Semaine de la sécurité des patients :

La Réunion particulièrement exposée au risque d'émergence de résistances bactériennes


Publié / Actualisé
La semaine de la sécurité des patients (SSP), qui se tient du 18 au 24 novembre 2019, est une opération annuelle qui a pour objectif de sensibiliser l'ensemble des publics aux enjeux de la sécurité des soins et de favoriser un dialogue entre usagers/patients et professionnels de santé. Cette année, la SSP s'inscrit dans le cadre de la semaine mondiale de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, l'occasion de promouvoir le bon usage des antibiotiques pour contribuer à lutter contre l'antibiorésistance, véritable fléau de santé publique.
La semaine de la sécurité des patients (SSP), qui se tient du 18 au 24 novembre 2019, est une opération annuelle qui a pour objectif de sensibiliser l'ensemble des publics aux enjeux de la sécurité des soins et de favoriser un dialogue entre usagers/patients et professionnels de santé. Cette année, la SSP s'inscrit dans le cadre de la semaine mondiale de sensibilisation au bon usage des antibiotiques, l'occasion de promouvoir le bon usage des antibiotiques pour contribuer à lutter contre l'antibiorésistance, véritable fléau de santé publique.

Durant cette semaine de mobilisation, le Centre de Prévention des Infections Associées aux Soins de l’océan Indien (CPIAS), avec le soutien de l’ARS Océan Indien et le CHU de La Réunion, organisent des actions de sensibilisation pour les professionnels de santé et le grand public.

  • L’antibiorésistance, un problème majeur de santé publique

Depuis des décennies, les antibiotiques ont permis de sauver la vie de millions de personnes. Mais l’usage abusif et trop souvent incorrect des antibiotiques contribue au développement et à la dissémination de bactéries qui deviennent de plus en plus résistantes aux antibiotiques. La résistance aux antibiotiques devient ainsi progressivement un problème majeur de santé publique pour la France et dans le monde entier.

En France, l’antibiorésistance est la cause de plus de 5 000 décès par an chez des patients atteints d’infections à bactéries résistantes et plus de 120 000 patients par an développent une infection liée à une bactérie résistante, selon une étude du centre européen de prévention et contrôle des maladies. A l’échelle mondiale, les résistances microbiennes seraient responsables de 700 000 morts par an. Si rien ne change, les maladies infectieuses d’origine bactériennes pourraient redevenir en 2050 une des premières causes de mortalité dans le monde.

  • L’antibiorésistance, une problématique bien présente à La Réunion

La Réunion est particulièrement exposée au risque d’émergence de résistances bactériennes, un risque accentué par la prise en charge régulière de patients en provenance des îles voisines où ce phénomène semble encore plus important. En 2018, Réunion-Mayotte reste une des régions avec les taux les plus élevés d’entérobactéries multirésistantes, et ce taux continue d’augmenter, même si la courbe tend à s’amortir. La consommation globale d’antibiotique, en 2018, poursuit également son augmentation dans tous les secteurs de courts séjours (médecine, chirurgie et gynéco-obstétrique).

  • Un objectif : rappeler le bon usage des antibiotiques

Le développement de l’antibiorésistance est essentiellement au mauvais usage et à la surconsommation des antibiotiques en santé humaine et animale. L’édition 2019 de la semaine de la sécurité des patients est donc l’occasion de rappeler aux professionnels de santé et au grand public l’importance d’une l’utilisation raisonnable et à bon escient des antibiotiques.

En effet, les antibiotiques ne sont pas actifs contre les virus. A titre d’exemple, ils n’ont pas d’effet sur le rhume, sur la grippe et dans 75 à 90 % des cas d’angine chez l’adulte. En cas de maladies virales courantes, la guérison survient naturellement en 1 à 2 semaines, sans antibiotiques. Seul un médecin pourra faire le bon diagnostic et décider si son patient a effectivement besoin d’un traitement antibiotique et déterminer lequel est le plus pertinent.

  • Des actions d’information et de prévention organisées à La Réunion

Pendant toute la semaine de la sécurité du patient, les établissements de santé et les partenaires organisent des évènements pour promouvoir les bons gestes de prévention auprès de leurs personnels et du grand public.

18 novembre : Un colloque à l’attention des professionnels de santé

L’ARS Océan Indien en partenariat avec le CPIAS OI, organise le lundi 18 novembre 2019 à partir de 8h30 à l’hémicycle du Conseil Départemental, un colloque à l’attention des professionnels de santé (établissements de santé, ordres et unions régionales des professionnels libéraux) pour présenter la situation de la problématique de l’antibiorésistance à la Réunion, rappeler les pratiques de bon usage des antibiotiques et présenter les actions et projets développés localement visant à promouvoir ces bons usages.

20 novembre : Une animation grand public

Le CPIAS OI, soutenu dans cette démarche par l'ARS OI et le CHU de La Réunion, organise une journée de sensibilisation au risque que représente un mauvais usage des antibiotiques. Le public pourra participer tout au long de la journée à la lutte entre bactéries et antibiotiques au travers de différents jeux et animations, avec des lots à gagner...

Jeunes, séniors, parents, enfants, professionnels de la santé, de l'agriculture pourront rencontrer des professionnels spécialisés dans les maladies infectieuses, pour poser des questions, écouter des interviews, découvrir ce qu'est l'antibiorésistance, son évolution et que faire pour la contrer.

Clinifutur, l'ASDR, l'ARAR et les Carabins de Bourbon se sont associés à cette démarche, aux côtés du CPIAS OI, pour permettre au grand public de découvrir comment chacun, à son niveau, peut jouer un rôle pour préserver l'efficacité de nos antibiotiques.

Cette manifestation aura lieu le mercredi 20 novembre de 10h à 15h au Jardin de la Plage à Saint-Pierre

   

1 Commentaire(s)

SOWETO, Posté
Il faut aller voir du coté de l'URCOOPA qui vend des aliments pour bétail, volailles, cochons, lapins... qui sont tous additionnés des antibiotiques ce qui créent les antibiorésistances chez les réunionnais. Pas la peine de chercher ailleurs.