L'éboulis avait tué 3 personnes :

PHOTOS ET AUDIO - Il y a 10 ans, 30 000 tonnes de roches s'effondraient sur la route du littoral


Publié / Actualisé
Il y a dix ans, jour pour jour, le 24 mars 2006, 30 000 tonnes de roches s'effondrent sur la route du littoral. L'éboulement fauche la vie de trois personnes. Une ambulancière âgée de 39 ans et son collègue, âgée de 28 ans, sont tués sur le coup. Une troisième personne, un camionneur, décède peu de temps après. Pendant plusieurs semaines, la route du littoral est entièrement fermée, la liaison entre le nord et l'ouest se faisant obligatoirement par la route de la Montagne, des Plaines ou du Grand Brûlé
Il y a dix ans, jour pour jour, le 24 mars 2006, 30 000 tonnes de roches s'effondrent sur la route du littoral. L'éboulement fauche la vie de trois personnes. Une ambulancière âgée de 39 ans et son collègue, âgée de 28 ans, sont tués sur le coup. Une troisième personne, un camionneur, décède peu de temps après. Pendant plusieurs semaines, la route du littoral est entièrement fermée, la liaison entre le nord et l'ouest se faisant obligatoirement par la route de la Montagne, des Plaines ou du Grand Brûlé

(Reportage et sons d'archives Radio Freedom)

24 mars 2006, la nouvelle s'abat sur La Réunion.  Vers 5 heures 10, 30 000 tonnes de galets sont tombées sur la route du littoral. Une ambulancière de 39 ans, Antoinette Nelle, et son collègue de 28 ans, Sébastien Acadine, qui la suivait dans son véhicule personnel, meurent écrasés par d'énormes blocs de pierre. Les deux victimes se rendaient sur leur lieu de travail dans l'ouest à l'Éperon (Saint-Paul). Un camionneur qui se dirigeait vers le nord est grièvement blessé. Il décède peu de temps après.

Malgré l'heure matinale, des centaines de véhicules circulaient sur la quatre voies. À proximité du lieu de l'éboulis, qui s'est produit dans le noir, un début de panique s'est produit chez les automobilistes.

"Nous avons été prévenus vers 5 heures 15. On nous a dit qu'un galet était tombé sur la route et qu'un camion l'avait percuté. Nous ne nous attendions pas du tout à cela. Lorsque nous sommes arrivés sur place, brusquement nous n'avons plus vu la route. C'était impressionnant" raconte un gendarme de la brigade de la Possession. Malgré l'heure matinale, des centaines de véhicules circulaient déjà sur la 4 voies. "Les gens étaient paniqués, ils criaient. La falaise grondait et des pierres continuaient de tomber" poursuit le gendarme. La même scène avait lieu côté Saint-Denis.  Les gendarmes ont finalement pu procéder à l'évacuation de la route sans incident.

Rapidement l'angoisse s'installe. Selon des témoignages de personnes se trouvant à proximité au moment de l'éboulement, d'autres véhicules auraient été pris au piège. Le chien d'avalanche qui explore le site "marque" à trois reprises, désignant ainsi la présence possible de personnes sous les pierres. Les recherches menées par les gendarmes et les pompiers restent vaines. Finalement aucune autre victime ne sera à déplorer.

L'éboulis s'est produit dans une zone réputée "sûre" de l'axe de circulation. "Rien ne laissait présager un tel scénario à cet endroit" reconnaissait d'ailleurs la Direction départementale de l'Equipement (DDE - ancêtre de la Direction régionale des routes). Alors très vite la polémique va enfler. Principaux accusés: l'État qui ne prendrait pas toutes les dispositions pour sécuriser la route, le conseil régional et son président communiste de l'époque, Paul Vergès, qui tarderaient à trouver une vraie solution alternative à la route en corniche.

Toutes les les solutions fusent dans l'opinion publique, percement d'un tunnel, dynamitage de la falaise, construction d'une route sur la mer...

Des années plus tard, c'est cette solution qui sera retenue avec le projet, devenu chantier, de nouvelle route du littoral (NRL) estimé à 1,6 milliard d'euros et c'est une autre histoire...

www.ipreunion.com

   

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Illustration : Kwa Films

Kwa Films

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