Méconnaissance, incitation à la haine et au communautarisme :

Comment reconnaître un islamiste radical, demandez à Castaner


Publié / Actualisé
Après la tuerie de la préfecture de Paris, Christophe Castaner a, à plusieurs reprises, listé les "signes de radicalisation". Des signes, qui, selon lui, sont censés alerter les citoyens qu'une personne glisse vers un islamisme radical. Parmi ces indices, le ministre de l'Intérieur a cité "le port de la barbe", "le refus de faire équipe avec une femme" ou une pratique religieuse rigoriste particulièrement exacerbée en période de ramadan ". Ces propos ont fait réagir. Avec humour sur les réseaux sociaux mais aussi créent des craintes.
Après la tuerie de la préfecture de Paris, Christophe Castaner a, à plusieurs reprises, listé les "signes de radicalisation". Des signes, qui, selon lui, sont censés alerter les citoyens qu'une personne glisse vers un islamisme radical. Parmi ces indices, le ministre de l'Intérieur a cité "le port de la barbe", "le refus de faire équipe avec une femme" ou une pratique religieuse rigoriste particulièrement exacerbée en période de ramadan ". Ces propos ont fait réagir. Avec humour sur les réseaux sociaux mais aussi créent des craintes.

Christophe Castaner semble être un fin limier, de ceux qui mènent rendement leurs enquêtes. Mickael Harpon, l’agent qui a tué quatre fonctionnaires de police le jeudi 3 octobre dernier est passé sous les radars alors qu’il travaillait dans l’une des administrations les plus sécurisées de France. L’homme de 45 ans se serait radicalisé ces dernières années sans que personne ne s’en rende compte.

Pour que cet événement tragique ne se reproduise pas, le ministre de l’Intérieur a jugé bon de donner les " signes de radicalisation " qui, selon lui, permettraient de repérer ces musulmans qui basculent vers l'islamisme radical. " Une pratique religieuse rigoriste particulièrement exacerbée en période de ramadan " " le port de la barbe " " qu’il fasse la bise ou qu’il ne la fasse plus "  " est-ce que l’individu accepte de faire équipe avec une femme ou pas " " est-ce qu’on a la présence d’hyperkhératôse au milieu du front, c’est la tabaâ ", " le port du voile intégral en dehors du travail ",

Bien évidemment, cette liste non exhaustive (et heureusement) de Christophe Castaner a été tournée en ridicule sur les réseaux sociaux avec les #BalanceTonMusulman et #SignaleUnMusulman.

Mis à part ces traits d’humour, le discours du ministre a de quoi inquiéter. Le collectif contre l’islamophobie en France s’indigne " nous assistons aujourd’hui à une criminalisation progressive de la religion musulmane, et à un glissement indéniable de la lutte contre la radicalisation vers une lutte nationale contre l’islam ".

Depuis les attentats de Charlie Hebdo, de Paris et de Nice, il ne fait pas bon d’être musulman en France. Les regards en coin, la suspicion, le jugement… C’est une réalité.

Ce qui pose question, c’est quand un ministre, qui plus est, de l’Intérieur donne une liste complètement folklorique pour reconnaître un " méchant musulman ", celui qui pourrait passer l’acte terroriste. Quand un ministre de l’Intérieur pointe du doigt une communauté, invite les Français à se méfier, quand le climat de suspicion ambiant est alimenté par un ministre. Quand l’islamophobie devient systémique.

Ce que l’on comprend surtout, c’est la totale méconnaissance de l’exécutif sur sa population, plus précisément, la communauté musulmane. La barbe est à la mode en France depuis une dizaine d’années. Lorsque Christophe Castaner donne ce signe pour reconnaître une personne radicalisée, il oublie qu’il porte, lui même, une barbe. Quand on s’appelle Christophe, ça passe mais quand on s’appelle Mohamed, là c’est suspect.

Ne plus faire la bise ou refuser de faire équipe avec une femme. Comportement sexiste de base. Christophe Castaner fait l’amalgame entre sexisme et islamisme radical. Les non musulmans qui refusent de faire équipe avec une femme sont " juste " misogynes, les musulmans qui font exactement la même chose, eux, sont radicalisés.

Chaque argument cité par le ministre de l’Intérieur est démontable. Ce discours sur les " signes de radicalisation " traduit une profonde méconnaissance de la communauté musulmane, encourage également ceux qui sombrent vers l’islamophobie et incite le repli sur soi d’une communauté sur laquelle on ne cesse de jeter l’opprobre.

fh / www.ipreunion.com / redac@ipreunion.com

   

3 Commentaire(s)

Gueénec, Posté
Je dénonce le Ministre de l'intérieur ( de plus en plus a l'exterieur ) il porte la barbe
CHABAN, Posté
Je trouve que castaner se radicalise. Dans SA tradition française, dois-je le dénoncer ?
MÃ'véLang, Posté
D'après moi, chacun voit les terroristes où il y en voit, du moment qu'il en a la tête, , par exemple, quand je regarde le castaner, j'en vois bien un