Après l'attaque mortelle d'un requin sur un bodyboarder :

H. Bello écrit au Premier ministre et annonce la suspension des vigies requins


Publié / Actualisé
Dans un courrier adressé au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et rendu public ce samedi 11 mai 2013 après-midi, Huguette Bello, députée-maire de Saint-Paul, annonce la décision de la commune saint-pauloise de "suspendre l'action de sécurisation des activités nautiques qu'elle assure avec les vigies sous-marines". La décision, dit la députée-maire a été prise "dans l'attente d'une décision du Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requin à La Réunion et en commun accord avec l'Association Prévention Risque Requin à la Réunion (PRR). La commune saint-pauloise réagit ainsi à la suite de l'attaque mortelle d'un requin sur un bodyboarder ce mercredi sur le spot des Brisants à Saint-Gilles. Huguette Bello demande aussi au Premier ministre que "les compagnies aériennes diffusent des informations sur les conditions de pratiques des activités nautiques à leur arrivée dans l'île". Nous publions ci-après l'intégralité du courrier de la députée-maire
Dans un courrier adressé au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et rendu public ce samedi 11 mai 2013 après-midi, Huguette Bello, députée-maire de Saint-Paul, annonce la décision de la commune saint-pauloise de "suspendre l'action de sécurisation des activités nautiques qu'elle assure avec les vigies sous-marines". La décision, dit la députée-maire a été prise "dans l'attente d'une décision du Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requin à La Réunion et en commun accord avec l'Association Prévention Risque Requin à la Réunion (PRR). La commune saint-pauloise réagit ainsi à la suite de l'attaque mortelle d'un requin sur un bodyboarder ce mercredi sur le spot des Brisants à Saint-Gilles. Huguette Bello demande aussi au Premier ministre que "les compagnies aériennes diffusent des informations sur les conditions de pratiques des activités nautiques à leur arrivée dans l'île". Nous publions ci-après l'intégralité du courrier de la députée-maire

"Monsieur le Premier Ministre,

Il y a deux jours, un jeune touriste de 36 ans en vacances à la Réunion a perdu la vie après avoir été attaqué par un requin alors qu’il surfait à Saint-Gilles. Ce nouveau drame intervient alors que, depuis 2011, le littoral de Saint-Paul a subi sept attaques de requins dont trois mortelles. Face à cette situation et à ces drames, la municipalité saint-pauloise a souhaité la concertation la plus large possible avec l'ensemble des acteurs afin de définir des solutions susceptibles de limiter les risques liés à la présence de requins à proximité du littoral réunionnais.

Ainsi, dès le 25 juillet 2011, la ville de Saint-Paul, l'État, la Région et les principaux usagers de la mer se sont réunis en vue d'élaborer une approche partagée de ce phénomène et pour envisager ensemble les mesures pouvant réduire les risques et, par là même, protéger les usagers de la mer. Pour contribuer à la gestion du risque requins, la commune de Saint-Paul a pris plusieurs initiatives dans le domaine de la signalétique (mâts, flammes, panneaux), des filets, des matériels de sauvetage (planches, scooter, moteur), de l'équipement des sauveteurs et des observateurs requins, du matériel de surveillance (chaises, aquascope), des bornes d’appel d'urgence... Pour l’année 2011, ces équipements ont représenté une dépense complémentaire de l'ordre 200 000 euros.

En 2012, notre commune a fait l'acquisition de nouveaux moyens nautiques pour un montant de près de 100 000 euros. Leur financement a été notamnent assuré par les fonds (35 000 euros) de la réserve parlementaire qui m’a été attribuée pour 2012. De plus, nous avons mis en place des filets spéciaux destinés à protéger les zones de baignade. Cet outil de sécurisation a représenté un investissement de 50 000 euros.

Ces actions sont indispensables à l'optimisation de la surveillance et à celle des secours sur nos zones de baignade surveillée. La gestion du risque requins fait également l'objet d’études scientifiques. Ces études CHARC doivent déboucher sur des préconisations précises en termes de sécurisation.

Dans l'attente de ces résultats et préconisations, il nous apparaît nécessaire d’envisager de nouvelles pistes que nous souhaitons porter à votre connaissance. D’abord sur l'information des usagers. Nous avons déjà mis en place sur les plages et les sites de pratique des activités nautiques, la signalétique nécessaire à l'information sur le risque requin en direction des usagers. Toutefois, pour une meilleure prise de conscience des visiteurs se rendant à la Réunion, il nous semble nécessaire que les compagnies aériennes diffusent des informations sur les conditions de pratiques des activités nautiques à leur arrivée dans l’île.

Depuis le début de l'année, en liaison avec l'association Prévention Requin Réunion, nous avons mis en place un dispositif de sécurisation de la pratique du surf libre avec des vigies marines. Ces vigies ont permis aux usagers de pratiquer deux fois par semaine, dans les meilleures conditions de sécurité possible, une activité forcément atteinte par les derniers événements.

D’un avis unanime, ce dispositif de surveillance a fait ses preuves et a permis de relancer la filière surf mais aussi les activités économiques de la station balnéaire. Selon les déclarations du Préfet de la Réunion, l'État ne souhaiterait plus assurer, pour l'année 2013, le financement des contrats aidés correspondant à l'embauche des vigies marines.

Cette décision a donné lieu à un échange, le 17 janvier dernier, avec le Préfet de la Réunion. Au cours de cette rencontre, nous avons souhaité que le maintien des vigies marines soit complété par un dispositif actif de réduction du risque, à savoir la pose de palangres de surface ou "drum-lines". À ce jour, les discussions en cours lors des réunions du Comité Opérationnel de Réduction du Risque Requin à la Réunion (CO4R) n’ont toujours pas abouti sur cette question.

Dans l'attente d’une décision du CO4R et en commun accord avec l’Association Prévention Risque Requin à la Réunion (PRR), la commune de Saint-Paul a donc décidé de suspendre l'action de sécurisation des activités nautiques qu’elle assure avec les vigies sous-marines.

La concrétisation de ce dispositif actif de réduction du risque requins sur notre littoral pourrait passer, dans un premier temps, par l'installation, à titre expérimental, des "drum-lines" sur les sites de Boucan-Canot et des Roches-Noires. Loin de remettre en cause les études CHARC en cours, ce dispositif permettra d'accélérer les décisions quant à la levée des interdictions de commercialisation du requin liées à la ciguatera. Il contribuera aussi, à l'image des résultats obtenus dans d’autres pays, à une réduction du risque requins dans la zone.

L'émotion suscitée par ces attaques mortelles de requins sur le littoral réunionnais sans oublier leurs conséquences notables sur l'économie touristique de La Réunion nous incite à vous faire part de ces propositions"

Huguette Bello, députée-maire

   

1 Commentaire(s)

Oil, Posté
Pour pêcher et tuer les requins je vous préconise d'utiliser tout les membres du PRR.