2017 la fini alé - Bonne année 2018 :

"Zordi lo promié zanvié mon fanm la fé mirak la anbrass amoin dé koté la zou"


Publié / Actualisé
"Zordi lo promié zanvié Mon fanm la fé mirak La anbrass amoin dé koté la zou." Ainsi Firmin Viry chante le 1er janvier dans le maloya invoquant "mon papa moutardié, mon monmon bingali". Il exprime bien là l'esprit de la fête, mêlant le magique et l'émotif. Mais, derrière, il y a aussi une - vieille - histoire de chiffres qui permet de découper le temps en diverses séquences formant le calendrier. Ce découpage en jours, semaines, mois, années permet manifestement l'organisation de la société, rythmant ainsi la vie des uns et des autres. (Photo Adrien Aubert)
"Zordi lo promié zanvié Mon fanm la fé mirak La anbrass amoin dé koté la zou." Ainsi Firmin Viry chante le 1er janvier dans le maloya invoquant "mon papa moutardié, mon monmon bingali". Il exprime bien là l'esprit de la fête, mêlant le magique et l'émotif. Mais, derrière, il y a aussi une - vieille - histoire de chiffres qui permet de découper le temps en diverses séquences formant le calendrier. Ce découpage en jours, semaines, mois, années permet manifestement l'organisation de la société, rythmant ainsi la vie des uns et des autres. (Photo Adrien Aubert)

 

Mais comment mesurer le temps ? Le temps qui coule comme une rivière, le temps que l'on perçoit à travers les changements, en soi et en dehors de soi, ce temps vécu si familier, ce temps on a bien du mal à le définir et à le maîtriser. Les repères, on les a trouvés dans l'alternance du jour et de la nuit, dans le ciel, le soleil, la lune, les étoiles. En outre de nous offrir la beauté de leur contemplation, ils sont les compteurs qui règlent notre vie. Une année, c'est le temps d'une révolution de la terre autour du soleil, c'est "l'anneau" formé par ce tour.

Ceci dit, il a fallu quelques ajustements, car  certaines divisions, en décalage avec les mouvements astronomiques effectifs, aboutirent à des anomalies. Jules César aurait fixé le début de l'année au 1er janvier, en l'an 45 avant notre ère. Puis, au XVIème siècle, le Pape Grégoire XIII corrigea le calendrier julien. Ce calendrier occidental ne fit pas dès le départ l'unanimité, pour des raisons religieuses et culturelles. D'autres peuples ont construit leur calendrier en relation avec la lune, plutôt qu'avec le soleil.

Ce n'est qu'au XXème siècle que le calendrier occidental a été généralisé. Effectivement, le soir du 31 décembre, toutes les télévisions ne manqueront pas de nous montrer les feux d'artifice, à l'Est, à l'Ouest, au Nord et au Sud, donnant en spectacle une mondialisation festive… pour quelques heures. Le paradoxe du 1er janvier est de nous inscrire à la fois dans l'irréversible et le répétitif. "2017 fini ! vive 2018 !", comme on disait autrefois "le roi est mort ! vive le roi !".

On fait des rétrospectives, des bilans de l'année écoulée, un peu comme on tient un livre de comptes : l'année fut-elle bonne ou catastrophique ? On repasse le film, mais difficile de juger, puisque cela dépend de la situation concrète des uns et des autres et de leur appréciation. A l'inverse, on se lance dans les prédictions, on consulte les horoscopes. Le passé ne reviendra pas, on ignore et on redoute l'à venir.

En même temps, d'une année à l'autre, on répète le rituel de la fête avec toutes ses composantes traditionnelles : se réunir, manger, boire, danser, faire péter les pétards. Fête de dépenses, fête dans l'excès, car tel est le propre de la fête, comme si épuiser ressources et énergies permettait de repartir à zéro, de commencer une année "nouvelle", comme si tout devenait possible avec "l'an neuf". D'ailleurs, il est de coutume de mèt prop son kaz.

Minuit sonne alors l'heure de la mise en scène du passage, du basculement, avec un compte à rebours bruyant qui éclate dans les embrassades porte-bonheur ! Minuit, cette heure magique…Comme beaucoup de fêtes, le 1er janvier invite à manifester son humanité en souhaitant santé et bonheur à toutes et à tous, sans distinction. On connaît la recommandation morale " ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse ! ".

Eh bien, là, c'est la version totalement positive de l'échange réciproque de vœux de bonheur. Depuis quelques jours, dans la rue, dans les magasins, partout fleurissent des "joyeuses fêtes !" dans une sorte de sympathie universelle. Y croire ? En douter ? Comme dans le maloya cité plus haut, le 1er janvier a un petit côté miraculeux. De plus, ici, à La Réunion, nous ne tarderons pas à fêter, entre autres, le Nouvel an chinois le 16 février, puis le Nouvel an tamoul le 14 avril, sans oublier le Nouvel an de l'Hégire le 12 septembre...
Bone érèz érèz !

www.ipreunion.com

   

1 Commentaire(s)

CHABAN, Posté
Bonne année à zot aussi