Requins - Lettre ouverte :

Shark Angels répond à la polémique


Publié / Actualisé
Dans un communiqué, Florentine Leloup-Meunier, présidente Shark Angels France, association qui ?uvre pour la protection des requins, répond à la polémique sur les requins. Restée impartiale "avec une volonté de rassembler les forces afin de remédier sagement au problème", elle affirme que "cela c'est avéré impossible en raison de l'acharnement de quelques personnes". "De menaces en insultes, il devient impossible pour quiconque, ONG, journalistes, particuliers, d'être un tant soit peu en désaccord avec les personnes qui prônent pêches préventives et drums lines, qu'elle qu'en soit la raison", souligne-t-elle. Nous publions des extraits de sa lettre ouverte.
Dans un communiqué, Florentine Leloup-Meunier, présidente Shark Angels France, association qui ?uvre pour la protection des requins, répond à la polémique sur les requins. Restée impartiale "avec une volonté de rassembler les forces afin de remédier sagement au problème", elle affirme que "cela c'est avéré impossible en raison de l'acharnement de quelques personnes". "De menaces en insultes, il devient impossible pour quiconque, ONG, journalistes, particuliers, d'être un tant soit peu en désaccord avec les personnes qui prônent pêches préventives et drums lines, qu'elle qu'en soit la raison", souligne-t-elle. Nous publions des extraits de sa lettre ouverte.
La forme utilisée pour la communication d'une ONG revêt une importance capitale. Cependant, c'est le fond du problème à traiter qui reste ma priorité. Si la forme employée pour traiter la situation relative aux requins de La Réunion a exacerbé bien des sensibilités, le fond de la situation, en revanche, n'a pas l'air d'inquiéter grand monde. Une étude est en cours, qui vise à mieux connaître les requins croisant le long des côtes réunionnaises, mais des plages sont toujours fermées, des gens toujours en colère, et les débats n'apportent aucune solution durable.

Alors, pendant que d'aucuns appliquent le fameux "diviser pour mieux régner", et si le débat doit ainsi tourner autour des sensibilités humaines, peut-être devrais-je moi aussi m'indigner, taper du pied, demander que des "mesures" soient prises, réclamer réparation et dédommagement au nom de mon ego mortifié suite à de récentes publications de la part de personnes se présentant comme "un groupe de citoyens concernés par la protection de la biodiversité" à La Réunion: les "Irreverseables".

Il y a quelques jours, je découvre un nouveau groupe Facebook dont l'objectif affiché est d'insulter Lamya Essemlali, la présidente de l'antenne française de l'ONG Sea Shepherd. Quel n'est pas mon étonnement lorsque j'y vois une publication me concernant. Nous voilà toutes les deux faisant l'objet d'un "bachelor", ou il est question d'en "prendre" une et de choisir ce qu'on fait de l'autre (...)

Certaines personnes, abritées derrière un clavier, ont fait une habitude de ce type de propos sexistes et insultants, qui m'exaspèrent en tant que femme. (...)

Ce "groupe de citoyens concernés par la biodiversité" m'a dernièrement demandé de clarifier officiellement mon point de vue quant à l'intervention de Sea Shepherd au début de la crise requin. La principale critique formulée à l'intention de l'ONG portait sur la manière dont elle a communiqué, ce qui me paraît ironique de la part d'individus s'abaissant à de tels comportements. Je leur réponds en réorientant le débat, afin de pouvoir enfin parler de biodiversité.

J'ai cofondé Shark Angels France avec l'envie et l'objectif de travailler main dans la main avec les personnes et organisations qui ont le même but que moi, or Lamya Essemlali fait partie de ces personnes. Ce choix reflète une évidence : aujourd'hui le travail à accomplir afin de protéger les requins est titanesque. Ils sont victimes d'une image désastreuse et leur massacre est plus qu'ignoré dans la majeure partie du monde. Ils sont méconnus, détruits par ignorance, et les écosystèmes marins qu'ils entretiennent depuis plus de 430 millions d'années s'effondrent localement avec eux. (...)

Voici donc ma position : l'égocentrisme, le mensonge, la recherche de profit personnel n'ont pas leur place au sein des ONG, et n'ont de place nulle part quand il s'agit de protéger ce dont nous avons besoin ou ce que nous aimons !

Quant au clivage "écolos-bobos" / "gens normaux" que cela peut entraîner, il est absurde et néfaste pour l'avenir des océans et des communautés qui en vivent. Ce clivage est archaïque et fictif, il est contre-productif et ceux qui l'utilisent dans un sens comme dans l'autre n'ont simplement pas compris le travail de fond qui est absolument nécessaire à toute évolution positive pour la préservation de notre environnement et de sa biodiversité. La protection des océans et la préservation des espèces est aujourd'hui un sujet des plus graves et importants, et celui qui dit servir ce but et insulte ses voisins se ment à lui-même et ment à la société qui l'entoure. Nous ne pourrons rien protéger du tout, ni l'Homme ni le requin, tant que subsisteront ces guerres aussi stupides qu'énergivores.

Je me permet de citer ici Eliado Fernandez-Galiano, Chef de l'Unité de la Diversité biologique du Conseil de l'Europe: "Concernant le cas du Requin bouledogue à la Réunion, je me demande s'il ne serait pas judicieux d'examiner en détail d'autres cas similaires d'attaques excessives de requins qui ont eu lieu au Brésil et en Somalie. Dans ces cas, les solutions choisies (avec des résultats encourageants) ont été de supprimer des activités industrielles qui provoquaient des rejets de substances organiques à la mer. Le Conseil de l'Europe n'est pas en faveur -ou contre- l'utilisation des drumlines. Il appartient au Gouvernement français de choisir les solutions et méthodes qui lui semblent les plus appropriées".

Aujourd'hui à La Réunion, il reste un énorme travail autour des facteurs pollution, exploitation du littoral et prévention par la connaissance des requins. Toutes les parties prenantes doivent se réunir sous le signe de la positivité et de la complémentarité des compétences afin de pouvoir répondre au signal d'alarme de 2011, et elles doivent mettre de côté leurs différends en faisant table rase des erreurs passées pour qu'enfin il soit possible d'avancer".
   

2 Commentaire(s)

La bonne blague !, Posté
Présidente d'une association qui existe depuis 2 mois...
Elle a tellement besoin de se voir que bientôt elle fera comme Paris Hilton ?
Léo , Posté
c'est bien dit ,qui sont ces adolescents qui tapent des pieds et des mains en hurlant ? A cause d'eux le littoral ouest est fermé ! ce sont les soubresauts de ces "groupes de jérémiades " qui ont amené le préfet à confisquer les plages par arrêté préfectoral.