Le Port :

Ecole supérieure d'art de La Réunion : bientôt des locaux plus grands pour renforcer le rayonnement


Publié / Actualisé
L'école supérieure d'art de La Réunion a ouvert ses portes ce mercredi 10 février 2016 afin de faire découvrir aux futurs étudiants et à leurs parents les diverses formations que propose l'établissement. Patricia Debollivier, directrice de l'ESA basée au Port, explique dans un entretien la "spécificité même des études en école d'art"... Même dans un centre dédié à l'étude de l'espace, celui-ci vient à manquer. Le maire de la commune, Olivier Hoarau, a annoncé lors de cette journée la création de nouveaux locaux pour l'école d'architecture qui partage ses ateliers avec l'ESA. De quoi renforcer encore le rayonnement de l'école d'art portoise.
L'école supérieure d'art de La Réunion a ouvert ses portes ce mercredi 10 février 2016 afin de faire découvrir aux futurs étudiants et à leurs parents les diverses formations que propose l'établissement. Patricia Debollivier, directrice de l'ESA basée au Port, explique dans un entretien la "spécificité même des études en école d'art"... Même dans un centre dédié à l'étude de l'espace, celui-ci vient à manquer. Le maire de la commune, Olivier Hoarau, a annoncé lors de cette journée la création de nouveaux locaux pour l'école d'architecture qui partage ses ateliers avec l'ESA. De quoi renforcer encore le rayonnement de l'école d'art portoise.

Quelles sont les filières d'études possibles à l'ESA ?

C'est une école supérieure d’art, on ne s’appelle plus école supérieure des Beaux arts. Depuis 2011 nous sommes devenus une école supérieure d’enseignement artistique, comme les 46 autres ESA du territoire national. Entrer à l'ESA vous implique sur un cursus qui va durer 5 ans. 3 ans à minima, vous prépare à un DNA ( diplôme national d’art), qui équivaut à un grade de licence. Si vous continuez deux ans supplémentaires, vous préparez un DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique), qui équivaut à un grade de master.

Ces diplômes ouvrent sur des débouchés divers avec comme voie principale celle de plasticien. C'est un métier lui même très large au niveau des contenus professionnels, qui ouvre aussi sur bien d’autres métiers des industries culturelles et créatives : designer, web-designer, commissaire d’exposition, régisseur, directeur artistique… Quand vous sortez avec ce DNSEP, et que vous souhaitez faire un métier très particulier qui demande une technicité, un savoir-faire très pointu, il y aura nécessité de faire une formation complémentaire.

Notre enseignement est généraliste et permet d’avoir un pannel très large de savoir-faire, mais qui ne permet pas d'acquérir des compétences pointus dans chaque domaine. On n’est pas une école de design,  de cinéma, ou d’architecture d’intérieur. Cependant, on offre aux étudiants la possibilité de travailler en design d’espace, design graphique mais aussi en vidéo, ou en photographie … On lui donne les outils pour développer sa recherche personnel en tant que futur plasticien.

Quelle est la différence entre votre école et l'ILOI (Institut de l'image de l'océan Indien sur le territoire de la commune du Port) ?

On va d'abord parler de points communs. Au niveau historique il est très clair que ce sont deux écoles qui sont nées d’une même matrice. L’école d’art est née en 1987 avec un acte de naissance qui correspondait à l’ouverture d’une année préparatoire aux écoles d’arts. Ensuite les étudiants allaient à Marseille ou dans d’autres écoles. Puis, au fur et à mesure, il y a eu la création de l’association, puis l’ouverture des deux années, puis celle de la 3ème année, puis de la 5ème année… de manière concomitante, Alain Sérafine qui est le penseur de ces deux écoles, a ouvert une école de formation professionnelle (nous, nous sommes dans l’enseignement supérieur) qui est l’ILOI. On y aborde les métiers de l’image, ouverts notamment sur les métiers du cinéma, de la vidéo, du dessin (Pipagaï), de la réalisation...

Les deux écoles sont forcément liées. Il y a eu un moment où il y a eu quelques tensions mais l'ILOI fera partie de nos partenaires et nous travaillons en bonne intelligence avec Alain Séraphine pour que nos deux établissements puissent continuer à se développer en créant des passerelles et en travaillant ensemble. Aujourd’hui, concevoir un outil culturel quel qu’il soit de façon isolée est impossible, l’idée c’est vraiment de travailler ensemble avec nos différences, nos complémentarités, et de fabriquer des richesses qui seront de toute façon au service des étudiants et de la population.

Combien d'élèves intègrent l'école chaque année pour combien de filières ?

Tous les ans c’est autour de 150, en ce moment, nous comptons précisément 139 inscrits. Disons que c'est une filière art avec diverses options. On dispense des diplômes en art et en expression plastique. Les trois ans qu'on dispense (DNA) option art ou design, si vous souhaitez continuer en design, vous devrez continuer dans une autre école du territoire national et le DENSEP, c'est option art, mention paysage. Les étudiants qui souhaitent développer leur projet de recherche sur la question du paysage peuvent le faire chez nous car nous avons vraiment axé l'ensemble de l'enseignement autour de ces questions liées au paysage, qui est lui-même une question extrêmement vive à La Réunion, qu'il s'agisse du paysage naturel, urbain, ou campagnard… Maintenant, les étudiant qui souhaitent plutôt travailler sur l'objet, le corps, ou d'autres problématiques, cet étudiant là n'est pas obligé de faire du paysage.

Quels sont les projets d'avenir de l'école ?

L'école est encore en phase de mutation donc nous sommes passés en 2011 du statut d'association à celui d'EPCC (établissement public de coopération culturelle). L'idée, c'est de consolider les équipes pour pouvoir donner à l'école une impulsion et la solidité nécessaire pour développer ses projets. Une des missions principales c'est d'être un trait d'union avec toutes les industries culturelles et créatives qui existent sur le territoire et qui sont en pleine expansion, de proposer aux étudiant une formation qui leur permette de s'inscrire dans ce champ professionnel et de s'inscrire dans le champ de l'innovation.

On est positionnés de manière stratégique dans ce champ-là. Qu'il s'agisse du territoire régional de La Réunion, qu'il s'agisse du territoire inter-régional dans la zone de l'océan Indien ou en lien avec les autres écoles nationales et européennes. On reçoit souvent des étudiants européens et on envoie nos étudiants à Cardiff à Oslow.. Nous avons 10 étudiants qui partent à la fin du mois en Afrique du Sud pour 3 mois d'immersion avant de revenir poursuivre leurs études. Les projets de l'école vont s'inscrire dans un territoire élargi sans oublier qu'on est encré dans une problématique très interessante qui est celle de La Réunion, territoire français européen dans l'océan Indien, mais aussi de donner cette impulsion d'ouverture au monde.

Comment intègre-t-on l'école ?

Vous entrez sur concours, nous n'avons pas seulement des étudiants issus d'un bac littéraire ou d'un bac art, nous avons pas mal d'étudiants qui ont fait un bac scientifique. Surtout, nous ne sommes pas obligés d'avoir le bac pour rentrer dans l'école. On peut s'inscrire avec l'engagement d'obtenir son bac l'année suivante, l'année de l'entrée dans l'établissement.

Combien d'inscrits pour le peu de places disponible ?

On refuse énormément de monde. Notre formation est unique puisque l'on délivre des diplômes européens dans l'océan Indien. Mais voilà, on est très contraints par l'espace, on n'a pas suffisament de locaux pour accueillir 300 étudiants. Tous les ans, on est obligé de refuser pas mal de monde pour pouvoir être à l'optimale aussi de notre enseignement… On est un peu frustrés là-dessus. On sait qu'on aurait la possibilité et l'envie d'ouvrir davantage l'école à des effectifs supérieurs, mais pour l'instant nous sommes obligés de rester raisonnables et de refuser du monde tous les ans. Quand on aura davantage de locaux... Puisque le maire de la commune du Port a annoncé l'ouverture de nouveaux bâtiment pour l'école d'architecture avec qui nous partageons les locaux... Ils seront profitables aussi à l'école d'art en terme d'ateliers…

www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Emma, Posté
Je désirerai une formation dans la photographie
Ludo, Posté
Ce n'est pas à coup de local plus grand que l'art ou son enseignement vont s'améliorer. Le problème de qualité de la formation est le grand bémol de l'école des Beaux Arts!
Sir Konflex, Posté
C'est joli, pour une école d'art, d'être "encré" dans une problématique... mais ça fait un peu tache ;-) Mieux vaudrait mouiller l'ancre sur le territoire.