Mais il n’y a pas de pays fort sans entreprises fortes, souples et agiles”, a poursuivi le président du Médef en flattant le dynamisme de l’entrepreneuriat réunionnais. Pour ce faire, il a appelé le gouvernement à “aller plus vite dans la réforme du cadre législatif et fiscal” afin d’être plus compétitif. “Nous avons besoin d’un cadre plus adapté et d’un meilleur dispositif pour permettre aux personnes exclues du marché de l’emploi de s’insérer et d’acquérir un niveau de compétence au sein de nos entreprises”, a renchéri Yann de Prince.

Avec le pacte de responsabilité décidé par le gouvernement, le Médef a le sentiment d’avoir été entendu. “C’est la première fois que l’on va baisser les charges des entreprises françaises de 40 milliards d'euros”, a indiqué Pierre Gattaz. Néanmoins, Yann de Prince a souligné une “contradiction” dans le projet de loi de finance du gouvernement : “d’un côté, le pacte de responsabilité vise à redonner de la compétitivité aux entreprises, mais de l’autre, dans les Dom-Tom, il est contrebalancé par une mesure de suppression des exonérations de cotisations qui fait que, dans la réalité, il ne s’applique pas”.

Une rencontre avec la ministre des Outre-Mer mercredi

Les deux représentants du Médef ont insisté sur la force et le dynamisme de la jeunesse. Pour sortir du chômage une importante part de la jeunesse réunionnaise, le Médef met en avant son initiative, intitulée “Les Déterminés”, qui vise à former les jeunes issus de milieux défavorisés à l’entrepreneuriat. “Mais Il faut aussi absolument développer beaucoup plus l’apprentissage, a insisté Pierre Gattaz. La France est très mauvaise et, sur ce point, c’est avec l’Education nationale qu’il faut fondamentalement travailler.”

Après la rencontre d’entrepreneurs locaux dans l’énergie et l’export, ainsi que des institutionnels et de jeunes entrepreneurs, le président du Médef devrait rencontrer mercredi la ministre des Outre-Mer, George Pau-Langevin, par hasard sur l’île au même moment.

   

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