Plus de 1600 séismes à Mayotte depuis 10 mois :

Une étude pour comprendre l'origine des tremblements de terre


Publié / Actualisé
Depuis mai 2018, Mayotte connaît une crise sismique importante. Plus de 1600 séismes ont eu lieu à l'est de l'île dont 29 avec une magnitude supérieure à 5 sur l'échelle de Richter. Depuis le 23 février 2019, plusieurs missions à terre et en mer sont coordonnées par le CNRS, avec le soutien du BRGM, de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), de l'IGN, de l'Ifremer et du ministère de la Transition écologique et solidaire, pour tenter de découvrir les causes de cette activité sismique. Six balises sont immergées et les résultats sont attendus d'ici six mois. L'État a débloqué un budget de 420 000 euros pour financer une opération en trois phases sur les côtes de Mayotte, mais aussi en métropole et sur les Îles Glorieuses.
Depuis mai 2018, Mayotte connaît une crise sismique importante. Plus de 1600 séismes ont eu lieu à l'est de l'île dont 29 avec une magnitude supérieure à 5 sur l'échelle de Richter. Depuis le 23 février 2019, plusieurs missions à terre et en mer sont coordonnées par le CNRS, avec le soutien du BRGM, de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), de l'IGN, de l'Ifremer et du ministère de la Transition écologique et solidaire, pour tenter de découvrir les causes de cette activité sismique. Six balises sont immergées et les résultats sont attendus d'ici six mois. L'État a débloqué un budget de 420 000 euros pour financer une opération en trois phases sur les côtes de Mayotte, mais aussi en métropole et sur les Îles Glorieuses.

La mission se nomme "Tellus Mayotte" et a été présentée mercredi 27 février par l'équipe de l'Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP) à la préfecture de Mayotte. Cette étude est menée pour définir les causes de l'essaim de séismes à proximité. Au total depuis mai 2018, plus de 1600 séismes ont eu lieu, dont 29 avec une magnitude supérieure à 5. "Il y a eu une période intense entre mai et juin 2018, dont un séisme de 5,8 le 15 mai. L'activité est stable et constante depuis septembre" indique Frédéric Tronel, le Directeur du BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) de Mayotte.

Un financement de 420 000 euros

Les partenaires de ce projet sont nombreux : CNRS (Centre national de la recherche scientifique), avec le soutien du BRGM, de l'Institut de physique du globe de Paris (IPGP), de l'IGN (Institut géographique national), de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) et le ministère de la Transition écologique et solidaire. C'est un projet qui se déroule en trois phases. Avec la coordination de 11 laboratoires et 44 chercheurs, enseignant-chercheurs, ingénieurs et techniciens.

3 phases pour le projet

La première phase est le déploiement de sismomètres fond de mer. Au nombre de six, ils sont déployés directement au fond de l'océan "dans une zone prédéfinie en amont" selon M. Tronel. La pose a été réalisée entre le 23 et le 25 février, les balises ont été larguées les unes après les autres avec une distance comprise entre 20 et 60 km de Mamoudzou et à une profondeur comprise entre 1600 et 3520 mètres. "Ce dispositif est mis en place pour une durée maximale de six mois" précise le directeur du BRGM de Mayotte.

Dès la semaine prochaine, la seconde phase sera lancée. Il s'agit d'un déploiement d'instruments à Mayotte. Plus précisément des stations sismologiques et des stations GNSS (Global Navigation Satellite System) de haute précision sur plusieurs communes à Grande Terre et Petite Terre.

Enfin la troisième phase est l'installation d’une nouvelle station géophysique aux îles Glorieuses. Pour cette mission, c'est l'observatoire du Piton de la Fournaise (OVPF) qui sera en charge de cette mission. Il s'agit d'une opération délicate, car les Glorieuses ne sont pas habitées, seuls les militaires français et les scientifiques sont autorisés à rester. Une relève est réalisée tous les 45 jours. "Il faudra rester 18 heures sur place pour installer le matériel" explique Philippe Kowalski directeur adjoint de l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise. Cette installation sera organisée le 11 et 12 mars avec les TAAF (Terres australes et antarctiques françaises). Cette station ne fournira pas des données en direct, cependant les scientifiques pourront récupérer les données d'un signal intéressant lors d'un séisme. Elles seront récupérées sur place lors des relèves de personnel sur l'île.

Ce projet scientifique est mis en place pour améliorer la connaissance. "On ne sait pas trop ce qu'il se passe au fond" indique Frédéric Tronel. Il est donc nécessaire de rassembler des données, les analyser et peut-être à terme de pouvoir organiser une prévention des risques à l'attention de la population de Mayotte. "L'objectif du projet scientifique est d'améliorer la connaissance" conclue Philippe Kowalski.

jb/www.ipreunion.com

   

Votre avis nous intéresse, soyez le premier à vous exprimer !