[RÉTRO PHOTOS] Un grand hommage aux victimes est prévu le 25 février (actualisé) :

Sept ans de crise requin : "tout sauf une fatalité"


Publié / Actualisé
En cette année 2018, cela fait désormais sept ans que La Réunion traverse une période marquée par 21 attaques de squale dont 9 mortelles. Le "collectif des familles et proches des victimes de la crise requin" a décidé d'organiser le dimanche 25 février un grand hommage aux victimes de la crise requin. Pour Jean-François Nativel, "en 6 à 8 mois, on peut régler" le problème qui est "tout sauf une fatalité"
En cette année 2018, cela fait désormais sept ans que La Réunion traverse une période marquée par 21 attaques de squale dont 9 mortelles. Le "collectif des familles et proches des victimes de la crise requin" a décidé d'organiser le dimanche 25 février un grand hommage aux victimes de la crise requin. Pour Jean-François Nativel, "en 6 à 8 mois, on peut régler" le problème qui est "tout sauf une fatalité"

Le 14 février 2015, la jeune nageuse de 22 ans Talon Bishop perdait la vie à l'hôpital après avoir été gravement mordue à une jambe par un requin alors qu'elle se trouvait tout près du rivage à Pont Mulla (Etang-Salé). C'est durant ce même mois de février, en 2011, que la crise requin débutait après qu'un touriste, arrivé le jour même à La Réunion, avait été attaqué par un squale au large de Grand Fond. Le vacancier a eu la vie sauve mais la jambe sectionnée.

"Février, c'est symbolique" clame Mylène Veminardi, membre du collectif des familles et proches des victimes de la crise requin. "Ce rassemblement, c'est un cri de douleur et de désespoir" exprime celle pour qui "il n'y a eu aucune évolution" depuis le début de la crise le 19 février 2011. Membre très actif de l'association Océan Prévention Réunion (OPR), Jean-François Nativel confie lui "ne plus savoir quoi pour faire admettre l'absolue nécessité de sortir de la crise requin". Les deux ne cachent pas leur désarroi quant à une possible amélioration de la situation.

- 7 ans d'hommages et de bras de fer -

Pour la porte-parole du collectif, "il faut vraiment faire la différence entre le risque requin et la crise requin. Les Réunionnais vivent avec le risque requin, aujourd'hui l'État nous impose la crise requin". "Les victimes s'additionnent et tout ce qui est demandé n'est pas mis en place" ajoute-t-elle. Jean-François Nativel rappelle qu'il s'est "battu depuis le premier jour", et que "cet hommage, c'est aussi une façon indirecte malgré tout de maintenir le bras de fer".

Comme le raconte Mylène Veminardi, "on se dit souvent que janvier arrivé, c'est le retour des hommages aux différentes victimes". C'est pourquoi "cet hommage collectif" va permettre selon elle de "marquer le coup". Le collectif organisateur de l'événement "est soutenu par toutes les familles de victimes" explique-t-elle. "C'est les familles qui sont organisatrices, elles feront tout leur possible pour être toutes présentes" le 25 février. 

- 6 à 8 mois pour régler la crise ? -

Si l'hommage devrait rassembler beaucoup de monde, Jean-François Nativel a du mal "à croire à un sursaut populaire pour la crise requin : beaucoup de personnes se sentent concernées, mais il est devenu compliqué de mobiliser" lance-t-il. Il déplore que "certains enfants ne connaissent la mer que par la mort à répétition" et appelle "à se défendre face à cette injustice monumentale".

Même s'il avoue "parler énormément, et avec beaucoup de négatif", Jean-François Nativel ne veut pas baisser les bras. Pour lui, "la crise requin est tout sauf une fatalité", et "qu'en 6 à 8 mois, on peut régler la crise requin". Mylène Veminardi fait état des deux points qui bloquent : "d'abord, il faut lever l'interdiction de commercialisation et ensuite il faut une réécriture des règlements de la Réserve Marine". Des propos confirmés par le membre de l'association OPR pour qui "réguler la commercialisation et réorganiser la pêche" permettrait de "régler la crise".
 

Pour rappel :

La Réunion a connu 21 attaques de requin depuis 2011. Neuf de ces attaques ont été mortelles. Plus de la moitié concernent des surfeurs ou des bodyboardeurs.

Samedi 29 avril 2017 - Adrien Dubosc, 30 ans, est mortellement attaqué par un requin du côté de la Pointe au Sel, à Saint-Leu.

Mardi 21 février 2017 : Alexandre Naussac, 26 ans, est tué par un requin à l'embouchure de la rivière du Mât (Saint-André) alors qu'il était en pleine session de bodyboard en compagnie de plusieurs amis.

• Samedi 27 août 2016 : Laurent Chardard est happé par un squale alors qu'il pratiquait le bodybord à Boucan. Il survit mais il a le bras droit et la cheville droite arrachée

• Mercredi 22 juillet 2015 : un homme est attaqué à Saint-Leu. Grièvement mordu au bras droit, il sera ensuite amputé.

• Lundi 1er juin 2015 : un surfeur confirmé de 47 ans, Eddy Chaussalet, est sévèrement attaqué alors qu'il s'apprêtait à entrer à l'eau, au niveau du Port. Il a été grièvement mordu au bras gauche.

• Dimanche 12 avril 2015 : un adolescent de 13 ans, Élio Canestri, est mortellement attaqué alors qu'il pratiquait son sport sur le spot des Aigrettes (Saint-Gilles) en compagnie de 6 autres jeunes surfeurs du pôle espoir. Sa mort provoquera une grande vague d'émotion et de colère

 Samedi 14 février 2015 : Talon Bishop, jeune baigneuse de 22 ans est happée par un requin alors qu'elle est très près du rivage à Pont Mulla (Etang-Salé). Gravement mordue à une jambe, elle décède à l'hôpital

• Mardi 22 juillet 2014 : à Saint-Leu, Vincent, un surfeur de 51 ans est sévèrement mordu au mollet et au poignet droits. Il est secouru à temps.

• Samedi 26 octobre 2013 : Tanguy, 23 ans, est attaqué par un squale alors qu'il se trouve non loin du bord au lieu-dit le Tournant dans le secteur de Pont Mula à l'Etang-Salé. Il a eu la jambe droite sectionnée au niveau de la cuisse. Il a survécu

• Lundi 15 juillet 2013 : une jeune fille de 15 ans est tuée par un requin au niveau du cimetière marin en baie de Saint-Paul alors qu'elle se trouvait avec sa sœur à 5 mètres du bord. Pour la première fois, c'est une baigneuse qui est attaquée

• Mercredi 8 mai 2013 : Stéphane Berhamel, un touriste métropolitain de 36 ans en voyage de noces est attaqué et tué alors qu'il pratique du bodyboard sur le spot des Brisants (Saint-Gilles)

• 23 avril 2013 : un jeune surfeur de 20 ans est chargé par un squale sur le spot de la jetée à Saint-Pierre. Il n'a pas été blessé.

• Dimanche 5 août 2012 : le surfeur Fabien Bujon était attaqué par un squale sur le spot de Saint-Leu. Il a survécu, mais l'animal est parvenu à lui arracher la main et le pied droits.

• Lundi 23 juillet 2012 : Alexandre Rassiga, 21 ans, est tué par un squale alors qu'il surfe sur le spot de Trois Bassins.

 Lundi 5 mars 2012 : Gérard Itéma, un bodyboarder de 31 ans, est attaqué aux abords du Port de la marine de Saint-Benoît vers 14 heures 30. Sa planche est mordue à deux reprises. L'homme n'est pas été blessé

• Vendredi 11 novembre 2011 : un pêcheur apnéiste avait été surpris par un requin au large de l'anse des Cascades à Sainte-Rose. Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre son embarcation, l'homme, un Saint-Joséphois de 42 ans, a été blessé au pied gauche.

• Mercredi 5 octobre 2011 : un kayakiste avait été attaqué par un requin au large du Cap la Houssaye (Saint-Paul). Il n'avait pas été blessé.

• Lundi 19 septembre 2011 : Mathieu Schiller, ancien champion de La Réunion de bodyboard était tué par l'attaque d'un squale alors qu'il surfait à quelques mètres du rivage de la plage de Boucan Canot.

• Mercredi 6 juillet 2011 : c'est un jeune surfeur qui avait été attaqué à Saint-Gilles-les-Bains. Il s'en sortait sain et sauf avec une partie de sa planche arrachée.

• Mercredi 15 juin 2011 : un bodyboarder, Eddy Auber, avait été tué au large de Ti Boucan.

• 19 février 2011 : un touriste, arrivé le jour même à La Réunion, avait été attaqué par un squale au large de Grand Fond. Le vacancier a eu la vie sauve mais la jambe sectionnée.


hf/www.ipreunion.com

   

5 Commentaire(s)

Aterla, Posté
Enfin, on ose dire que le problème numéro 1 est l'interdiction de commercialisation. Que ceux qui sont contre soient cohérents et appellent alors à l'interdiction de la commercialisation de TOUS les poissons.
Vangue vang, Posté
Pourquoi les deux premiers accidents ne sont pas surlignés en rouge ? Eddy AUBERT (avec un t) avait 30 ans.
Toaaa, Posté
La crise bouledoque tigre sur les plages de la Reunion a des causes multiples auxquelles on peut remédier avec une réelle volonté et du courage politique.Ce n'est pas le cas depuis 7 ans et donc les victimes s'enchainent .aucune ile ne peut interdire l'accès a ses plages et aux bienfaits de l'océan. "L'interdiction temporaire permanente " n'a pas de sens et ne sera jamais la SOLUTION.
Toaaa, Posté
La crise bouledoque tigre sur les plages de la Reunion a des causes multiples auxquelles on peut remédier avec une réelle volonté et du courage politique.Ce n'est pas le cas depuis 7 ans et donc les victimes s'enchainent .aucune ile ne peut interdire l'accès a ses plages et aux bienfaits de l'océan. "L'interdiction temporaire permanente " n'a pas de sens et ne sera jamais la SOLUTION.
Moaaa, Posté
C'est malheureusement souvent dû au non respect des arrêtés préfectoraux, à la bêtise, à l'entêtement des surfeur. Je déplore ces victimes mais il faut bien reconnaitre qu'ils sont imprudents... L'océan appartient à ceux qui y vivent et non à l'humain