Elle se bat depuis la mort de sa fille en 2015 :

Cour d'appel : la mère de Talon Bishop, tuée par un requin, réclame toujours justice


Publié / Actualisé
Cela fait 4 ans et demi que la mère de Talon Bishop se bat avec la justice. Sa fille est décédée le 14 février 2015, des suites d'une attaque de requin, à l'Etang-Salé. Sa mère a attaqué la commune : elle pointe du doigt l'absence de panneau d'interdiction de baignade à cet endroit. Un non lieu a été prononcé. La mère de famille a fait appel de cette décision. Le dossier est examiné ce mardi 7 mai 2019 par la juridiction d'appel. La mère de la victime a aussi créé une page de soutien et organisé une cagnotte en ligne pour financer les frais d'avocat (Photos d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Cela fait 4 ans et demi que la mère de Talon Bishop se bat avec la justice. Sa fille est décédée le 14 février 2015, des suites d'une attaque de requin, à l'Etang-Salé. Sa mère a attaqué la commune : elle pointe du doigt l'absence de panneau d'interdiction de baignade à cet endroit. Un non lieu a été prononcé. La mère de famille a fait appel de cette décision. Le dossier est examiné ce mardi 7 mai 2019 par la juridiction d'appel. La mère de la victime a aussi créé une page de soutien et organisé une cagnotte en ligne pour financer les frais d'avocat (Photos d'illustration rb/www.ipreunion.com)

Elle compte aller jusqu'au bout : la mère de Talon Bishop, cette jeune femme de 22 ans tuée par un requin le 14 février 2015, a rendez-vous devant la justice ce mardi 7 mai 2019.

Ce sinistre 14 févirer 2015, Talon Bishop se trouvait à La Ravine Mulla (Etang Salé), dans la soirée. Alors qu'elle se baignait à moins de 5 mètres du rivage, elle a été attaquée par un squale, et n'a pas survécu à ses blessures. Le requin l'avait mordue à la jambe. Les secours avaient dû la réanimer sur la plage car elle était en arrêt cardio-respiratoire. Transportée au CHU de Saint-Pierre, elle est finalement décédée d'un arrêt cardiaque.

Lire aussi : Attaque de requin à l'Etang-Salé : la jeune fille est décédée

Une longue bataille judiciaire

Le 5 octobre 2016, la mère de Talon Bishop avait annoncé qu'elle portait plainte "pour mise en danger délibérée de la vie d'autrui et homicide involontaire" contre la commune de l'Étang-Salé. Elle reprochait à la ville un manque de signalisation sur la plage où se trouvait sa fille.

Mais le 13 octobre 2016, le procureur de Saint-Pierre a annoncé que la plainte avait été "classée sans suite". Les infractions dénoncées n'apparaissaient "pas suffisamment caractérisées", avait-il indiqué. Il avait aussi précisé que l'accident était survenu dans une zone où la baignade était interdite "en vertu de l'arrêté préfectoral du 28 août 2014".

La préfecture avait pour sa part confirmé que la victime se trouvait dans une zone interdite à la baignade, près du lieu où avait déjà eu lieu un accident en octobre 2013. Mais pour Danielle Akua Austin Charles, aucun panneau ne précisait que la zone était dangereuse. "Talon ne connaissait rien de l'océan et de ses dangers. Comment pouvait-elle savoir que la “baignade était interdite” en l'absence de panneau ?"

Suite à la décision du procureur, une nouvelle plainte avec constitution de partie civile avait ensuite été déposée auprès d’un juge d’instruction. L'action judiciaire avait débouché sur un non lieu

Une cagnotte en ligne

Mais "nous continuons de nous battre afin d’obtenir justice pour Talon mais aussi pour toutes les autres victimes" explique la mère de la jeune femme. Elle a depuis créé une page de soutien et organisé une cagnotte en ligne pour financer les frais d'avocat : "Je suis contrainte d’engager deux autres avocats, l’un à La Réunion, le second en métropole puisque nous serions dans un cas de déni de justice si la décision en appel venait confirmer l’ordonnance en première instance", explique-t-elle sur le lien de la cagnotte.

Elle insiste sur ce combat qui dure maintenant depuis 4 ans et demi : "nous nous battons seuls face l’incompétence et un système judiciaire qui ne semble pas indépendant." L'histoire de la famille, qui a fini par quitter l'île, avait ému l'ensemble des habitants. 200 personnes avaient rendu hommage à la jeune femme, au lendemain de l'attaque mortelle. Un rassemblement qui avait eu lieu sur la plage de sable noir où la jeune fille a reçu les soins d'urgence. Des bouquets de fleurs avaient été déposés au pied d'une pancarte proclamant "nous n'oublions pas" suivi des prénoms des précédentes victimes d'attaques de squales.

Lire aussi : 2015 - Hommage à Talon Bishop, happée par un requin à l'Etang-Salé

L'année dernière, en février 2018, plus de 400 personnes s'étaient réunies pour rendre hommage aux victimes d'attaques de requins. Un squale avait d'ailleurs été étendu près de la stèle fleurie érigée en mémoire des morts : un geste que n'avait pas apprécié la mère de Talon Bishop, considérant cela comme un "manque de respect".

Lire aussi : L'espoir au bout de la polémique

mm/www.ipreunion.com

   

2 Commentaire(s)

Strop, Posté
Je comprends la douleur de la famille. Mais cette douleur justifie-t-elle n'importe quelle action après? Des procès à l'americaine où on essaye de gagner quoi vraiment? Et puis pourquoi "Mise en danger délibérée" ? Comme si la mairie volontairement voulait blesser les gens?
Que de souffrances cette crise requin!
Twala, Posté
.. Se baigner au "Tournant" dans la soirée, faut vraiment prendre le maximum de risques... hélas.
Néanmoins, je peux poster des photos de camions déversant leur citerne juste avant la ravine... ça doit bien attirer les requins.