Première visite ministérielle à La Réunion :

Ericka Bareigts : "Nous arrivons au bout de ce modèle post-colonial"


Publié / Actualisé
Ericka Bareigts est en visite à La Réunion ces vendredi 3 et samedi 4 mars 2016 en la qualité de secrétaire d'Etat chargée de l'égalité réelle. Après avoir rencontré des bénéficiaires d'une action favorisant l'accès aux droits sociaux à Saint-Pierre, et déjeuné avec les partenaires de l'action " Table effet mère " au Port, l'ancienne députée a été reçue à la mairie évoquant ses pistes de travail liées à sa nouvelle fonction au sein de gouvernement. Dans une interview, la secrétaire d'État évoque la loi sur l'égalité réelle outre-mer sur laquelle elle travaillera avec George Pau Langevin, ministre de l'outre-mer. Par ailleurs, Ericka Bareigts a rencontré en fin d'après-midi de ce vendredi, des élèves de terminale du lycée portois Jean Hinglo qui se préparent à intégrer Sciences Pô. Elle terminera sa visite à Saint-Denis ce samedi, par la répétition générale de Roméo é Juliette, pièce de théâtre de Lolita Monga à la Cité des Arts de Saint-Denis et se rendra au marché de nuit du chef-lieu.
Ericka Bareigts est en visite à La Réunion ces vendredi 3 et samedi 4 mars 2016 en la qualité de secrétaire d'Etat chargée de l'égalité réelle. Après avoir rencontré des bénéficiaires d'une action favorisant l'accès aux droits sociaux à Saint-Pierre, et déjeuné avec les partenaires de l'action " Table effet mère " au Port, l'ancienne députée a été reçue à la mairie évoquant ses pistes de travail liées à sa nouvelle fonction au sein de gouvernement. Dans une interview, la secrétaire d'État évoque la loi sur l'égalité réelle outre-mer sur laquelle elle travaillera avec George Pau Langevin, ministre de l'outre-mer. Par ailleurs, Ericka Bareigts a rencontré en fin d'après-midi de ce vendredi, des élèves de terminale du lycée portois Jean Hinglo qui se préparent à intégrer Sciences Pô. Elle terminera sa visite à Saint-Denis ce samedi, par la répétition générale de Roméo é Juliette, pièce de théâtre de Lolita Monga à la Cité des Arts de Saint-Denis et se rendra au marché de nuit du chef-lieu.

Pourquoi la notion de l'égalité réelle est-elle importante à La Réunion ?

La Réunion, comme beaucoup de territoires ultras-marins, est le territoire où il y a le plus d’inégalités sur tous les domaines, que cela soit éducatif, sur la santé, économiquement ou encore, survle chômage des jeunes et des moins jeunes…Nous sommes dans une situation hors norme, par rapport à la Nation, par rapport à l’Europe puisque nous avons le premier taux de chômage des jeunes européen.  Dans cette situation là, il y a des dispositifs, des lois, des lois santé, des lois contre les exclusions par exemple qui existent et qui portent leurs fruits. Elle ont des conséquences positives, mais il y a toujours les plus exclus des exclus, qui continuent à être exclus parce qu’ils n’arrivent à se connecter aux droits. C’est là que l’on intervient, par des initiatives qui font que l’on adapte les politiques publiques, nous les formatons un peu pour mieux s’adapter aux territoire et aux gens.

Quelles sont les trois grandes pistes de travail qui seront les vôtres dans les prochaines semaines ?

- Oui, d’abord il y a le comité interministériel de l’égalité et de la citoyenneté qui se réunit en avril. Je vais proposer un projet qui sortira,j’espère un peu de l’ordinaire, au Premier Ministre. Il aura pour but de montrer ce qui passe de positif sur le territoire. La deuxième chose c’est qu’il y a une loi égalité citoyenneté sur laquelle je vais intervenir pour une partie qui est importante parce qu’elle traite de tout ce qui est actes racistes, propos racistes, sexistes où on propose d’être un plus dur là-dessus.

On laisse un peu trop les choses passer là-dessus, d’ailleurs il y a eu un rapport qui pointe la France à ce sujet. Puis, il y un troisième sujet légal qui est important, c’est la loi sur l’égalité réelle outre-mer. Cela fait longtemps que l’on y réfléchit, on va y travailler bien sûr avec George Pau Langevin, mais cette idée sur la loi égalité réelle outre-mer, a pour but de dire qu’il faut changer les choses, profondément. Il faut changer de modèle, il faut que l’on réfléchisse autrement, qu’on fasse des programmes territoriaux avec l’État, mais que l’on arrive à se parler ici. Quelle société voulons-nous ? Quel rêve voulons-nous porter ? Voilà, c’est une loi qui va être une loi cadre, qui va porter ces principes et ces valeurs.

Vous avez dit que "nous sommes arrivés au bout du modèle de fin de période post-coloniale, et qu’il faut maintenant évoluer". Vers quoi évoluer et pourquoi ? 

On tourne la page d’un système qui est arrivé au bout puisque le système de base était celui de la sortie de la colonie :  en construisant les écoles, en construisant les lycées les collèges, les hôpitaux, on créait du travail tout simplement. Aujourd’hui nous sommes arrivés au bout de tout cela. On va rajouter une route, un bâtiment, mais ça ne créé pas l’activité économique. Le BTP du rattrapage, des grands travaux, ça ne créé pas de l’activité.

Maintenant nous avons deux pistes : la première c’est que nous devons faire une économie, non pas une économie qui se referme sur elle-même, mais une économie généreuse qui utilise les hommes et les femmes de ce territoire et qui leur offre des opportunités. La deuxième chose c’est que nous avoir enfin une île qui en plus d’être tournée vers l’Europe, en plus d’être tournée vers l’Hexagone se tourne vers les pays de la zone. Cela fait des années qu’on le dit. On n’y arrive pas, on ne l’a pas fait mais maintenant je crois que l'on n’a plus le choix. Il faut faire ce choix là.

Vous avez reçu un accueil très chaleureux et vous avez demandé aussi un allègement de votre cordon de sécurité…

Oui parce que bon, il y a les protocoles… Moi je me plie au protocole minimum. Mais voilà je suis à La Réunion, je peux pas être plus que le minimum, ça ne me va pas. Nous sommes ici à La Réunion, les gens ont une expression, ils l’expriment, et on est aussi là pour entendre les choses, sinon on vient pas sur le terrain. on s’enferme. Je vais faire beaucoup de terrain ici comme ailleurs parce qu’il n’y a que sur le terrain que l’on voit les choses. Après c’est du papier, c’est de la théorie, ça n’est pas palpable. Il faut toucher, il faut comprendre…

Que pensez-vous de la fermeture totale de la route du littoral ?

Il faut que ça se passe aussi vite que possible parce que derrière c’est aussi de l’argent. Cela a un coût, mais aussi vite que possible c’est aussi ne pas faire n’importe quoi. Je pense que ceux qui ont des responsabilités ne font pas n’importe quoi. Il faut veiller à l’environnement mais aussi à la sécurité. Là il y a le problème de cette route mais il y a aussi surtout l’insécurité pour l’autre route. Mais bon, nous qui sommes réunionnais, nous savons que cela a rythmé notre vie économique, et ça aussi, il serait temps que cela change.

www.ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Aterla, Posté
Bon je vais rajouter mon grain de sel:
"nous sommes arrivés...
au bout du modèle...
de fin de période...
post-coloniale, ...
et qu’il faut maintenant évoluer"

Pas mal de redondance littéraire pour dire que ça doit changer.
Espérons que les actes (positifs) suivront.
ErikA, Posté
apres c l autonomie democratique et populaire.......dis ouvertement mme la depute...
Tagoun, Posté
J'ai pas compris ! elle était à la Réunion jusqu'à ces derniers temps et elle revient en voyage officiel pour se rendre compte des problèmes.....c'est X-FILES un monde parallèle ou quoi ?