Madagascar :

Sainte-Marie : pillage des concombres de mer et catastrophe écologique


Publié / Actualisé
Depuis plusieurs mois maintenant des centaines de pêcheurs illégaux envahissent les côtes de l'île Sainte Marie à Madagascar à la recherche de concombres de mers. Cet animal marin au corps mou d'une dizaine de centimètres est fortement prisé par les gourmets chinois et japonais. Les défenseurs de la biodiversité craignent que cette pêche sauvage et intensive provoque une catastrophe écologique (Photo : Office de tourisme de l'île Sainte-Marie)
Depuis plusieurs mois maintenant des centaines de pêcheurs illégaux envahissent les côtes de l'île Sainte Marie à Madagascar à la recherche de concombres de mers. Cet animal marin au corps mou d'une dizaine de centimètres est fortement prisé par les gourmets chinois et japonais. Les défenseurs de la biodiversité craignent que cette pêche sauvage et intensive provoque une catastrophe écologique (Photo : Office de tourisme de l'île Sainte-Marie)

"Les côtes de l’île Sainte Marie sont maintenant envahies par des pêcheurs sauvages de concombres de mer ou holothuries. Des défenseurs de la biodiversité marine ont décidé d’interpeller les autorités sur la situation qui sévit à l’heure actuelle autour de l’île" écrit lexpressmada.com. Des centaines de petites embarcations venues essentiellement du nord-ouest de la Grande Île jettent l’ancre au large de l’île pour pêcher ce mets jugé délicieux en Chine et au Japon où il est surnommé "l'or noir marin".

Soumise à une règlementation stricte à Mada­gascar  la pêche aux concombres de mer est fermée à cette prériode de l'année. Cela n'empêche pas "les pêcheurs illégaux d'utiliser des bouteilles d’oxygène pour pouvoir racler le fonds marin. De nombreuses embarcations prises en flagrant délit et les témoignages évoquent des chiffres alarmants, notifiant qu’un seul bateau arrive à remonter à lui seul jusqu’à 250 kg de concombres de mer" s'exclame expressmada.com. "Cette pêche illicite présente deux aspects, dont l’impact serait significatif sur la population d’holothuries. Ainsi, avec le rythme de collecte actuelle, la population n’arrivera certainement pas à son délai de régénération naturelle. La population d’holothuries va subir une décroissance progressive, voire son extinction dans le temps", alerte Andry Rakotondrazafy, biologiste-environnementaliste.

La catastrophe écologique aurait déjà commencé. Traditionnellement c'est sur la côte ouest de Madagascar que le concombre de mer est pêché. "Les pêcheurs illégaux qui ont migré à Sainte Marie viennent essentiellement des villes côtières de l’Ouest" et leur arrivée "sur le littoral est (...) peut s’expliquer par l’épuisement des ressources sur l’autre côté, alors que la demande est en forte hausse, et peut-être aussi, par le renforcement des surveillances de pêche sur la côte ouest du pays" commente le site d'information malgache.

"Les moyens que les braconniers mettent en place indiquent que des soutiens financiers et logistiques sont derrière ces activités, et que des commanditaires sont prêts à investir dans les activités totalement illicites. Ces brigands sont donc plus ou moins organisés, et ont leurs propres ressources ", soutient Andry Rakotondrazafy.

"Une mission d’évaluation  composée d’autorités locales et de militaires a été menée au début du mois de décembre pour constater de visu la situation. Mais selon les écologistes, les opérations menées jusqu’ici sont loin de permettre l’endiguement de ce phénomène, qui est en train de ravager le fonds marin de Sainte Marie et celui de la côte est malgache en général" déplore lexpressmada.com.

(Photo : Office de tourisme de l'île Sainte-Marie)

   

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