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Sécurité sociale étudiante : la réforme peine à convaincre


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Dès septembre 2018, les nouveaux étudiants ne seront plus concernés par la Sécurité sociale étudiante qui reste, en revanche, le régime d'assurance des " anciens " étudiants jusqu'au 31 août 2019. La nouvelle mesure a pu paraître dans un premier temps une bonne nouvelle. Mais alors que les inscriptions en fac vivent leur dernière ligne droite, ça déchante dans les rangs des potaches.
Dès septembre 2018, les nouveaux étudiants ne seront plus concernés par la Sécurité sociale étudiante qui reste, en revanche, le régime d'assurance des " anciens " étudiants jusqu'au 31 août 2019. La nouvelle mesure a pu paraître dans un premier temps une bonne nouvelle. Mais alors que les inscriptions en fac vivent leur dernière ligne droite, ça déchante dans les rangs des potaches.

Les nouveaux étudiants restent donc affilés à leur régime actuel, en général celui de papa et maman. Le bon côté, c’est que ce sont des paperasses en moins. Et, en principe, un peu moins de dépense aussi. " Juste en principe, tempère Samantha Pothin, la présidente de l’UNEF Réunion. Parce que les étudiants non boursiers doivent maintenant s’acquitter d’une cotisation CVEC (ndlr, Contribution Vie Etudiante et Campus) et qu’ils doivent aussi souscrire une mutuelle, qui n’est pas dédiée spécifiquement aux besoins ni adaptée aux moyens des étudiants. Ceci étant, tous les étudiants ne sont pas soumis à l’obligation de souscrire une mutuelle. Et certaines aides sont possibles, comme la CMU-C ou l’ACS (aide au paiement d’une complémentaire santé).

Moins d'autonomie et de prévention

Néanmoins, pour Samantha Pothin, la réforme a beaucoup de mauvais côtés. Notamment celui de maintenir la dépendance aux parents alors que la période estudiantine est une première prise d’autonomie. " Cela peut être très pénalisant pour certains étudiants. Certaines addictions, certaines évolutions de vie comme la prise d’une contraception, certains traitements peuvent être connus des parents alors que l'étudiant ou l'étudiante ne le souhaite pas. "

La représentante de l’UNEF souligne aussi l’importance du travail d’information et de prévention qu’effectuaient les mutuelles étudiantes sur le terrain, avec des actions de dépistage, des distributions de préservatifs et autres campagnes de sensibilisation ou d’accompagnement au voyage. " Les mutuelles générales ne prendront pas le relais et n’effectueront pas ce travail de pair à pair qui faisait la force de ce système de protection sociale ", regrette Samantha Pothin.

La présidente de l’UNEF appréciait notamment les propositions personnalisées des mutuelles étudiantes, par packs adaptés : " Un étudiant sans problème de vue ne se voyait pas proposer une prise en charge pour des lunettes par exemple, celui qui allait en stage à l’étranger avait un pack spécifique voyage, c’était une mutuelle à la carte, qui contenait aussi une assurance responsabilité civile obligatoire pour les stages, ce qui n’est pas le cas des mutuelles classiques ", conclut Samantha Pothin.

Pour mieux répondre aux besoins des étudiants, l’UNEF Réunion espère que des discussions pourront être possibles au niveau national avec le ministère de la Santé et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dès la rentrée, alors que les organisations syndicales étudiantes n’ont pas été associées, l’an dernier, à la décision de mettre hors jeu la sécurité sociale étudiante.  

ml/www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

Toto, Posté
Euuuuuuuhhhh ca ne genes personne chez les journalistes que l'UNEF s'exprime sur un tel sujet... ?????

Parce que l'UNEF avait quand meme la main sur la plus grosse mutuelle étudiante obligatoire... donc ca m'étonne pas qu'ils fassent tout pour décrédibiliser la réforme...

Faudrait peut etre en parler un peu non?