Jean-Bernard Galvès met en cause la présence d'une drumline à l'Étang-Salé :

"On a appâté tout près du lieu de l'attaque pendant plusieurs mois"


Publié / Actualisé
D'après Jean-Bernard Galvès, président de Requins Intégration et porte-parole d'un collectif d'associations environnementales, une drumline aurait été placée et appâtée pendant plusieurs mois "à quelques dizaines de mètres" de l'endroit où un requin tigre a mortellement attaqué la jeune Talon Bishop à l'Étang-Salé. Cela confirmerait, selon lui, la dangerosité pour les usagers de ce système de pêche utilisé dans le cadre du programme Cap Requins.
D'après Jean-Bernard Galvès, président de Requins Intégration et porte-parole d'un collectif d'associations environnementales, une drumline aurait été placée et appâtée pendant plusieurs mois "à quelques dizaines de mètres" de l'endroit où un requin tigre a mortellement attaqué la jeune Talon Bishop à l'Étang-Salé. Cela confirmerait, selon lui, la dangerosité pour les usagers de ce système de pêche utilisé dans le cadre du programme Cap Requins.

Selon vous, les drumlines et leurs appâts sont-elles responsables de la forte présence de requins observée ces jours derniers à l'Étang-Salé ?

"Oui, les pêcheurs se sont mis à beaucoup appâter lors des opérations post-attaque et ils nous disent : on a à la fois des tigres, des bouledogues, on n’y comprend plus rien, on est dans une situation qui nous fait peur... Ils ont joué les apprentis sorciers en appâtant comme ça et ils sont en train d’avoir une situation qu’ils ne contrôlent plus. Et il y a un point qu’il appartiendrait peut-être à la gendarmerie de creuser, sur la demande du maire ou du préfet, c’est qu’il se dit que dans les mois qui ont précédé cette attaque, une drumline a été placée à quelques dizaines de mètres de l’endroit en question et qu’elle a été appâtée régulièrement."

D’où viendrait cette drumline ?

"Ce n’est pas dans le cadre de Cap Requins, ce serait un pêcheur privé. Certains disent qu’il aurait été conseillé par certaines personnes, je n’ai pas d’informations là-dessus. La seule chose que nous savons, c’est que cette chose-là s’est passée."

"On est en train de rapprocher les tigres de la côte"

La présence de cette drumline pourrait-elle être, selon vous, l’une des causes du dramatique accident ayant coûté la vie à Talon Bishop ?

"En appâtant près des gens, on les met en danger. Il faut creuser cette histoire d’accident. On est en train de rapprocher les tigres de la côte en appâtant. On n’avait pratiquement pas eu d’accident de tigre en une vingtaine d’années. C’est extrêmement rare et là ça se passe à l’endroit où on appâtait depuis plusieurs mois... Et depuis qu’on appâte, on a des bouledogues et des tigres au même endroit pendant cette pêche post-attaque. Il y a des questions qui se posent. Pourquoi est-ce qu’on a pêché du tigre quand on a commencé à appâter en baie de Saint-Paul, alors qu’il n’y en a pas trop d’habitude ? On est en train de tout dérégler et de faire n’importe quoi, et de mettre les gens en danger. "

Pourtant, d’après les responsables du programme Cap Requins, les drumlines n’auraient pas d’effet d’attraction sur les squales...

"Les appâts qui écartent les poissons, moi je n’ai jamais vu ça. On est en train de mélanger les choses. En Afrique du Sud on utilise des drumlines qui sont appâtées toutes les 48 heures. Si l’appât est mangé au bout d’une heure, on ne réappâte pas avant 48 heures. Ici, on a maintenu un appâtage intensif et la théorie du comité des pêches est complètement différente de celle qui s’applique en Afrique du Sud. Là-bas, on couple drumlines et filets, les drumlines n’ont qu’un rôle secondaire ; ici on veut leur faire jouer le rôle principal en appâtant à tout va près des spots."

"Il faut aller vers d’autres systèmes"

Ils mettent également en avant le système des "smart drumlines" qui permet un taux de survie de plus de 90 % des prises accessoires...

"Ce sont les chiffres qu’ils mettent avant, je ne sais pas quel est le taux réel de survie, personne ne le connaît. Par exemple, un requin marteau qui serait pêché, on sait que son taux de survie est nul, même s’il a été relâché vivant. Ensuite, les smart drumlines ont posé des problèmes, puisqu’elles n’ont pas déclenché systématiquement. On a même des requins qui ont été mangés après avoir été pris à la drumline et personne ne s’en est rendu compte sur le moment."

Vous vous opposez farouchement aux drumlines. Mais que proposez-vous pour sécuriser le littoral réunionnais ?

"Il faut tout envisager. La Région vient de débloquer 10 millions d’euros pour cela, c’est quand même une somme colossale. Mais là on est en train de pêcher d’un côté et on envisage des systèmes qui coûtent très cher de l’autre, il y a peut-être une contradiction. Soit les drumlines sont efficaces et on n’a pas besoin de dépenser 10 millions d’euros, soit elles ne sont pas efficaces et il faut aller vers d’autres systèmes."

"Ces solutions de pêche ont 70 ans"

Êtes-vous favorable à la mise en place des zones expérimentales avec le retour d’activités de surf en présence de vigies requins ?

"Nous sommes totalement favorables à tous ces projets qui seraient consensuels au lieu d’aller vers l’opposition entre les gens, d’essayer d’imposer des solutions qui ne sont plus acceptées par l’opinion nationale et internationale. On est dans les solutions du XXème siècle, de l’après-guerre... Elles ont 70 ans ces solutions de pêche ! Tout le monde est en train de chercher à y renoncer dans le monde, et nous on veut les prendre à La Réunion !"

Le programme Cap Requins et les drumlines ont surtout vocation à "réguler" la population de squales par la pêche. N’est-ce pas nécessaire selon vous ?

"Ce n’est même pas une hypothèse, c’est un dogme. On a décidé que la pêche allait réguler. On ne sait même pas comment circulent les requins entre La Réunion et Madagascar, ou entre La Réunion et l’Afrique. Avant de décider de réguler, on devrait commencer par étudier ce genre de choses. Nous aurions été favorables à un programme comme Cap Requins si au lieu d’aller tuer bêtement des requins en prétendant qu’on va en faire de la nourriture pour chiens ou des sacs à main, on avait dit : on met des balises dans ces requins, on prend un peu d’ADN et on va savoir s’ils circulent et comment ils circulent. Et quand on aura cette information, à ce moment-là, on pourra dire si on régule ou pas."

Êtes-vous opposé à tout programme de pêche de requins ?

"Je ne suis pas un idéologue. Si on prouve qu’en pêchant trois ou quatre requins on peut réduire le risque, ça ne me pose pas de problème, mais pour l’instant on ne me l’a pas prouvé..."

www.ipreunion.com

   

11 Commentaire(s)

Gégé 974, Posté
je l'affirme et j'en suis témoin avant l'attaque y avait un drumlin posé la ! comme a manap au début de la crise ou 3gars a passé devant nous dans l'eau avec une bouée avec de la viande accroché dessus . dans ce temps a prévenu la gendarmerie qui la retiré . je regrette que pour cet foi je n'ai pas pensé a prévenir les autorité ! mai sa va changé .
Lousi, Posté
hey et quand est ce que l on pensera à protéger l homme? jeter un œil a ECO SHARK BARRIER!!! solution simple, peu coûteuse et ecologique!
L'africain, Posté
dit le mec qui va régulièrement au Burkina Fasso tuer les animaux au fusil de chasse ...
Maelle , Posté
Pourquoi cherche-t-il à marquer ou à tuer les requins biuledogues ou pas alors que ce sont nous les humains qui allons les déranger dans leur système. C'est quoi cette manie de toujours vouloir se croire supérieur. Tout ce gaspillage d'argent et de temps c'est juste pour vous donner bonne conscience.
Redneck, Posté
les apprentis sorciers ont du sang sur les mains et detruisent l'ecosysteme deja abimé. Si on les laisse continuer avec leur drumline et leurs dechets de peche ils vont transformer la reunion en boucherie.
Feelgood, Posté
Dîtes moi si je me trompe, les drumlines utilisés ici le sont dans un cadre post attaque, à titre provisoire sur une durée de 72 + 72 heures, non?

S'agissant de Cap Requin 1 et 2, il s'agit de SMART drumlines, avec des appâts faiblement attractifs, qui de plus ne sont pas fixés à demeure, et avec un taux de survie de plus de 93%, très peu de prises accessoires, et donc des résultats qualifiés institutionnellement de très encourageants.
Vous le savez mieux que moi, vous qui participez aux CO4R et C4R.
Encore un oubli VOLONTAIRE de votre part? Ou une volonté délibérée supplémentaire de créer l'AMALGAME entre 2 dispositifs bien différents qui sont quoi qu'il en soit VALIDÉS PAR LES AUTORITÉS LOCALES?

Le choix de ces dispositifs et le positionnement de ces DL sont pourtant le fruit des réunions de travail auxquelles vous participez non? Comment pouvez-vous être à la fois acteur de ce processus décisionnel, puis contestataire et manipulateur des informations institutionnelles?

Sinon je cite un internaute nommé E. D., qui m'a semblé fort à propos.

"Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut entendre.
Or le postulat selon lequel un requin hameçonné attire ses congénères parce qu'il se débat au bout d'une ligne est complètement erroné ! Tout au moins en ce qui concerne les 2 espèces invasives Réunionnaises.
Les requins côtiers (tigres et bouledogues) ne sont pas cannibales et, à l'inverse de l'idée exprimée par ce "collectif", et le fait que l'un d'eux se trouve pris au bout d'une ligne de pêche à un effet RÉPULSIF sur les autres (même inter-racial)
Le seul tort des "pêcheurs officiels" est au contraire de ne pas laisser les prises suffisamment pourrir au fond !!!"
Marie , Posté
M LE MAIRE DE ST PAUL QUI ETAIT ALORS CANDIDAT AVAIT PROMIS DE REGLER LEUR COMPTE AUX REQUINS EN QUELQUES MOIS, ALORS LE BILAN ?
Stef, Posté
Ce monsieur est super intéressant!!! Encore plein de phrases pour ne rien dire, ce qui est la base de ces associations écolos.
Il y a peut être des requins à la réunion... il faut les étudier encore pendant 100 ans pour savoir si un requin reste dans un périmètre donne ou nage des kilomètres et des kilomètres.... Le nombre? Et plein de bla bla qui ne propose aucune avancé et surtout aucune solution!!!! Et si ce monsieur se la fermait un peu... c'est le genre de personne humaine capable de faire ses condoléances aux requins et même pas aux familles des victimes...
Nicolas, Posté
Ça défend des causes environnementales, ça se croit détenteur de la vérité absolu, ça fait du bruit pour rien et contredit tout ce que fait les autres! Bienvenue chez les écolos!!
Je ne comprends pas ce que vous faites là, quel est votre but? Parler pour ne rien dire?
Qu'apportez vous de positif dans ce débat?
On aurait pu m'interviewer si c'est pour dire des imbécillités pareilles et sans aucun intérêt!
De plus,monsieur est apparemment un expert en pêche , il connait tous ses dossier sur les doigts de sa main comme un manchot en perdition.
Arrêter de foutre la merde à la Réunion et laisser les autorités faire ce qu'ils ont à faire même si ce n'est pas la meilleure des manières d'agir.
C'est une question de bon sens, vous ne pouvez pas vous permettre de tout critiquer alors que vous n'avez aucune solution concrète.
Thierry, Posté
Vous vous foutez de nous ? vous voulez marquer les requins encore et les relacher ! vous faites que ca depuis 3 ans ! Non mais sérieux vous vous prenez au sérieux ? Quelles sont les preuves que c'est bien un tigre qui l'a attaqué? Les pécheurs sont devenus apprentis sorciers ? oulalalalal Mais monsieur est un expert en péche de requin alors pourquoi vous ne les formez pas ? Quand vous parlez de dizaine de métres vous parlez de quoi? 100 M? 10 M ? c'est différent

Si vous pouvez faire mieux que les drumlines et avez une solution efficace, agissez au lieu de parler on a plus le temps avec ca.

Si c'est pour faire de l'air et rien faire il vaut mieux ne rien dire. Prélever L'adn et marquer le requin ! WAHOOO Le requin est parti a mada et il es revenu, du coup celui la on sait il va mordre personne !

Les bouledogues il y en a des milliers ! il faut les prélever les plus gros et les tuer. Oui Monsieur
Boyer jean claude, Posté
C'est parut dans la presse écrite et c'est un fait avéré: Il y a 2 ans la préfecture a renouvelé l'autorisation des récifs artificiels du projet "corail" à la condition que le comité des pêches éloigne de la cote les dispositifs implantés à st Leu précisément a cause des requins.

Est ce que la gendarmerie aura le droit de vérifier cette histoire de drumline privée et d'appâtage sauvage?
Est que le porte parole de Lacouture qui prétend faire de l'information sur son site web aura le courage d'avouer qu'il a diffamé les associations ecolo en les traitant d'assassin et de responsables des vandalismes sur les panneaux d'information?

A la question de sécuriser le littoral reunionnais il faudrait que les gens honnetes commence d'abord par considerer la liste des attaques en regardant celles qui ont à la base le non respect des consignes de securité elementaire et de se demander pourquoi à cap mechant, les gens sont capable de s'autocensurer pour qu'il n'y ait pas d'accident sans dispositifs de machine à gaz.